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Leibniz et Hegel
Dilthey Wilhelm
CERF
38,00 €
Épuisé
EAN :9782204070492
Destinés par leur auteur à une vaste " Histoire de l'esprit allemand ", Leibniz et son temps et L'Histoire de la jeunesse de Hegel constituent deux des rares exemples de biographies de philosophes écrites par un autre philosophe. Pour Dilthey, c'est de l'expérience vécue que naissent les visions du monde d'où surgissent les systèmes philosophiques qui influent en retour sur cette expérience : ainsi trouve à se justifier un mode d'écriture de l'histoire de la philosophie qui l'arrache à l'abstraction des concepts pour autant se perdre dans l'anecdotique. Chez Leibniz et le jeune Hegel, c'est la saisie d'une relation vivante entre l'individu et la totalité qui vient à émerger. Thématique à laquelle Dilthey accorde une portée irréductible aux conditions historiques de son apparition ; d'ailleurs, elle inspire sa propre entreprise de compréhension de l'histoire, ainsi que sa conception de la nation allemande, de l'unité des Eglises protestantes et de la coopération universelle entre les chercheurs. Formant en ce sens une pièce essentielle de la doctrine diltheyenne des visions du monde, L'Histoire de la jeunesse de Hegel est aussi demeurée l'une des études les plus célèbres sur la genèse du système hégélien et ses liens avec le romantisme.
Dans son Introduction aux sciences de l'esprit (1883), Dilthey donna un premier exposé de ce qu'il ne cessa de désigner comme une "critique de la raison historique" : il s'agit de rompre avec la réduction positiviste des sciences humaines naissantes au modèle des sciences de la nature, sans renoncer pour autant à l'objectivité des disciplines ainsi autonomisées. Fondant la théorie des sciences sociales, l'ouvrage inaugurait en Allemagne la tradition des "philosophes critiques de l'histoire". Au-delà même de ce contexte, l'interrogation sur la dimension herméneutique des sciences humaines reste d'actualité, aussi bien vis-à-vis des résurgences périodiques du positivisme qu'à l'encontre de tout abandon au relativisme des interprétations. Le présent volume s'insère dans un programme d'édition des œuvres choisies de Dilthey en sept tomes, dont le premier, L'Edification du monde historique dans les sciences de l'esprit, a été publié en 1988. La traduction ici présentée de l'ouvrage de 1883, entièrement nouvelle, s'appuie sur les compléments apportés par la recherche récente : au livre I de l'Introduction ont été jointes 150 pages non encore traduites, constituées de matériaux préparatoires. Ainsi devraient se laisser d'autant mieux appréhender la genèse et la portée du livre majeur de Dilthey.
Les textes réunis dans ce volume, parus entre 1891 et 1904, prolongent et concrétisent le projet d'une critique de la raison historique élaboré dans l'Introduction aux sciences de l'esprit de 1883 (Ed. du Cerf, 1992). Il s'agit d'une véritable histoire des idées, qui vise à fonder la compréhension des systèmes de pensée liés à l'avènement du monde moderne sur l'analyse conjointe des singularités humaines et de leurs solidarités culturelles. À la différence de Hegel, Dilthey part de l'individu particulier, dont les expressions vitales s'organisent et se reflètent dans l'univers de la culture, avant de recevoir, en retour, la sanction de l'objectivité conceptuelle. Objectivité toute relative, puisqu'elle peut à son tour être projetée dans un nouvel horizon de sens, qui marque une étape ultérieure du processus infini de l'objectivation. Conçu comme une succession de réinterprétations, le mouvement de l'histoire oblige ainsi l'historien à entrer dans le cercle herméneutique. Cette contrainte méthodologique, fermement revendiquée par Dilthey, constitue encore aujourd'hui l'intérêt et l'actualité de ses recherches.
A travers L'édification du monde historique dans les sciences de l'esprit (1910), W. Dilthey donne un exposé synthétique de ce qu'il nomme depuis 1883 une " Critique de la Raison historique " : il s'agit, en examinant leurs fondements et leurs méthodes, de conférer aux sciences de la réalité historique et sociale une véritable autonomie vis-à-vis des sciences de la nature. A égale distance d'un scientisme qui ferait perdre à ces disciplines toute spécificité et d'un relativisme où se dissoudrait leur possible valeur de vérité, Dilthey inaugure une interrogation où se joue le destin des sciences de l'homme.
Maintenant, tu demanderas : qu'est donc le détachement, pour qu'il cache en lui pareille puissance ? Le vrai détachement signifie que l'esprit se tient impassible dans tout ce qui lui arrive, que ce soit agréable ou douloureux, un honneur ou une honte, comme une large montagne se tient impassible sous un vent léger." Une méditation lumineuse, une parole vivante conviant à l'apaisement et à la contemplation.
La philosophie hégélienne a connu ses heures de gloire mais aussi bien des revers de fortune. Elle a profondément inspiré des courants et des doctrines divers et possède une postérité très riche. Pourtant, elle est aussi l'objet des critiques les plus fortes portées contre l'esprit de système et l'exigence de totalisation. Certains des thèmes qu'elle a introduits, devenus plus que célèbres, comme la négation de la négation, la fin de l'histoire, la ruse de la raison, le savoir absolu et la dialectique du maître et de l'esclave, font maintenant écran, comme un miroir déformant qui rend difficile une lecture de l'oeuvre qui ne soit pas une caricature. Ce livre propose, à partir de l'exposition de dix concepts majeurs et de l'explication de grands textes, de relire la philosophie de Hegel avec le souci de sa complexité et de ses aspérités mais aussi des problèmes qu'elle soulève aujourd'hui.
Résumé : "Il fut à vrai dire un temps lointain, où la science du droit naturel, au même titre que d'autres, comme la mécanique ou la physique, a été considérée comme essentiellement philosophique et comme une partie essentielle de la philosophie, si tant est que celle-ci ait des parties. Cependant elle a partagé avec les autres sciences le destin qui a voulu que l'élément philosophique de la philosophie se soit retiré dans la métaphysique, réduisant ainsi leur participation à celle-ci et les renfermant au contraire dans leur principe particulier, tout à fait indépendamment de l'idée." Ecrit au cours des années 1802-1803, Le Droit naturel est un texte bref et essentiel qui annonce déjà la Phénoménologie de l'esprit. Hegel y entame une réflexion sur la nature du droit comme élément constitutif de la philosophie, quand on ne réduit pas cette dernière à sa seule composante métaphysique. Cet écrit représente un effort pour intégrer la conscience d'une situation historique singulière à l'affirmation d'un savoir absolu et universel. Une préface importante situe Le Droit naturel dans l'ensemble de l'évolution de la pensée de Hegel.
Résumé : De maître Eckhart, et de la force spirituelle de son oeuvre, on connaît moins l'inscription historique. Alain de Libera, grand médiéviste, professeur émérite au Collège de France, retrace le contexte dans lequel le grand mystique rhénan prononça et écrivit ses sermons et traités. On saisit ainsi l'importance et la subversion de son oeuvre dans une première partie historique. L'exploration des plus grands textes de maître Eckhart se déploie dans une seconde partie qui est une anthologie construite autour des grands thèmes de sa mystique : l'humilité, le détachement, le délaissement et la pauvreté, l'âme, la grâce et la déification.