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OEuvres / Wilhelm Dilthey Tome 4 : Conception du monde et analyse de l'homme depuis la Renaissance e
Dilthey Wilhelm
CERF
60,50 €
Épuisé
EAN :9782204061032
Les textes réunis dans ce volume, parus entre 1891 et 1904, prolongent et concrétisent le projet d'une critique de la raison historique élaboré dans l'Introduction aux sciences de l'esprit de 1883 (Ed. du Cerf, 1992). Il s'agit d'une véritable histoire des idées, qui vise à fonder la compréhension des systèmes de pensée liés à l'avènement du monde moderne sur l'analyse conjointe des singularités humaines et de leurs solidarités culturelles. À la différence de Hegel, Dilthey part de l'individu particulier, dont les expressions vitales s'organisent et se reflètent dans l'univers de la culture, avant de recevoir, en retour, la sanction de l'objectivité conceptuelle. Objectivité toute relative, puisqu'elle peut à son tour être projetée dans un nouvel horizon de sens, qui marque une étape ultérieure du processus infini de l'objectivation. Conçu comme une succession de réinterprétations, le mouvement de l'histoire oblige ainsi l'historien à entrer dans le cercle herméneutique. Cette contrainte méthodologique, fermement revendiquée par Dilthey, constitue encore aujourd'hui l'intérêt et l'actualité de ses recherches.
A travers L'édification du monde historique dans les sciences de l'esprit (1910), W. Dilthey donne un exposé synthétique de ce qu'il nomme depuis 1883 une " Critique de la Raison historique " : il s'agit, en examinant leurs fondements et leurs méthodes, de conférer aux sciences de la réalité historique et sociale une véritable autonomie vis-à-vis des sciences de la nature. A égale distance d'un scientisme qui ferait perdre à ces disciplines toute spécificité et d'un relativisme où se dissoudrait leur possible valeur de vérité, Dilthey inaugure une interrogation où se joue le destin des sciences de l'homme.
Dans son Introduction aux sciences de l'esprit (1883), Dilthey donna un premier exposé de ce qu'il ne cessa de désigner comme une "critique de la raison historique" : il s'agit de rompre avec la réduction positiviste des sciences humaines naissantes au modèle des sciences de la nature, sans renoncer pour autant à l'objectivité des disciplines ainsi autonomisées. Fondant la théorie des sciences sociales, l'ouvrage inaugurait en Allemagne la tradition des "philosophes critiques de l'histoire". Au-delà même de ce contexte, l'interrogation sur la dimension herméneutique des sciences humaines reste d'actualité, aussi bien vis-à-vis des résurgences périodiques du positivisme qu'à l'encontre de tout abandon au relativisme des interprétations. Le présent volume s'insère dans un programme d'édition des œuvres choisies de Dilthey en sept tomes, dont le premier, L'Edification du monde historique dans les sciences de l'esprit, a été publié en 1988. La traduction ici présentée de l'ouvrage de 1883, entièrement nouvelle, s'appuie sur les compléments apportés par la recherche récente : au livre I de l'Introduction ont été jointes 150 pages non encore traduites, constituées de matériaux préparatoires. Ainsi devraient se laisser d'autant mieux appréhender la genèse et la portée du livre majeur de Dilthey.
Dilthey Wilhelm ; Berner Christian ; Gens Jean-Cla
La vie historique est un complément essentiel aux recherches de Dilthey sur la fondation des sciences humaines. Il y développe une philosophie qui prend en compte tant la vie que l'histoire, l'individu que les communautés et structures dans lesquelles il s'intègre. L'articulation entre la vie, l'expression et la compréhension en constitue un élément essentiel qui l'inscrit au coeur de l'herméneutique. L'ouvrage apporte ainsi un complément essentiel aux recherches qui, en France, ont opposé de manière très radicale la pensée de la structure et la connaissance de l'individu et de son inscription singulière dans le monde.
Destinés par leur auteur à une vaste " Histoire de l'esprit allemand ", Leibniz et son temps et L'Histoire de la jeunesse de Hegel constituent deux des rares exemples de biographies de philosophes écrites par un autre philosophe. Pour Dilthey, c'est de l'expérience vécue que naissent les visions du monde d'où surgissent les systèmes philosophiques qui influent en retour sur cette expérience : ainsi trouve à se justifier un mode d'écriture de l'histoire de la philosophie qui l'arrache à l'abstraction des concepts pour autant se perdre dans l'anecdotique. Chez Leibniz et le jeune Hegel, c'est la saisie d'une relation vivante entre l'individu et la totalité qui vient à émerger. Thématique à laquelle Dilthey accorde une portée irréductible aux conditions historiques de son apparition ; d'ailleurs, elle inspire sa propre entreprise de compréhension de l'histoire, ainsi que sa conception de la nation allemande, de l'unité des Eglises protestantes et de la coopération universelle entre les chercheurs. Formant en ce sens une pièce essentielle de la doctrine diltheyenne des visions du monde, L'Histoire de la jeunesse de Hegel est aussi demeurée l'une des études les plus célèbres sur la genèse du système hégélien et ses liens avec le romantisme.
Résumé : La notion de l'autorité a été écrit en 1942, peu avant l'Esquisse d'une phénoménologie du droit, avec lequel il entretient d'étroits rapports. "Chose curieuse, le problème et la notion de l'autorité ont été très peu étudiés" , note Kojève en ouverture de ce qu'il appelle lui-même un "exposé sommaire" . "L'essence même de ce phénomène a rarement attiré l'attention". Soixante ans après le constat garde sa validité, en dépit de quelques contributions notables. C'est ce qui fait le prix de cet essai d'élucidation philosophique. Kojève procède à la décomposition du phénomène, en dégageant quatre types purs d'autorité humaine qu'il met chacun en correspondance avec une théorie : le Père (la scolastique), le Maître (Hegel), le Chef (Aristote), le Juge (Platon). Les formes concrètes de l'autorité représentent des combinaisons de ces types purs. Loin des circonstances qui ont présidé à son élaboration, et que François Terré rappelle dans sa présentation, ce petit livre arrive à point nommé dans le débat d'aujourd'hui autour de la disparition de l'autorité dont la nature reste toujours aussi énigmatique.
Lorsque ces Réflexions sur la peine capitale sont parues, en 1957, la guillotine fonctionnait encore en France, pour les crimes de droit commun, et plus souvent encore pour ceux liés à la guerre d'Algérie. Quand ce livre a été mis à jour pour la dernière fois, en 1979, presque vingt ans après la mort d'Albert Camus, la peine de mort était encore en vigueur en France. Moins de deux ans plus tard, Robert Badinter, nommé garde des Sceaux, fit voter l'abolition par le Parlement le 9 octobre 1981. Pour autant, le débat ne s'est pas interrompu. Il s'est déplacé et il s'est élargi, en devenant international. Si l'abolition a prévalu en Europe et gagné du terrain partout dans le monde, la peine de mort est encore appliquée dans de nombreux pays, parfois à grande échelle. Il nous a paru intéressant d'apporter au débat ces Réflexions d'Arthur Koestler et d'Albert Camus qui n'étaient plus disponibles.
Derrida Jacques ; Cotton Nicholas ; Michaud Ginett
Résumé : Jacques Derrida déploie ici les éléments d'une réflexion profondément originale sur l'inconditionnalité du pardon, une notion qui ne saurait être confondue avec l'excuse, l'amnistie, la prescription ou la grâce. Si le pardon est hérité de diverses traditions (judéo-chrétienne, coranique et grecque), il ne leur est pas réductible : il excède les modalités du "comprendre", de la mémoire et de l'oubli, d'un certain travail de deuil aussi. Hétérogène à la phénoménalité, à la théâtralisation, voire au langage verbal lui-même, il suspend, comme une "violente tempête" (Benjamin), l'histoire, le droit et le politique. Inconditionnel, le pardon fait l'épreuve de l'impossible : c'est pourquoi il doit rester exceptionnel, sans calcul ni finalité, à l'écart de tout échange et de toute transaction. La trajectoire ainsi dessinée par Derrida tout au long de ce passionnant séminaire passe parla lecture des ouvrages de Jankélévitch sur le pardon et l'imprescriptibilité, de Kant sur le droit de grâce, des textes bibliques et grecs, d'oeuvres littéraires (Shakespeare, Kierkegaard, Baudelaire, Kafka, Rousseau et Augustin), ainsi que par l'analyse de scènes d'aveu et de repentir telles qu'elles se sont multipliées dans l'espace public, en France et ailleurs, à la fin des années quatre-vingt-dix.
La science manipule les choses et renonce à les habiter. Elle s'en donne des modèles internes et, opérant sur ces indices ou variables les transformations permises par leur définition, ne se confronte que de loin en loin avec le monde actuel. Elle est, elle a toujours été, cette pensée admirablement active, ingénieuse, désinvolte, ce parti pris de traiter tout être comme «objet en général», c'est-à-dire à la fois comme s'il ne nous était rien et se trouvait cependant prédestiné à nos artifices.Mais la science classique gardait le sentiment de l'opacité du monde, c'est lui qu'elle entendait rejoindre par ses constructions, voilà pourquoi elle se croyait obligée de chercher pour ses opérations un fondement transcendant ou transcendantal. Il y a aujourd'hui - non dans la science, mais dans une philosophie des sciences assez répandue - ceci de tout nouveau que la pratique constructive se prend et se donne pour autonome, et que la pensée se réduit délibérément à l'ensemble des techniques de prise ou de captation qu'elle invente. Penser, c'est essayer, opérer, transformer, sous la seule réserve d'un contrôle expérimental où n'interviennent que des phénomènes hautement «travaillés», et que nos appareils produisent plutôt qu'ils ne les enregistrent. De là toutes sortes de tentatives vagabondes. Jamais comme aujourd'hui la science n'a été sensible aux modes intellectuelles. Quand un modèle a réussi dans un ordre de problèmes, elle l'essaie partout. Notre embryologie, notre biologie sont à présent toutes pleines de gradients dont on ne voit pas au juste comment ils se distinguent de ce que les classiques appelaient ordre ou totalité, mais la question n'est pas posée, ne doit pas l'être. Le gradient est un filet qu'on jette à la mer sans savoir ce qu'il ramènera. Ou encore, c'est le maigre rameau sur lequel se feront des cristallisations imprévisibles. Cette liberté d'opération est certainement en passe de surmonter beaucoup de dilemmes vains, pourvu que de temps à autre on fasse le point, qu'on se demande pourquoi l'outil fonctionne ici, échoue ailleurs, bref que cette science fluente se comprenne elle-même, qu'elle se voie comme construction sur la base d'un monde brut ou existant et ne revendique pas pour des opérations aveugles la valeur constituante que les «concepts de la nature» pouvaient avoir dans une philosophie idéaliste.