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Deux malles et une marmite. Quel est ce mystère d'écrire ?
Devi Ananda
PROJECT ILES
14,00 €
Épuisé
EAN :9782493036056
Quel est ce mystère d'écrire ? Qu'est-ce qui amène à l'écriture ? Quelle phrase, quel texte, peut marquer un. e auteur. e à ses débuts et pourquoi ? Quand est-ce qu'écrire devient une évidence ? Quelles influences ? Qui sont les auteur. es ou les textes qui ne quittent plus l'écrivain. e ? Dans cette collection des auteur. es s'adressent librement et dans une forme qui leur est propre à quelqu'un qui est plein de doutes, mais qui veut écrire. Confronté parfois à des questions insolubles, il ou elle est en recherche de réponses, de pistes pour franchir le pas. Deux malles et une marmite est un regard tendre et sans concession de la romancière et poétesse Ananda Devi. L'auteure crée un pont, un dialogue entre la jeune femme qu'elle a été et la romancière qu'elle est devenue. Un texte d'une grande générosité offert à ses lecteurs et à tous les passionnés des littératures indianocéanes. Il y a là des clés pour pénétrer une Åuvre exigeante, riche, bouleversante.
Résumé : " Au commencement était un éléphant rose et bâfreur qui prenait tout de la vie et du corps de sa mère" . Au commencement était une voix, pléthorique et féroce, d'une jeune adolescente obèse dont le corps, depuis sa naissance, ne fait qu'enfler, et la vie empirer. Née assaillie de bourrelets et de plis, dévorant chaque jour le sein maternel, elle grossit tant et tant que bientôt elle effraie les passants, les nourrices, et fait fuir sa mère dégoutée. Restée seule avec un père qui l'aime par-dessus tout et la croit flanquée d'une jumelle invisible qu'elle aurait ingérée dans le placenta, huée par ses camarades de classe qui la traquent jusqu'aux toilettes pour la photographier et nourrir le grand Oil de la toile internet, elle quitte bientôt l'école et se retrouve alitée chez elle où son père cuisine des heures durant pour nourrir " ses princesses" . Là, elle grossit et prolifère jusqu'à se retrouver un jour coincée dans le chambranle d'une porte, incapable de bouger. Funeste coup du sort qui lui apportera l'amour de René, le menuisier venu la secourir, et lui fera goûter le plaisir inédit de la chair, jusqu'à ce que le grand Oil ne la rattrape finalement... Conte moderne et roman de l'excès, Manger l'autre est autant l'histoire d'une obèse incapable d'arrêter de manger que l'allégorie d'une société avide de consommer obsédée par le culte de la minceur, du Moi et de l'image, l'empire d'Internet et la surproduction. Avec force et virtuosité, Ananda Devi brise le tabou du corps et expose au grand jour les affres d'un personnage qui est notre miroir.
Résumé : Une romancière occidentale qui s'attache à un petit mendiant sale et pustuleux ; trois riches Américaines parties en Inde se consacrer à la charité ; la solitude d'une femme de maharaja ; les mésaventures d'un écrivain couvert de ridicule par une journaliste... On retrouve dans ce recueil de onze nouvelles les grandes thématiques d'Ananda Devi, telles que la place des femmes dans la société, la critique du regard occidental sur l'Inde, la présence du fantastique dans le quotidien ou le choc entre tradition et modernité. Ananda Devi développe dans chacun de ces récits des univers violents et sensuels, très réussis. Chaque nouvelle est nette, superbement menée, empreinte d'une ironie féroce et troublante.
Ceux du large? Qui Ananda Devi désigne-t-elle par ce titre ? La réponse nous est suggérée dès les premiers vers du recueil : "Dans des barques de feuilles mortes / Ils portent à bout de fatigue / Les enfants de leur faim", avant d'être assénée comme une gifle dans le dernier poème : "Ceux que la vie éventre / De son coutelas". Entre ces deux poèmes, elle suit l'errance des réfugiés, de tous ces êtres qui ont fui la terre où ils vivaient pour tenter d'atteindre une autre rive. Malgré la "terreur de l'eau", malgré la mort en embuscade. Et si l'auteure s'est donnée la peine d'écrire ce texte en trois langues ? français, anglais, créole ? c'est pour se prouver à elle-même qu'elle n'est pas restée "Tête baissée bras ballants "devant" Le film catastrophe" qui se déroule sous nos yeux.
Dans une maison de Curepipe, sur l'île Maurice, un vieux médecin à l'agonie est veillé par sa fille et par sa petite-fille. Entre elles et lui se tisse un dialogue d'une violence extrême, où affleurent progressivement des éléments du passé, des souvenirs, des reproches, et surtout la figure mystérieuse de la mère de Kitty, l'épouse du "Dokter-Dieu", qui a disparu dans des circonstances terribles. Elles ne le laisseront pas partir en paix.
Rêve en carton est un essoufflement salutaire, incandescent. Pour sauvegarder l'impossible et la chair partie en fumée. Reste cette partie cramée par les bombes et ébréchée par les lames des pluies diluviennes. Trois parties constituent ce recueil, Les derniers mots de ma mémoire (1995), La Nuit infinie (2017), Utopie (2019). Des mots ramassés dans la cendre après que l'auteur a tout perdu dans les flammes de ce qu'il appelle pudiquement les événements, des mots empilés les uns sur les autres, scalpant l'infinitude du monde, et enfin des rêves ressassés avec l'art du phénix, comme il sied après les feuilles brûlées et la mémoire jetée aux pourceaux. Rêve en carton est un cri organique, jeté sur un rail, entre deux infinis où le funambule est le somnambule. /DANS/ L'OSMOSE DES MONDES/ Utopie-Corps-Vents-Frontières/ Se croisent des temps-imperceptibles-indéfinis-espèce de toutes sortes - Ressac-Flux-Diversité-Corps-Langues-Reflux/ Nous inventons des chimères pour augmenter la vie/
Résumé : "Naître, c'est d'abord perdre les eaux. Naître, c'est être tiré de la bulle ondoyante qui nous berçait dans sa caresse liquide. C'est devenir compact, soudain, et non environné. Tout le reste de nos vies oscillera entre ces deux pôles : se réconcilier avec notre condition liquide, chercher le réconfort d'autres îles de chair. Comprendre que sous l'illusion compacte de la densité de la chair, il y a cela, toujours, en nous : ces molécules d'eau qui sont mouvantes, sans cesse, sous le vêtement de la peau et la cuirasse des os. Ecrire est peut-être un moyen de nager vers cela". Avec Funambuler, Shenaz Patel nous entraîne sur ses chemins d'écriture. Multiples et mouvants. Quel est donc ce mystère ? s'interroge-t-elle sans cesse. Depuis les sortilèges du pays d'enfance, jusqu'aux rencontres avec ces voix d'auteur. e. s qui, dit-elle, lui ont sauvé la peau, elle navigue au coeur de l'exploration esthétique et poétique. Seule pierre de certitude : la sincérité à se dire, s'écrire, pour tenter de se rapprocher, faire archipel des îles solitaires que nous sommes. Pour elle, écrire, comme vivre, c'est funambuler. Au coeur de l'éphémère et du fugace, des déséquilibres et de l'oscillation qui font toute existence humaine. Son désespoir. Sa beauté infinie.
Résumé : L'île sur laquelle se déroule l'intrigue ressemble fort à la Martinique, mais il pourrait s'agir de n'importe quelle autre île perfusée où l'on ne produit plus que de l'illusion et qui se retrouverait éperdue si un jour le cargo, en provenance d'une autre société qui les alimente, n'arrivait plus. Les choses seraient particulièrement compliquées pour la Martinique et la Guadeloupe, où l'empoisonnement par le chlordécone d'une bonne partie des terres arables rendrait la tragédie plus aiguë qu'ailleurs.
Résumé : Au bord d'une piscine, Marie fait fermenter sept jus, autant que d'enfants nés du papa parti guerroyer, plus un pour le non-né ! Elle, dont le propre père était engagé à Diên Biên Phu au moment de sa naissance, tente d'abolir chaînes et liens délétères au milieu de cette île de l'océan Indien, La Réunion. L'histoire singulière rejoint alors la collective. Marie règle son compte à l'eau qui cerne et qui a propulsé sa mère en terre violente. Sisyphe assiégée par les préjugés, elle recommence à chaque vague l'absurde de l'identité imposée. "Ni ni" qui se désire noire, [elle] refuse d'être prisonnière de l'apparence et du genre. Mais ni la société, trop lâche, ni la mère, trop saturée, ne l'entendent de cette oreille. Ses sept jus tour à tour acides, suaves, onctueux, aigres ou amers, révèlent la réalité d'une île qui existe autrement que par son volcan, ses requins et la beauté convenue de ses femmes.