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Itinéraires. Guides de voyage et tourisme alpin (1780-1920)
Devanthéry Ariane ; Bertrand Gilles
SUP
34,00 €
Épuisé
EAN :9782840509356
Les guides de voyage ne sont pas des livres comme les autres. Parce qu'ils ne traitent pas que de savoir et de culture, mais aussi du monde physique, réel. Parce qu'ils ne s'adressent pas qu'à des lecteurs, mais aussi à des voyageurs. Si le voyageur demande à se repérer dans le monde, le lecteur a besoin de se retrouver dans le texte et l'organisation de son guide. Lu face à l'église qu'il décrit, sur le pont qu'il mentionne, un guide est rare- ment utilisé de manière linéaire. Il induit une lecture spécifique, discontinue. L'auteure envisage ici le guide de voyage comme une forme ou un "genre" littéraire qui établit ses propres conventions. Ariane Devanthéry en décrit les modes de lecture au cours d'un "long XIXe siècle", durant lequel s'invente et se développe le tourisme moderne. Elle retrace l'histoire du genre et analyse ses propriétés formelles, constituées progressivement par la collaboration involontaire d'éditeurs concurrents, devenus célèbres dans toute l'Europe : les Murray, Baedeker et Joanne. Focalisant ses enquêtes sur le tourisme alpin, prêtant la plus précise attention à la matérialité des guides, l'ouvrage montre les liens étroits qui ont associé la forme littéraire et les pratiques voyageuses. Conçus et utilisés pour donner accès à des savoirs et à des espaces géographiques, les guides du XIXe siècle nous ouvrent un domaine historique nouveau d'une exceptionnelle richesse.
Le recueil suivant, publié à l'occasion de la remise du prix Meret Oppenheim à Inès Lamunière et Patrick Devanthéry, réunit des photographies de projets, un musée imaginaire des architectes et deux entretiens. Le premier, plus biographique, retrace le parcours des architectes, de leur éducation à leurs travaux de recherche jusqu'aux grands projets récents. Le deuxième interroge les relations multiples entre architecture, art, politique et enseignement. Le fil conducteur du recueil est un discours sur l'image, comprise comme forme de représentation, mais aussi comme instrument du projet. Interpréter la collection d'images qui accompagne les deux entretiens exige donc de déchiffrer les signes qui la constituent. Ils sont multiples: superficiels, lorsqu'ils concernent l'atmosphère - couleurs, lumière, senteurs, température -; structurels, lorsqu'ils concernent la construction; du domaine de la mémoire, lorsqu'ils concernent des souvenirs collectifs ou personnels. Ces images sont pour les deux architectes une manière de communiquer, entre eux, avec leurs collaborateurs au bureau, avec leurs étudiants à l'Ecole Polytechnique, avec leurs clients au cours du projet ou encore, comme ici, avec le public. Elles fonctionnent entre elles en rapport associatif et permettent ainsi de saisir, mais aussi de décrire avec précision des situations ou des expériences spatiales multiples et indicibles. Ces images ne participent donc pas d'une réduction de l'architecture à un problème purement bidimensionnel, mais au contraire permettent une réactualisation du projet architectural comme un problème en fin de compte formel; comme une mise en forme intégrative d'une discipline de plus en plus fragmentée.
Devanthéry Patrick ; Lamunière Inès ; Abram Joseph
InDetails c'est l'occasion, pour les architectes Patrick Devanthéry et Inès Lamunière, de présenter trois projets, signés de leur agence, dont le dénominateur commun est la relation dense et approfondie qui s'est établie entre la maîtrise d'oeuvre et la maîtrise d'ouvrage. La conception et la réalisation du centre opérationnel de PMI International à Lausanne (2006 et 2010), de la faculté des Sciences de la vie à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (2009) ou de la tour de la Télévision Suisse Romande à Genève (2010) questionnent l'architecture à toutes ses échelles. La grande taille les assimile à des fragments urbains, la matérialisation leur confère une valeur d'objet contrôlé jusqu'au dernier détail. Toute entreprise souhaite donner d'elle-même une image forte qui résume sa philosophie, qui la distingue aux yeux du public et à laquelle ses collaborateurs puissent s'identifier. Cette "image" génératrice se reflète dans sa manière de fonctionner, de communiquer et d'interagir avec le public, et jusque dans la conception de ses espaces. Du plan à la coupe, du plan masse au détail, l'agence dl-a cherche à montrer le lien qui unit le client et l'architecte dans la définition et la transcription de la mise en espace destinée à des communautés de travail aussi différentes que peuvent l'être les collaborateurs du siège mondial d'une entreprise multinationale, les chercheurs en génétique et science de la vie d'une des plus prestigieuses universités du monde, les journalistes et les administrateurs d'un grand groupe de presse et de radiotélévision. A l'iconographie muette s'ajoutent de grandes photographies où transparaît ce que les espaces et les matières peuvent dégager, et trois textes introductifs confiés à Joseph Abram, Jean-François Caille et Emmanuel Caille.
Résumé : La Riviera vaudoise possède non seulement une longue tradition liée au tourisme, mais se démarque aussi par son intense vie culturelle avec des manifestations emblématiques comme le Montreux Jazz Festival ou la Fête des Vignerons. Cette région a aussi été magnifiée par nombre d'écrivains dans des oeuvres comptant parmi les classiques comme La Nouvelle Héloïse ou Le Prisonnier de Chillon. Loin des grandes métropoles, les habitants de cette contrée ont remarquablement cultivé au cours des trois derniers siècles le goût pour les arts et les lettres. Un goût pour la culture né ici, mais nourri d'échanges et d'ailleurs. Pour la première fois, un collectif d'historiens s'intéresse aux hommes et aux femmes qui ont fait de ces lieux un espace si propice au développement des différentes formes d'expression culturelle, ceci du XVIIIe siècle à nos jours. Ce volume richement illustré aborde chronologiquement des sujets aussi variés que l'architecture, le patrimoine immatériel, la presse, les festivals, le cinéma, l'édition, le théâtre, avec une attention particulière pour les peintres, écrivains et musiciens qui ont trouvé la paix et l'inspiration face à cet "éternel encrier" qu'est le Léman.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.