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Sous l'avidité de mon oreille. Le paradigme du sonore
Deshays Daniel
KLINCKSIECK
24,99 €
Épuisé
EAN :9782252041079
Ce qui m'attire encore c'est cette incomplétude dont le son est porteur ; ce sont ces creux de silence qui entourent tant de pleins m'offrant le temps de pénétrer mes souvenirs. Sonore qui autorise de tenir à distance les actes. Sonore incertain, un sonore indice de l'acte, pourtant déjà porteur de plus que sa seule trace. Etrange sonore ; étrangeté pourvoyeuse d'hypothèses et de rêves qui engagea ma vie dans un si profond parcours et qui m'y tient encore... Une étrangeté qui ne se perçoit qu'après coup, après la sortie de l'emprise, quand ce qui m'a pris revient pour m'interroger. Je sais que c'est cela qui suscita une avidité à comprendre : ce retour par le truchement de la mémoire vers l'évènement qui a eu lieu, une obligation de faire retour via l'imaginaire pour saisir l'insaisissable présent d'un monde complexe. Cela commence par l'apparente facilité de la captation des sons avec les outils que l'on croit adaptés à cette première quête - mystère du micro et de l'enregistreur qui font accroire à une domination qui arriverait avec eux - revient cette étrangeté à mesure que les questionnements s'imposent et se précisent, croissant au long des années. Je ne savais pourquoi, mais je percevais déjà qu'il ne s'agissait pas d'un phénomène ordinaire."
Comment situer le thème d'une peur qui nous concerne tous, soignants et soignés ? " J'ai peur, comment je (me) soigne " s'adresse aussi bien aux patients qu'aux soignants. Un phénomène qui semble partagé au sein de l'hôpital psychiatrique par les agents de l'institution quelle que soit leur place. Un phénomène qui parait peu étudié par rapport à celui de la violence. Un thème tabou ? Un thème qui amène des questions et remet en question nos pratiques : quelles sont nos expériences de la peur, nos représentations de la peur et quelles réactions génèrent-elles ? Comment soigner avec la peur ? Quelle place prend-elle dans nos pratiques, que nous fait-elle faire plutôt que penser ?
Annick a trente ans. Elle est autiste, mutique et dépendante pour de nombreux actes de la vie courante. Pourtant, sa mère a toujours cru en son intelligence. Après avoir essayé, sans succès, de multiples moyens pour communiquer, la découverte de la Communication facilitée a bouleversé toute leur vie : familiale, personnelle et sociale. Aujourd'hui, Annick manifeste ses choix, ses sentiments, ses idées sur le monde qui ne lui est pas aussi indifférent qu'elle le laisse paraître. Selon les mots mêmes d'Annick, il est " urgent de réveiller les gens. Ils ont besoin de tout comprendre avec la tête, et le c?ur on le croit moins intelligent. Les acteurs de vie raisonnable demandent toujours les preuves aux choses qu'ils ne comprennent pas ". Pourquoi priver d'un tel bonheur les personnes bloquées dans leur communication ? " Vacherie d'ignorance fait souffrir autant les handicapés que vous autres. " " Avantagez-moi en raflant mes textes aux autres gens. " C'est pour répondre à cette demande d'Annick que sa mère livre son témoignage. Pour dédramatiser le handicap, réconforter de nombreux parents et révéler à tous un monde différent aux richesses insoupçonnées. Les messages poignants d'Annick interpellent : " Moi je cache mon esprit sous un habit de fille bête. J'aimerais exister comme tous les gens. Réalisez-vous que moi je suis vite dame alors que je reste enfant. Maladie empêche dame de grandir. Facile de croire que moi je indiffère. Faux. " La CF nous renseigne, nous déroute, nous éclaire, nous exalte. Elle nous apporte aussi la souffrance de la personne handicapée à l'état brut. Il faut le savoir et se préparer à cela. " Maman je t'aime fort car tu ne sapes pas mes espoirs. J'ai galvanisé ma peur. Je guéris mon autisme inutile. Je veux goûter la vie. " A l'heure où le mot handicapé semble être banni par les hommes de loi eux-mêmes (arrêt Péruche), ce témoignage rend toute sa dignité à la personne handicapée.
Résumé : Libertés d'écoute est un livre-somme, non seulement par la diversité des textes proposés, qui couvrent un champ très large, du théâtre au cinéma et de la radio à la musique, mais aussi par la profondeur temporelle de leur écriture. C'est une vie pour le son que cet ouvrage nous invite à découvrir. Grande figure de l'enregistrement et la composition sonores, Daniel Deshays rassemble ici une multiplicité d'expériences, de projets, d'analyses et d'essais qui dessine les linéaments de cet art encore largement impensé, l'art du son en tant qu'il est enregistré, composé, projeté, diffusé, associé à l'image ou à la scène, au texte ou au corps parlant. On se rend compte en le lisant que le son traverse tous les arts sans rien perdre de sa spécificité. Où qu'il soit, il est toujours ce qu'il faut écouter. Ce livre est aussi cela : une propédeutique à l'écoute, qu'elle soit quotidienne ou appareillée, théâtre ou cinématographique, radiophonique ou électroacoustique.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.