Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les dialogues de Platon entre tragédie, comédie et drame sat
Desclos Marie-Laurence
MILLON
35,00 €
Épuisé
EAN :9782841373666
Il ne s'agira pas dans ce volume de s'interroger, après tant d'autres, sur le rapport que Platon entretenait avec la "poésie" , mais bien plutôt d'analyser, dans les Dialogues, la manière dont il s'empare de ces contenus que j'appellerais volontiers allochtones : fables, tragédies, comédies et drames satyriques. On ne se limitera pas aux citations entendues au sens strict, mais on s'intéressera à la manière dont ces compositions poétiques sont re-composées ou, pour le dire avec les mots de l'Etranger d'Athènes dans les Lois, sur-rythmées. Ce qui conduira également à repenser le rapport, prétendument exclusif, du personnage-Socrate à Apollon pour rendre aussi la place qu'il mérite à Dionysos, dont l'importance quantitative dans le corpus platonicien parle d'elle-même. A Dionysos, mais également à l'aulos qui donne aux discours socratiques toute leur force persuasive. Se dessinera ainsi l'image paradoxale d'un bacchant apollinien transformé en échanson dont la Cité a besoin pour être, comme le vin, bien mélangée. M. L. Declos
On a parlé, à propos du corpus aristotélicien, de "véritable naufrage" , tant ce qui nous reste de l'oeuvre du Stagirite n'est qu'une infime partie de la totalité de ses écrits. Et pourtant, même en l'état, l'ensemble est encore très volumineux, marqué de surcroît par une extrême diversité, et propre, si ce n'est à décourager, du moins à effrayer le lecteur néophyte. Le présent opuscule prétend l'aider dans son entreprise en lui permettant, par exemple, de suivre le traitement différencié de telle ou telle notion dans les divers traités, ou d'avoir une vue générale du contenu de tel ouvrage ou de tel chapitre. Le "lecteur avisé" , quant à lui, réussira à localiser plus rapidement, et plus facilement, tel passage ou tel développement. C'est donc un véritable instrument de travail qui est ici proposé.
Au point de départ de cet ouvrage, il y a d'abord l'observation, somme toute assez banale, de l'étonnante prolifération de ce qu'on considère généralement comme du non-philosophique à l'intérieur des Dialogues de Platon. Penser les marges, consiste donc, contre la représentation canonique de l'écrit platonicien comme " ?uvre philosophique ", à prendre au sérieux le recours à tout ce qui semble s'en distinguer. Dans ce dernier cas, il convient notamment de s'interroger sur le sens à accorder à la notion même d'" histoire " lorsqu'on la considère en terrain grec, et sur les rapports qu'entretiennent le médecin, le rhéteur et l '" historien ". Il faut en outre montrer le lien étroit unissant l'étude de la dialogicité des Dialogues, et le rapport à une histoire ancienne redéfinie. On doit de même s'aviser que cette expertise, cette habileté précédemment soulignées se manifestent aussi dans la capacité - en tout point remarquable - de pointer les " résidus problématiques " des pratiques et des discours que l'on investit, et d'en dessiner par là les contours. Penser les marges consistait enfin à s'apercevoir que chaque dialogue offre à la lecture sa propre périphérie, qu'il s'agisse des pro-logues, ou du contexte référentiel dans lequel l'entretien vient s'insérer (destinataire, conditions d'énonciation, dimension pragmatique, etc.). Pour le dire clairement, il y va du refus d'accepter comme allant de soi la distinction du philosophique - seul vraiment digne d'intérêt - et du non philosophique qu'il conviendrait, en tant que tel, d'abandonner à d'autres. Intuition, conviction même, que rien ne vient, si ce n'est étayer, du moins fonder en raison, sauf à considérer qu'une telle distinction n'est pas autre chose qu'un effet du texte platonicien dont nous serions les victimes involontaires, ou consentantes. Ainsi s'expliquerait que nous reprenions à notre compte sans autre forme de procès, ou que nous projetions sans scrupule aucun, la division (lu champ du savoir en territoires distincts comme s'ils étaient déjà tout constitués. Prendre la mesure des effets de cet effet et en démonter les mécanismes, tel est l'objet de ce livre.
La philosophie de Platon, l'un des temps forts de la pensée occidentale, est sans doute aussi déroutante pour le lecteur contemporain que ne l'était l'un de ses principaux personnages, Socrate. Ni traité, ni essai, elle s'offre à nous sous la forme de multiples dialogues. Il est dès lors bien difficile de suivre les méandres de l'argumentation, d'en repérer les moments-clés, de savoir à qui Platon fait endosser la paternité de telle ou telle affirmation. Et pourtant c'est dans ce « dialoguer » que résiderait toute la philosophie. Il importe donc - que l'on opte ou non pour une lecture transversale - de disposer d'un instrument permettant d'en parcourir les principales étapes et d'y retrouver les concepts les plus importants, mais aussi les images et les récits qui font sa particularité. Tel est l'office du présent ouvrage.
La santé du prince était une importante source de préoccupation pour les sujets de l'Empire romain, qui formulaient chaque année le 3 janvier des uota (voeux) relatifs au salut de l'empereur, intrinsèquement liés à celui de l'Empire. Si jusqu'à présent ce thème a été traité par le biais des "maladies" réelles ou supposées des princes, surtout des maladies nerveuses et psychologiques des "Césars fous", des études plus récentes ont souligné le lien entre la "folie", mais aussi la bonne santé du prince, et le discours idéologique. Les auteurs se proposent, à l'occasion de ce colloque qui s'est tenu les 4-5 juin 2018 à l'Université de Lausanne, de replacer au centre de l'enquête la santé du prince sous le Haut-Empire, ainsi que son corollaire, l'hygiène de vie du prince.
Boncour Elisabeth ; Gire Pierre ; Mangin Eric ; Co
Pourquoi Maître Eckhart connaît-il aujourd'hui un tel succès auprès d'un public aussi large ? Parmi les raisons qui expliquent cet engouement, il convient sans aucun doute de mentionner la beauté de ses textes et leur étonnante saveur pour un lecteur contemporain. Le maître rhénan nous a laissé une oeuvre importante et variée. Ecrite en latin et en moyen-haut-allemand, la langue du peuple, cette oeuvre s'exprime à travers des genres littéraires très différents et son style est particulièrement bien soigné. Mais il ne suffit pas d'écrire, ni même de bien écrire, pour être reconnu comme un grand écrivain, d'autant plus que ce terme peut paraître anachronique pour le Moyen Age. Et pourtant, il se confie quelque fois en ces termes : "J'ai écrit un jour dans mon livre" (Sermon 73). Eckhart occupe ainsi une place originale pour la période médiévale dans la mesure où il évoque le projet d'écrire "un livre", qu'il appelle "mon livre", et dans lequel il souhaitait consigner des propos plus personnels. Mais ce qui fait véritablement entrer son oeuvre dans la grande littérature, ou tout au moins dans une certaine idée de la littérature, c'est sans doute la conscience très nette qu'il avait que l'écriture doit nécessairement affronter ce qui ne peut se laisser contenir à l'intérieur des mots : "Qui peut exprimer cette parole ? Personne ne le fait" (Sermon 74). Alors son écriture sera toujours inachevée, d'un inachèvement irréductible et essentiel, parce que ce qui est à dire ne peut être dit. Ce nouveau volume rassemble pour la première fois des spécialistes appartenant à des disciplines très différentes comme la philosophie, l'histoire et la théologie, mais aussi la littérature, et même la linguistique. Il propose ainsi des perspectives de recherche intéressantes dans le champ des études eckhartiennes.
Au IIème siècle après J. -C., le naturaliste romain Claudius Aelianus décrivait déjà des pêcheurs qui, pour imiter les insectes dont se nourrissent les truites, "enroulent de la laine rouge autour d'un hameçon et fixent dessus deux plumes rouges extraites de dessous la caroncule d'un coq". Mais les Anglais furent les véritables inventeurs de ce sport. En 1653, Izaac Walton en édicta les règles dans son Parfait pêcheur à la ligne, constamment réédité depuis et dont on dit qu'il est le livre le plus vendu, outre-Manche surtout, après la Bible. Il s'agit d'un exposé sur l'art et la manière de pêcher, puis d'accommoder le poisson. Et si certaines recettes (de pêche ou de cuisine) ne trouvent plus d'adeptes, si les exposés scientifiques de Walton prêtent à sourire aujourd'hui (le brochet qui tire sa naissance de l'herbe à brochet par exemple), il reste ce qui a traversé les siècles et charmé des générations de lecteurs à savoir la leçon de sérénité d'un contemplatif.