Tout ce que nous savons de la vie de Diadoque de Photicé tient pratiquement dans ces deux noms. Le patriarche Photius (IXe s.) nomme cet évêque parmi les Pères du concile de Chalcédoine (451), et la petite ville épiscopale de Photicé se trouvait en Epire, dans la Grèce du Nord. Ses écrits montrent qu'il n'est pas resté étranger aux débats doctrinaux de son temps, mais plus que le polémiste, luttant contre le monophysisme (Sermon sur l'Ascension de Notre Seigneur) ou l'hérésie messalienne (Les Cent chapitres, La Vision), ils révèlent avant tout un maître spirituel, lui-même fortement influencé par Evagre. Les Cent chapitres, son ?uvre majeure, se présentent comme un itinéraire de perfection spirituelle. Sous une forme didactique, imposée par le genre littéraire, Diadoque livre en fait les fruits de sa propre expérience mystique. Cet adversaire des messaliens y développe une théologie de la grâce et une théorie du discernement des esprits, qui sont sans aucun doute la partie la plus neuve de l'ouvrage. En réalité, c 1 est toute la vie chrétienne qu'embrassent Les Cent chapitres, depuis l'effort des débutants jusqu'à l'extase des parfaits. Aussi Diadoque devint-il rapidement un maître de la spiritualité orientale, dont l'influence sera grande sur Maxime le Confesseur et Syméon le Nouveau Théologien.
On sait que cette Préparation à l'Evangile, rédigée par l'évêque de Césarée de Palestine au début du IVe siècle, était destinée à tout homme désireux de connaître le christianisme et de le situer dans l'histoire du monde et des religions. Les Livres XII et XIII ont pour but, comme le dit lui-même l'auteur, de " compléter ce qui manquait au Livre précédent (XI) sur l'accord de Platon avec les oracles des Hébreux ". D'où une grande abondance de textes platoniciens et, dans le Livre XIII, de citations des poètes grecs, à côté de nombreuses allusions ou citations scripturaires. De plus, ce dernier Livre contient un chapitre emprunté à Clément d'Alexandrie et un autre formé de fragments d'Aristobule, apologiste juif, que nous ne connaissons, pour la plus grande part, que grâce à Eusèbe.
Julien Le théurge ; Des Places edouard ; Jouanna J
Résumé : Les Grecs avaient aussi leurs croyances occultes: parmi elles, on peut compter les Oracles Chaldaïques, attribués d'abord à Julien le Chaldéen, puis à son fils, Julien dit le théurge, contemporain de Marc-Aurèle, qui vécut à la fin du IIe siècle. Héritiers du néoplatonisme, les théurges chaldéens avaient formé un système à la fois religieux et philosophique où l'âme du fidèle devait s'arracher au monde sensible des apparences et à son enveloppe corporelle pour approcher la triade du Père, le "nous patrikos", de la puissance et de l'Intellect. Si ces textes eurent une grande influence sur la spiritualité dans l'Antiquité, ils ne nous sont malheureusement pas parvenus dans leur totalité et nous ne les connaissons que par des fragments conservés à la fois par des auteurs païens et des auteurs chrétiens. Notre édition rassemble la totalité de ces fragments, y compris ceux dont l'attribution est douteuse. La notice précédant le texte introduit le lecteur dans ce monde occulte en fournissant de précieux éclaircissements sur des notions aussi complexes que l'"âme du monde" ou le "nous paternel". Les auteurs, tant grecs que latins, qui nous ont transmis ces textes sont brièvement présentés. L'influence des Oracles Chaldaïques sur ces auteurs, notamment Proclus ou Psellus, est analysée en détail. L'histoire du texte et de ses traductions est longuement détaillée, et assortie d'une bibliographie. Des notes accompagnent la lecture et sont développées, en fin d'ouvrage, par des notes complémentaires. L'ouvrage est en outre enrichi par de nombreux appendices, tels les Extraits chaldaïques de Proclus ou l'Esquisse sommaire des anciennes croyances des Chaldéens de Psellus, ainsi que par un Index Verborum, un Index des passages cités et une table des concordances avec l'édition de Kroll.
Présentation de l'éditeur Originaires de Babylone, où naquit l'astrologie, les prêtres chaldéens étaient, dans le monde antique, craints et respectés pour leurs connaissances magiques et divinatoires. Leurs pouvoirs miraculeux et leur capacité de dialoguer directement avec les dieux et les âmes des morts (en particulier celle de Platon), renforçaient leur influence. Les textes ici rassemblés sont ceux des deux plus célèbres Chaldéens contemporains de Marc-Aurèle (vers 160 de notre ère): Julien-le-Père et Julien-le-Fils. Lorsque ce dernier était en communication avec les dieux, le père interprétait sur-le-champ les visions et les dialogues du fils. Leur renommée extraordinaire, qui dura jusqu'au XVIIe siècle malgré le christianisme, fut assise, notamment, par le célèbre « miracle de la pluie »: en 170, à Vienne, ils sauvèrent l'Empereur Marc-Aurèle, menacé d'une débâcle due à la canicule, en faisant tomber de violentes averses. LeursŒuvres donnent un rituel détaillé des pratiques magiques qui permettent aux oracles de contraindre les dieux à obéir à leur volonté, ainsi que des réponses aux grandes interrogations métaphysiques.
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Deux fois millénaire, le christianisme implique un cinquième de l'humanité. Ce volume en offre d'abord un survol historique ("Le Christianisme raconté"), de Jésus à Jean-Paul II, en passant par l'apogée du Moyen Âge et Vatican II. Suit l'abécédaire proprement dit (70 notices). On s'y repère par des carrés de couleurs indiquant s'il s'agit de doctrine (Apocalypse, Docteurs de l'Église, Péché...), de rituel (Musique sacrée, Reliques, Saints...), ou d'histoire (Hérésies, Judaïsme, Oecuménisme...). Des renvois par astérisques incitent aussi aux chemins de traverse. Les 100 illustrations, presque toutes en couleurs, font ressentir l'impact considérable du christianisme sur la culture occidentale. Chronologie, bibliographie sélective et index des noms viennent s'y ajouter. Très maniable, concis, suggestif, d'une présentation agréable sur papier glacé, ce livre présente les qualités de la collection ABCdaire. Ancien rédacteur en chef du quotidien La Croix, Jean Potin a écrit maints ouvrages sur l'Écriture Sainte. Pierre Chavot a collaboré à de nombreux travaux sur le christianisme. Colette-Rebecca Estin
Résumé : Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ? Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Eglise ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles. Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Eglise chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Eglise donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle. Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Eglise aujourd'hui. Un livre passionnant et nécessaire. Loïc de Kerimel est agrégé de philosophie. Il a un rôle actif dans l'Amitié judéo-chrétienne de France et au sein de la Conférence catholique des Baptisé-e-s francophones