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Derrière les images
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
MEN
16,00 €
Épuisé
EAN :9782880780234
Fascinés par les images qui tout à la fois séduisent, frappent, révèlent et asservissent, nous leur devions bien une exposition temporaire et un livre permettant de se pencher sur ce qui constitue leur sens profond. Pour ce faire nous avons convié des spécialistes d'horizons très différents, ethnologues, sociologues, sémiologues, écrivains, plasticiens et cinéastes, à s'exprimer librement sur le sens qu'ils leur prêtent, le territoire qu'ils leur accordent et les limites qu'ils leur assignent. Car après tout, une image n'est pas toujours bidimensionnelle et pas forcément matérielle. L'ouvrage qui a pris corps grâce à leurs écrits reflète bien la pertinence et la richesse du domaine concerné : malgré une grande convergence des regards, le résultat est multiforme, polysémique, multicolore, polyphonique. Il témoigne de l'impossibilité de penser les images en dehors de l'imprégnation culturelle qui permet de les reconnaître et de les analyser. Car après tout, derrière les images, il n'y a rien.
L'idée centrale développée dans l'exposition Secrets - dernier chapitre de la trilogie consacrée au Patrimoine culturel immatériel - est que le secret constitue une modalité essentielle de la communication. En ce sens, il existe au moins autant pour informer que pour taire et son parcours tend vers la révélation partielle ou totale des contenus apparemment dissimulés. Objet de méfiance lorsqu'il opacifie le fonctionnement de puissantes institutions et leurs processus décisionnels, il est en revanche considéré comme indispensable lorsqu'il protège la justice, les médias, la sphère privée ou des intérêts personnels. Véritable clé de l'exposition du même nom, le livre Secrets révèle les lieux publics qui, en ville de Neuchâtel, ont abrité les mises en scène illustrant l'importance, la place et le fonctionnement du secret dans la vie quotidienne, à travers des champs aussi variés que l'économie, la santé, la religion, l'intime, le juridique, les médias ou les sciences. Cet ouvrage richement illustré fait la lumière sur les différentes réflexions liées au secret, proposées par l'équipe du Musée d'ethnographie de Neuchâtel (MEN). Il recense par ailleurs des articles rédigés par des ethnologues, anthropologues et historiens de renom qui invitent à poursuivre la réflexion sous un angle nouveau.
Tandis que les médias charrient un flot ininterrompu de nouvelles apocalyptiques, l'équipe du MEN invite à se pencher sur la question de l'après, en collaboration avec des artistes et des chercheurs en sciences sociales. Richement illustré, le livre What are you doing after the apocalypse ? retranscrit fidèlement l'exposition du même nom qui revient sur la toile de fond de toutes les politiques de sauvegarde et de conservation : les événements dramatiques qui confrontent les sociétés humaines à l'oubli, à la perte et à la disparition.
Pourquoi la nature est-elle fortement présente dans l'imaginaire humain ? Pourquoi s'acharne-t-on à la détruire ? Pourquoi s'acharne-t-on à la protéger ? Comment agir dans un domaine où la complexité règne en maître et où toute intervention agit sur l'ensemble du système ? Les solutions proposées ne sont-elles pas parfois pires dans leurs conséquences que les problèmes qu'elles sont censées résoudre ? Faut-il consentir à la perte d'une certaine idée de nature ? Quelle est la part de l'économie dans notre pouvoir et notre volonté d'agir en la matière ? Qu'en est-il des techniques et des coûts liés à une volonté croissante de consommer propre, sain et équitable ? A lire comme une invitation au débat, comme un appel à la réflexion critique sur un thème aujourd'hui plus que jamais central, cet ouvrage confronte les réflexions d'une vingtaine d'auteurs appartenant aux sciences naturelles, aux sciences humaines et à la littérature. Du fait de leur diversité de points de vue et de leurs différences théoriques, ces contributions démontrent, s'il le fallait encore, que la nature se pense avant de se construire et qu'elle se construit plutôt qu'elle ne tombe du ciel. Natures en tête en quelque sorte...
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
L'expérience muséographique qui a donné lieu au présent ethnopoche constitue une première mondiale : un musée québécois, un musée français et un musée suisse s'associent pour assembler trois volets d'une réflexion ethnologique présentée au MEN en 1995, au Musée dauphinois de Grenoble en 1996 et au Musée de la Civilisation de Québec en 1997. L'équipe du MEN a choisi la voie pluridisciplinaire pour explorer les arcanes de la différence. Donnant carte blanche aux auteurs dont elle a sollicité la participation, elle a exploré en leur compagnie les limites du concept retenu, investissant l'écart qui sépare diversité et différence, description et jugement de valeur, science et sens commun, vie quotidienne et utopie. Dans son texte et dans ses marges, l'ouvrage ainsi constitué met à jour quelques particularités fondamentales de notre modernité, issues de la distance à la fois minimale et considérable qui sépare 0 de 1 : l'appel du vide, l'évanescence des signes, la perte des repères et l'hégémonie du virtuel.
Laranjeira Rodrigues de Areia Manuel ; Kaehr Rolan
Une part importante de toutes les collections abritées dans les musées d'ethnographie consiste en "armes indigènes" et, plus généralement, en objets utilisés par les détenteurs traditionnels du pouvoir. Un ensemble de bâtons sculptés, massues de parade, haches de commandement et de parade, épées, poignards et sièges est ici présenté. Recueilli dans les années 1930, notamment par la 2ème mission scientifique suisse en Angola, il provient entres autres des Cokwe, Kwanyama, Kwamatwi, Ngangela. Chaque pièce est décrite, illustrée, son bois analysé et le tout replacé dans son contexte d'utilisation.
Pourquoi "Les femmes" ? Un tel sujet d'exposition, un tel titre pour la publication qui l'accompagne, ne manquera pas d'étonner. Considérant que l'opposition homme/femme n'a de naturel que son fondement biologique, que les chercheurs de tous horizons ont abondamment traité des questions sociologiques et historiques fondamentales, et que les ethnologues sont des observateurs d'énoncés plus que des moralistes, les concepteurs de l'exposition et du livre qui l'accompagne ont opté pour la question, centrale, de la construction, de la reproduction et de l'évolution sociales des catégories de sexe. Y a-t-il effacement ou remplacement progressif de ces catégories dans une société où droit et bioéthique, génétique et technologie médicale participent d'une refonte complète de l'ancien système de balises, malgré la morale et la religion ; et si tel est le cas, quelles en seront les conséquences ? Derrière les divers points de vue adoptés par les seize auteurs participant à cet ouvrage collectif transparaît le malaise social qui s'instaure dès que les catégories se dissolvent ; le besoin d'ordre ne serait-il jamais aussi manifeste que lorsque les frontières s'estompent ?
Hainard Jacques ; Kaehr Roland ; Milliet Jacquelin
Cet ouvrage propose une réflexion sur la valeur et sur l'arbitraire du regard et réutilise au passage toutes les données préalablement traitées dans les expositions précédentes. L'association des mots "salon" et "ethnographie" a de quoi surprendre. Or tous les sens du mot "salon" sont liés à la notion d'exposer, bonne occasion de regarder à nouveau l'objet. Toutes les théories qui le concernent sont à la fois justes et fausses mais l'objet-témoin n'existe pas, pas plus que l'objet-vérité; la vérité d'aujourd'hui est souvent celle issue d'un consensus d'experts gérant le marché de l'art, démarche qui relève de l'arbitraire. La finalité de tout Salon, qui procède à une sélection pour choisir le "meilleur" , est de créer et accroître la valeur d'objets ou d'idées qui n'en possèdent pas ou qui en possèdent moins avant d'être accueillis dans le lieu magique qui les consacre. Puisque ce qui caractérise le Salon de notre époque est notamment le fait de produire de la valeur marchande, comment ne pas illustrer ce mécanisme trop souvent méconnu de constitution de valeurs économiques à partir de l'univers ethnographique ? Ainsi, les objets ethnographiques sont-ils d'abord appréhendés par des types d'acteurs distincts qui les déploient très différemment dans leur espace social. Ils sont ensuite transformés par le marché en biens de consommation courants alimentés par l'ethnographie. Mais ils peuvent également, et c'est là l'aspect novateur du propos, disparaître derrière les savoirs induits et laisser le champ libre à une vision opérationnelle de la discipline liée à l'entreprise et au marketing.