A l'occasion de ses 25 ans, l'Association les Femmes et la Ville a réuni, le 6 octobre 2015, ses fondatrices, ses membres et celles et ceux qui l'ont accompagnée au cours de ce dernier quart de siècle. Le temps d'une journée, elle a ainsi proposé au public une rétrospective de ses travaux historiques sur les Marseillaises, suivie d'une réflexion sur la diversité des parcours féministes marseillais. Pour clore cette rencontre, le Musée d'Histoire lui a confié l'organisation d'un de ses " Mardis de l'Histoire " afin de commémorer les 70 ans des premiers votes des Françaises et d'évoquer le rôle des Marseillaises en politique, depuis les suffragettes jusqu'aux élues d'aujourd'hui. Cette publication reflète la richesse de ces contributions et des débats qu'elles ont suscités. Elle témoigne aussi de l'apport de l'Association les Femmes et la Ville à la connaissance et à la reconnaissance de la place des Femmes à Marseille dans le passé comme dans le temps présent.
Dermenjian Geneviève ; Guilhaumou Jacques ; Lamber
Résumé : Cet ouvrage propose d'élargir l'enquête historique sur l'émancipation politique des femmes à plusieurs thématiques, de l'Antiquité à nos jours. Les travaux présentés portent sur la place attribuée aux femmes dans la transmission des règles du pouvoir et de la citoyenneté. L'exploration porte ensuite sur le champ économique et social : la place des femmes dans le commerce lyonnais au XVIIe siècle ; l'action sociale, politique et matérielle à Marseille.
Dermenjian Geneviève ; Guilhaumou Jacques ; Lapied
A partir de cette "seule spécificité indiscutable du féminin qu'est la maternité" (selon Yvonne Knibiehler), ce livre s'interroge sur le genre féminin au regard de la puissance maternelle en Méditerranée. Il s'inscrit, pour commencer, dans le temps long des mythes et croyances, à travers maternité et divinité en Grèce antique, ou en interrogeant les figures symboliques d'Eve et de Marie, de Lilith ou de teryel, "l'ogresse" venue du monde kabyle. Il se prolonge, sur un plan plus contemporain, en questionnant les représentations de la puissance maternelle à travers la psychanalyse, l'éloquence des formes, la maternité dans le roman féminin ou dans la recherche du pouvoir maternel perdu au cinéma. Un ensemble d'essais indispensables pour comprendre ce qui se joue, d'hier à demain, à propos de la maternité et de la place des femmes en Méditerranée.
Résumé : Un roman consacré à la Première Guerre mondiale et à la place des femmes, écrit par une historienne - Des illustrations riches pour appuyer la compréhension - Un lexique pour faciliter la compréhension des mots et des expressions difficiles - Des compléments pédagogiques téléchargeables gratuitement sur le site - Des propositions de lecture complémentaires en réseau.
Pendant la période française (1830-1962), les Juifs d'Algérie ont tout d'abord été soumis à un antijudaïsme qui prit la forme d'une forte hostilité de la part de nombreux Européens envers la personne des Juifs, puis à un antisémitisme fondé sur la haine de ces Juifs en tant que groupe ethnique ou racial. Antijudaïsme et antisémitisme ont donné naissance à des comportements, des mises à l'écart, des campagnes d'opinion agressives. Cette animosité éclata en crises violentes, à la fin du XIXe siècle et dans l'entre-deux-guerres, avec des manifestations, des émeutes, des "mesures antijuives", prises par les "conseils municipaux antijuifs", soutenus par des "députés anijuifs". En dehors des moments de crise ouverte où la population descendait dans la rue, les relations interpersonnelles indiquaient la persistance de l'antisémitisme dans la population. Après avoir décrit les grandes périodes de cette "idéologie de masse" selon l'auteur, cet ouvrage détaille l'implication de la population européenne et musulmane dans cet antisémitisme et les conséquences qui en résultèrent pour les Juifs. Enfin, l'accent est mis sur ce qui explique la prégnance de I 'antisémitisme en Algérie : ses fondements idéologiques et son appareil, son expression dans l'espace public - occupation de la rue et manifestations, fêtes, langue spécifique, journaux et caricatures - lui ayant permis de s'imposer dans l'espace public tant auprès de ses fidèles que de ses détracteurs.
Né en 1977, Vincent Piednoir prépare actuellement une thèse de doctorat sur la vie et l uvre d Emil Cioran, sous la direction de Jacques Le Rider (EPHE). Il a co-dirigé le Cahier Cioran (Éditions de L Herne, 2009) avec Laurence Tacou. Viennent de paraître chez L Herne: E. Cioran - A. Guerne, Lettres 1961-1978 (éd. établie et annotée par V. Piednoir); Cioran, Bréviaire des vaincus II (trad. du roumain par Gina Puica et V. Piednoir)
Napoléon serait mort le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène. C'est du moins ce qu'on lit dans les livres d'histoire, mais, depuis près de deux cents ans, plusieurs romanciers se sont employés à faire mentir cette donnée historique apparemment incontestable. C'est même l'idée que le destin de l'Empereur aurait pu être autre que ce qu'il a été qui a donné naissance à un genre littéraire nouveauâ : l'uchronie. L'Histoire de la conquête du monde et de la monarchie universelle publiée en 1836 par Louis Geoffroy est en effet le premier livre supposant un point de bifurcation de l'histoire. La France serait-elle dès lors la nation par excellence de l'uchronie, dans laquelle elle cherchereit une consolation, une forme de méditation souriante et ludique sur la vanité de la puissance et de la gloire ? Professeur agrégé d'histoire, Olivier Boura est installé dans le Gard, il est l'auteur de livres historiques, de récits, de nouvelles. Il a obtenu en 2006 le prix Hemingway de la nouvelle.
Il est rare que l'on montre l'épopée napoléonienne du point de vue de ceux qui l'ont faite au quotidien. Depuis plusieurs années, Jérôme Croyet s'attache à recueillir les témoignages des plus humbles artisans de cette formidable page d'histoire: lettres, mémoires inédits, documents évoquant la vie des troupes. Ils y parlent de leurs exploits, de leurs souffrances, de leurs idéaux, de leur résignation, parfois de leurs amours de passage; ils évoquent leurs chefs, expriment leur admiration pour le premier d'entre eux, l'Empereur; ils parlent des contrées qu'ils traversent et du pays qu'ils ont laissé derrière eux. La collection réunie au cours du XXe siècle par les frères Brunon, qui se trouve actuellement au Musée de l'Empéri (Salon-de-Provence) et qui a été spécialement photographiée pour le présent ouvrage, constitue une source inépuisable pour qui s'intéresse à la vie quotidienne des soldats de Napoléon. Bien plus qu'une collection d'uniformes et d'armement, elle réunit de nombreux objets curieux et modestes: matériel d'écriture, cantines, portraits d'hommes du rang qu'ils se sont fait faire au fil des campagnes, etc. Dès lors, le lien entre ce fonds et le travail de Jérôme Croyet était évident. Et vue d'en bas, l'épopée n'en est pas moins imposante...
Révélé au grand publie en 1996 par le film de Bertrand Tavernier, Capitaine Conan, (d'après roman de Roger Vercel), le Front d'Orient a largement constitué un angle mort des représentations collectives dans notre pays. Il n'en va pas de même dans les Balkans où les plaies du passé et des nationalismes blessés ne sont pas toujours cicatrisées. "Catastrophe nationale" en Bulgarie, "catastrophe nécessaire" en Roumanie, la Première Guerre mondiale demeure en Hongrie un "passé qui ne passe pas" : tous les 4 juin, date anniversaire du traité de Trianon (1920), des manifestations nationalistes y rappelle le souvenir de la "grande Hongrie", dépecée ce jour-là. En Serbie, on se divise encore sur la question de savoir si Prinzip, l'homme qui assassina François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914, était un héros ou non. La Turquie, entre nationalisme et mauvaise conscience, commémorait en avril 2015 la grande victoire des Dardanelles, tout en occultant le génocide arménien. En Grèce, enfin, cette guerre reste le prélude du conflit gréco-turc (1919-1922) dont les blessures ne sont pas tout à fait refermées. La Première Guerre mondiale, cent ans après, demeure donc, à l'est de l'Europe, un champ de bataille politique. Avec l'ambition de dépasser les clivages nationaux et de multiplier les regards, ce livre, issu du colloque international réuni au musée d'histoire de Marseille en décembre 2014, oeuvre à une dé-nationalisation de l'écriture de la guerre et, tout en faisant ressurgir l'histoire de l'armée d'Orient et de ce front oublié, cherche à sortir le conflit du cadre franco-français (ou franco-allemand) et à lui restituer sa pleine dimension.