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Le chemin des dieux
Depotte Jean-Philippe
DENOEL
20,90 €
Épuisé
EAN :9782207116135
Extrait Nihon, le Japon II faut deux caractères pour former le nom du Japon. On les traduit habituellement par «le Soleil levant». Mais ils signifient aussi «les Racines du jour». Achille s'était figé en haut de l'escalator et les yeux d'Uzumé ne regardaient que lui. Des yeux magnifiques. Il ne se souvenait pas qu'ils fussent aussi beaux. Des yeux bridés : les yeux d'Uzumé l'étaient merveilleusement. Achille s'attardait sur l'attache verticale à la racine de son nez, l'ovale d'une paupière rabattue, comme un voile étiré jusqu'à rompre, sur ses yeux noirs. Des yeux bridés. Quel esprit étriqué, quel colonialiste étroit avait inventé ce mot difforme, pour une telle grâce, pour un tel raffinement ? On raconte que certaines Japonaises dépensent leur argent à se faire ouvrir les yeux, à grands coups de scalpel, et qu'elles se rêvent en stars américaines ou en personnages de manga. Uzumé, il en était persuadé, aurait préféré à l'inverse qu'on lui refermât les yeux, encore davantage. Sur la photographie, Uzumé portait un kimono vert pâle, piqué de motifs de lentilles d'eau que le hasard du vent agrégeait à la surface d'un étang. Le cadre de l'image coupait son buste à la taille, sous la ceinture traditionnelle tenue par une cordelette. Vingt kilos de tissu sans aucune agrafe ni aucun bouton, des heures à faire et à défaire, la perfection d'un pli, la ligne de la nuque, l'attention permanente. Jamais Achille n'avait connu d'autre vêtement à la silhouette d'Uzumé. Un homme pressé le bouscula sur le chemin de l'escalator. Achille n'avait pas conscience de l'encombrement qu'il causait à l'entrée de la grande salle des bagages. Mais les autres passagers le contournaient sans protester. Alors, encore, il resta immobile. Seul à seul avec Uzumé. Il descendait à peine de l'avion. Et il avait traversé le monde parce qu'Uzumé avait disparu. Kidnappée. C'est dire s'il ne s'attendait pas à la retrouver ainsi, en dix mètres sur six, sur le mur de l'aéroport. Ou alors, ce n'était pas elle. Après toutes ces années, elle avait peut-être changé. Il se laissa plonger à nouveau dans ses yeux démesurés. La sévérité, dans le regard d'Uzumé, conférait à son sourire une nuance délicieuse. Mieux : sa paupière gauche, retombant légèrement, teintait cette austérité complice d'une fantaisie asymétrique. À mesure qu'Achille la contemplait, les détails lui revenaient comme une évidence qu'il se reprochait d'avoir oubliée. L'imperfection de son oeil sévère, sur l'image géante, en dix mètres sur six, constituait ce détail qu'elle n'adressait qu'à lui. Ce sont ces défauts minuscules, pensa-t-il, qui font la beauté. L'affiche était une publicité pour une bouteille de thé en plastique qui semblait flotter, sur la photographie, à côté du visage d'Uzumé. Ce genre de thé amer qui rafraîchit de la moiteur de l'été. À l'époque où il vivait ici, Achille en avait bu des litres avant de s'habituer. Parce qu'on n'est pas vraiment japonais tant qu'on n'apprécie pas le thé. Une petite fille le sortit de son immobilité. Une petite en robe plissée, plantée devant lui, avec un lapin en peluche. Elle le dévisageait comme il dévisageait lui-même Uzumé. Interdite, la bouche bée. La mère de l'enfant la tira par la main avec empressement. Au passage, elle dévisagea l'étranger, puis la politesse lui fit détourner les yeux. «Pardon !» s'excusa Achille en avançant, à sa suite, sur la première marche de l'escalator. La femme et l'enfant ne se retournèrent pas sur lui.
Déotte Jean-Louis ; Froger Marion ; Mariniello Sil
Le présent recueil est le fruit d'une rencontre entre chercheurs de deux équipes (française et canadienne) œuvrant, selon des axes et des traditions de pensée différents, dans un champ de recherche qui croise les études médiatiques, l'histoire de la culture, la philosophie et l'esthétique. Les rencontres ont eu lieu à Paris et à Montréal, autour des concepts d'appareil et d'intermédialité, dans un souci de dialogue qui confronte l'analyse des " effets d'appareils propres à une époque" à l'étude du "milieu intermédial " de la production culturelle. La rencontre s'est produite sous les auspices d'une pensée de la culture qui rapporte entre elles, sur la base d'un souci d'historicisation, les formes (de socialités, d'arts, de savoirs), en passant par l'étude des techniques et des matérialités impliquées dans leur apparition. Outre une introduction qui présente les principaux enjeux de cette confrontation, le recueil se compose d'une douzaine de textes portant sur des questions théoriques aussi bien que sur des objets singuliers relevant du cinéma, des arts d'installation, de la littérature, du web ou de l'imagerie scientifique.
L'élaboration de l'avant-dernier livre de Jean-Louis Déotte (Walter Benjamin et la forme plastique. Architecture, technique, lieux, L'Harmattan, 2012) avait pris une dizaine d'années, en rapport constant avec des thèses ou des mémoires de recherche auxquels il participa comme directeur ou comme membre de jury. Aujourd'hui, avec ce W Benjamin, littéralement, nous proposons de relater les différentes étapes d'un travail fondamentalement collectif où il est bien difficile de savoir qui s'inspira de qui. Ou qui parasita qui. Certes, dans une relation de recherche, l'"étudiant" parasite le maître, mais l'inverse est tout aussi vrai. Un livre de ce type est donc poreux parce qu'il est le résultat d'une réversibilité des échanges et donc d'une compénétration des pensées. Le parasite peut être éliminé par les anti-corps de l'hôte. A l'inverse, le parasite peut déprogrammer son hôte, le conduisant à l'anéantissement, parce qu'il ne peut se développer que dans son cadavre. Dès lors, on dira que l'assimilation d'un parasite par un corps-hôte est réussie quand il lui devient indispensable : c'est un enrichissement "réciproque". W Benjamin a été un parasite du second ordre pour le marxisme alors qu'il n'avait pas réussi avec les écrivains français des années trente, qui l'ignorèrent. Même s'il se désigna des "ennemis" comme Jünger ou Heidegger, ce n'est pas un penseur de l'affrontement ou de la résistance. La négativité dialectique est chez lui dissolution des formes acquises. C'est le sens des différentes critiques esthétiques et littéraires qu'il nous légua : de l'apparence, par la mise en marche, faire surgir l'apparition.
Au début du XXe siècle, dans un Paris frappé par des attentats anarchistes, un jeune prêtre se déclare capable de converser avec les défunts et ne tarde pas à affronter une célébrité qui le propulse en première page des journaux, affublé du titre de "Saint Joseph des Morts". Une situation d'autant plus difficile qu'il cherche en secret à percer les mystères de l'après-vie, aidé dans cette tâche par un jeune garçon terrorisé par ses démons d'enfant... et par une sombre menace qui approche inexorablement de la capitale. À la veille d'une visite officielle du métropolitain de Fulgence Bienvenüe par le tsar Nicolas II, visite que la présence de Lénine à Paris ne peut que compliquer, Joseph va se lancer dans une dangereuse quête de la vérité qui lui fera approcher l'occultiste Gérard Encausse, dit Papus, ainsi que les services spéciaux du tsar et les terribles membres de la "pègre de Montreuil". Et si les maîtres de Paris n'étaient pas ceux que l'on croit? Les Démons de Paris, qui évoque le cinéma sépia de Jean-Pierre Jeunet et les mystères praguois de Leo Perutz, est un thriller historique et surnaturel d'une rare ambition, un premier roman avec lequel Jean-Philippe Depotte trouve immédiatement sa place parmi les maîtres du genre.
Benjamin a été le premier à utiliser le terme d'" appareil " technique en rapport avec les arts, mais il ne l'a pas conceptualisé et en a limité la pertinence à la révolution industrielle. Lyotard a introduit la notion de surface d'inscription et de bloc d'écriture dans ses études sur la lettrine gothique et la perspective, dans une acception sémiologique, mais sa conception de l'écriture en faisait une mise en ordre. Rancière, avec ses " régimes " de l'art qui sont autant de régimes de la sensibilité, a permis de nouer politique et arts, mais en faisant l'impasse sur les techniques. A l'évidence, il fallait donc distinguer les appareils culturels qui sont les conditions des arts, époque après époque, de la série des muses, pour faire droit à un mode d'existence spécifique d'objets qui sont à la fois indéniablement techniques et cosmétiques. Car sinon, comment classer le récit traditionnel, l'icône byzantine ou la voûte gothique, la camera oscura, la perspective, le musée, la photographie, le cinéma (pour s'en tenir à l'Occident, puis à la modernité projective) ?
Résumé : J'ai décidé de faire parler des femmes, de les faire parler de leur vagin, de faire des interviews de vagins..., et c'est devenu ces Monologues... Au début, ces femmes étaient un peu timides, elles avaient du mal à parler. Mais une fois lancées, on ne pouvait plus les arrêter. Les femmes adorent parler de leur vagin. Depuis sa parution aux Etats-Unis en 1998, Les Monologues du vagin a déclenché un véritable phénomène culturel : rarement pièce de théâtre aura été jouée tant de fois, en tant de lieux différents, devant des publics si divers... Mais que sont donc ces Monologues dans lesquels toutes les femmes se reconnaissent ? Il s'agit ni plus ni moins de la célébration touchante et drôle du dernier des tabous : celui de la sexualité féminine. Malicieux et impertinent, tendre et subtil, le chef d'oeuvre d'Eve Ensler donne la parole aux femmes, à leurs fantasmes et craintes les plus intimes. Qui lit ce texte ne regarde plus le corps d'une femme de la même manière. Qui lit ce texte ne pense plus au sexe de la même manière.
Résumé : Christopher Bach était policier lors de la Grande Panne, ce jour où le Calculateur central, qui contrôle tous les systèmes de survie sur Luna, a connu une défaillance fatale. La vie de Chris a alors irrémédiablement basculé, et il essaie désormais d'être détective privé. Assisté de son chien cybernétiquement augmenté, Sherlock, il tente de résoudre les quelques missions qu'on lui confie en imitant les héros durs à cuire qui peuplent les livres et films noirs qu'il adore. Lorsqu'une femme entre dans son bureau et prétend avoir été infectée volontairement par une lèpre incurable, Chris est tout disposé à l'aider à retrouver celui qui l'a contaminée. Mais il va vite déchanter en comprenant que son enquête doit le mener là où personne n'a réellement envie d'aller de son plein gré : à Irontown... Blues pour Irontown est un mélange détonant de roman noir et de science-fiction. Situé dans le même univers que les précédents ouvrages de l'auteur, notamment Gens de la Lune et Le Système Valentine, parus chez Denoël, il marque le retour, tant attendu, de John Varley à son meilleur.
Résumé : Au plus froid de l'hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa soeur, les contes de Dounia, la vieille servante. Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l'hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela. En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l'appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt. Ce qui n'est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales. Inspiré de contes russes, L'Ours et le Rossignol a su en garder toute la poésie et la sombre cruauté.
Résumé : Jim Byrd a une vie normale, jusqu'au jour où il fait un arrêt cardiaque. Revenu à lui, il apprend qu'il est resté mort cinq minutes entières. Pourtant, il n'a vu ni lumière blanche accueillante ni choeur de séraphins, juste le vide, l'absence. Grâce à un réseau électrique installé autour de son coeur, il ne risque plus rien et peut même suivre les battements et les crises de son coeur sur une appli smartphone. Cette impression de tenir son propre coeur dans sa main le fait réfléchir, d'autant plus que, alors qu'il se trouve dans un restaurant, il découvre les preuves d'une existence surnaturelle, une voix qui appelle dans un escalier et plonge les vivants dans une tristesse profonde. Jim décide alors d'enquêter sur l'origine de cette voix : peut-être existe-t-il d'autres formes de vie après la mort que la lumière blanche au bout du tunnel ? Peut-être sa propre expérience lui donne-t-elle accès à quelque chose au-delà du monde des vivants ?
A Kingdom Come, bourgade du sud des Etats-Unis, la vie suit son cours, paisible. Thomas, unique entrepreneur de la ville, doit s'occuper de ses trois frères, reliés par les os du crâne, contraints de partager le même énorme cerveau. Mais d'étranges fantômes sortis du bayou - ou de son imagination - viennent le hanter. Ceux de son père qui s'est suicidé et de sa mère mystérieusement disparue ; celui d'un enfant de six ans qu'il a jadis retrouvé mort au c?ur du marais ; et l'âme de sa grand-mère, clouée par une faucille au toit de l'école, il y a bien longtemps. Thomas devra affronter ce lourd passé et, si possible, en percer les mystères afin que Kingdom Come retrouve sa sérénité. La plume brillante de Tom Piccirilli dresse le portrait d'une Amérique effrayante, burlesque et ensorcelante qui évoque celle d'Harry Crews ou le Twin Peaks de David Lynch.
Après la jungle et le désert, les survivants découvrent une forêt tropicale aux arbres immenses. Mais cette forêt à l'apparence idyllique recèle de nouveaux prédateurs, de terribles secrets... et d'autres êtres humains ! De jeunes musiciens dont l'avion s'est également écrasé, il y a plus de cinquante ans. Pourtant, les adolescents paraissent avoir le même âge qu'à leur arrivée dans cette forêt, en 1965. Que s'est-il passé ? Pour s'échapper et sauver leurs nouveaux compagnons, nos héros vont devoir entamer une affolante course contre le temps. Qui sortira indemne de ce nouveau projet ?
Tandis que les crises qui secouent l'Empire redoublent de violence et annoncent son effondrement définitif, la Fondation créée par le psychohistorien Hari Seldon pour sauvegarder la civilisation devient de plus en plus puissante, suscitant naturellement convoitise et visées annexionnistes. En tout premier lieu, celles de Bel Riose, jeune général qui voit dans les secrets détenus par la Fondation le moyen de monter sur le trône. C'est alors qu'apparaît un mystérieux et invincible conquérant, surnommé le Mulet, que le plan de Seldon n'avait pas prévu... Biographie de l'auteur Figure emblématique et tutélaire de la science-fiction, Isaac, Asimov (19201992) s'est imposé comme l'un des plus grands écrivains du genre. Scientifique de formation, il s'est rendu mondialement célèbre grâce aux séries Fondation et Les Robots, qui révolutionnèrent la science-fiction de la première moitié du siècle par leur cohérence et leur crédibilité scientifique. Ecrivain progressiste, fervent défenseur du respect de la différence, Isaac Asimov fut un auteur extrêmement prolifique, abordant tour à tour la vulgarisation scientifique et historique, le polar. ou les livres pour la jeunesse.
Résumé : Les deux dernières années à Hawkins ont été si étranges que Will Byers lui-même a du mal à y croire. Difficile de dire ce qui est réel et ce qui ne l'est pas... Entre ces pages, il a rassemblé ses journaux, ses dessins, ses notes à propos du monde à l'envers... Ouvrez à vos risques et périls !