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Appareil et intermédialité
Déotte Jean-Louis ; Froger Marion ; Mariniello Sil
L'HARMATTAN
21,50 €
Épuisé
EAN :9782296042865
Le présent recueil est le fruit d'une rencontre entre chercheurs de deux équipes (française et canadienne) œuvrant, selon des axes et des traditions de pensée différents, dans un champ de recherche qui croise les études médiatiques, l'histoire de la culture, la philosophie et l'esthétique. Les rencontres ont eu lieu à Paris et à Montréal, autour des concepts d'appareil et d'intermédialité, dans un souci de dialogue qui confronte l'analyse des " effets d'appareils propres à une époque" à l'étude du "milieu intermédial " de la production culturelle. La rencontre s'est produite sous les auspices d'une pensée de la culture qui rapporte entre elles, sur la base d'un souci d'historicisation, les formes (de socialités, d'arts, de savoirs), en passant par l'étude des techniques et des matérialités impliquées dans leur apparition. Outre une introduction qui présente les principaux enjeux de cette confrontation, le recueil se compose d'une douzaine de textes portant sur des questions théoriques aussi bien que sur des objets singuliers relevant du cinéma, des arts d'installation, de la littérature, du web ou de l'imagerie scientifique.
Il y a une puissance d'art du musée - une poétique au sens fort - qu'il faut restaurer contre la critique inaugurale d'un Quatremère de Quincy ou d'un Valéry. Car l'ouverture de cette institution publique est indissociable de la critique esthétique, de l'histoire de l'art et enfin de l'art lui-même, qui, pour la première fois, accède à lui-même, dans la visibilité. Non pas que ce véritable cadre produise arbitrairement l'art. Mais au sens où, l'exposant, le suspendant, il le sépare d'avec ce qu'il n'est pas : la destination (théologique, métaphysique, politique, etc.). Et donc, peu à peu, le musée rendant absent le monde des hommes pour l'art, laisse place à une temporalité qui n'est pas celle des événements historiques. Celle de l'histoire de l'art, où l'art s'invente constamment, et plus énigmatique, une temporalité plus originaire, de donation des époques de l'art. Le musée ne serait donc pas un triste accident survenu à l'art au milieu du XVIIIème siècle : il en est le site. Cette analyse, s'appuyant sur Kant, Salles, Adorno, Benjamin, Malraux, Bataille, Blanchot, Lyotard, Derrida, Lacoue-Labarthe, Nancy, est nécessaire pour accéder à ce qui, même dans l'art le plus contemporain, en constitue toujours l'intérieur.
L'ambition de l'auteur est de développer une théorie de l'appareil en tant qu'il fait époque pour l'art, le politique, la science et la philosophie. On peut en effet considérer que les ouvrages antérieurs : Le Musée, l'origine de l'esthétique (1993), et son pendant pour le politique : Oubliez ! Les ruines, l'Europe, le Musée (1994), puis : L'Homme de verre. Esthétiques benjaminiennes (1998), ainsi que l'ouvrage collectif publié en collaboration avec A. Brossat : L'époque de la disparition. Politique et esthétique (2000), sont des caractéristiques d'époques différentes de l'histoire ouvertes par des appareils (le Musée, la photographie, le numérique). Une introduction à cette problématique de l'appareil suivra : L'époque des appareils. La notion d'appareil est l'oublié de la philosophie politique en général et de celle d'H. Arendt en particulier : toutes les problématiques de l'action politique et de l'être-ensemble postulent toujours une sorte d'immédiateté et de nudité des acteurs qui s'exposent sur la place publique. Dès lors, on ne voit pas précisément ce qui permettrait de distinguer des époques du politique. A contrario, les esthétiques réduisent les appareils à une sorte d'apprêt technique de l'oeuvre d'art destiné finalement à s'effacer devant une dramatisation de la création artistique. On peut se demander alors s'il y a une histoire de l'art et de ses époques. On cherchera à convaincre ici, en systématisant l'appareil perspectif en son origine (à Florence, au début du Quattrocento, du fait de Brunelleschi-Alberti), qu'on peut enfin restituer le sol commun à l'action politique dans une République (Machiavel), à l'art de représentation (Le Pérugin, Van der Weyden) et à la philosophie de l'identité des contraires et du cogito (Le Cusain, Descartes). Le recueil de textes proposé ici consiste essentiellement en la réédition de deux sections d'un livre Portrait autoportrait, écrit en collaboration avec Eric Van de Casteele et Michel Servière. Ce livre, publié par Osiris en 1987, étant depuis longtemps introuvable et la question de la perspective ayant depuis été explorée par d'autres chercheurs, il a semblé opportun à l'auteur de le republier, largement remanié, accompagné d'une préface.
L'élaboration de l'avant-dernier livre de Jean-Louis Déotte (Walter Benjamin et la forme plastique. Architecture, technique, lieux, L'Harmattan, 2012) avait pris une dizaine d'années, en rapport constant avec des thèses ou des mémoires de recherche auxquels il participa comme directeur ou comme membre de jury. Aujourd'hui, avec ce W Benjamin, littéralement, nous proposons de relater les différentes étapes d'un travail fondamentalement collectif où il est bien difficile de savoir qui s'inspira de qui. Ou qui parasita qui. Certes, dans une relation de recherche, l'"étudiant" parasite le maître, mais l'inverse est tout aussi vrai. Un livre de ce type est donc poreux parce qu'il est le résultat d'une réversibilité des échanges et donc d'une compénétration des pensées. Le parasite peut être éliminé par les anti-corps de l'hôte. A l'inverse, le parasite peut déprogrammer son hôte, le conduisant à l'anéantissement, parce qu'il ne peut se développer que dans son cadavre. Dès lors, on dira que l'assimilation d'un parasite par un corps-hôte est réussie quand il lui devient indispensable : c'est un enrichissement "réciproque". W Benjamin a été un parasite du second ordre pour le marxisme alors qu'il n'avait pas réussi avec les écrivains français des années trente, qui l'ignorèrent. Même s'il se désigna des "ennemis" comme Jünger ou Heidegger, ce n'est pas un penseur de l'affrontement ou de la résistance. La négativité dialectique est chez lui dissolution des formes acquises. C'est le sens des différentes critiques esthétiques et littéraires qu'il nous légua : de l'apparence, par la mise en marche, faire surgir l'apparition.
Benjamin a été le premier à utiliser le terme d'" appareil " technique en rapport avec les arts, mais il ne l'a pas conceptualisé et en a limité la pertinence à la révolution industrielle. Lyotard a introduit la notion de surface d'inscription et de bloc d'écriture dans ses études sur la lettrine gothique et la perspective, dans une acception sémiologique, mais sa conception de l'écriture en faisait une mise en ordre. Rancière, avec ses " régimes " de l'art qui sont autant de régimes de la sensibilité, a permis de nouer politique et arts, mais en faisant l'impasse sur les techniques. A l'évidence, il fallait donc distinguer les appareils culturels qui sont les conditions des arts, époque après époque, de la série des muses, pour faire droit à un mode d'existence spécifique d'objets qui sont à la fois indéniablement techniques et cosmétiques. Car sinon, comment classer le récit traditionnel, l'icône byzantine ou la voûte gothique, la camera oscura, la perspective, le musée, la photographie, le cinéma (pour s'en tenir à l'Occident, puis à la modernité projective) ?
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.