Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Un universalisme si particulier. Féminisme et exception française (1980-2010)
Delphy Christine
SYLLEPSE
23,00 €
Épuisé
EAN :9782849502648
Christine Delphy nous propose avec ce recueil des " interventions " qui s'inscrivent dans le déroulement de la politique du mouvement féministe en France. L'actualité des questions qui se posent au mouvement féministe et de celles que ce mouvement pose à la société, année après année, constitue la ligne de force des " interventions " publiées ici. Ces textes sont pour beaucoup des éditoriaux que l'auteure, rédactrice en chef de la revue Nouvelles Questions féministes, a rédigés au cours des mois et des années. D'autres sont des entretiens qu'elle a donnés à diverses revues ; ou encore des chroniques proposées à l'hebdomadaire Politis. Constater, avec un recul de trente ans, la permanence de certaines questions, ou l'émergence de thèmes qui s'affirment de plus en plus au cours des années, comme celui de l'identité nationale, a donné à Christine Delphy l'idée de constituer ce recueil. En somme, il doit son unité à une permanence, la surdité entêtée de l'establishment aux revendications des femmes, et à une " nouveauté ", le refus du même establishment d'entendre la revendication d'autres exclues, les " issues de l'immigration ".
La domination adulte est une des manifestations de l'âgisme, qui regroupe les discriminations fondées sur l'âge qui structurent nos sociétés. Les enfants sont réputés particulièrement vulnérables et écopent sous ce prétexte d'un statut, dit "de mineur", qui leur retire l'exercice des droits dont jouissent les majeurs, les adultes. Ce statut entérine en fait diverses formes de sujétions... et partant, de violences. La famille et l'école sont parmi les lieux privilégiés d'exercice de l'ordre adulte. Yves Bonnardel questionne ici l'idée d'enfance elle-même, celles de minorité (versus majorité), de protection de l'enfance et même d'éducation, pour mettre à nu les processus de domination à l'oeuvre dans les rapports adultes/enfants. Non, nos sociétés ne sont pas bien-intentionnées envers les enfants ! Ainsi, pour construire un monde qui n'opprime plus les enfants, il propose l'abolition des lois âgistes et, plus généralement, d'en finir avec le statut de mineur et avec la domination adulte. Avant-propos de Christine Delphy.
Le Deuxième sexe était, de ses livres, celui auquel Simone de Beauvoir tenait le plus. Il a marqué plusieurs générations de femmes - et d'hommes - dans le monde entier. S'il demeure toujours lu, il est paradoxalement fort peu étudié en France, au contraire des Etats-Unis et du nord de l'Europe où les études beauvoiriennes fleurissent. En 1999, le colloque " Cinquantenaire du Deuxième sexe " a réuni pendant 5 jours de travaux à Paris des philosophes, des historien-nes, des linguistes, des littéraires, des chercheur-es venu-es de tous les continents. Près de mille personnes ont assisté à la session finale dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. Avec 130 communications réparties en 10 séances plénières et 19 ateliers, ce fut le plus grand événement jamais organisé autour de Simone de Beauvoir en France. Placé sous le haut patronage de l'Unesco, ce colloque a été largement remarqué dans la grande presse, tant nationale qu'internationale. Le présent ouvrage, qui en est issu, rassemble plus de 60 articles signés par les meilleur-es spécialistes qui évaluent la contribution historique de la " Bible " du féminisme dans chaque domaine du savoir, et explorent les multiples facettes d'un ouvrage qui continue, cinq décennies après son élaboration, à fasciner ses lectrices et lecteurs. Ainsi la philosophie beauvoirienne, loin de n'être qu'une application de l'existentialisme sartrien, est considérablement réévaluée. Les enjeux féministes, passés ou présents, ici ou ailleurs, sont débattus avec passion. Les études sur les réceptions et les traductions, dans des contextes nationaux très différents, éclairent l'itinéraire de cette ?uvre décidément exceptionnelle. Les nouvelles générations lui posent de nouvelles questions : quelle meilleure preuve de son rayonnement dans le siècle qui commence ?
Le constat est implacable : le partage des tâches domestiques n'existe pas. Il ne s'agit pas, nous disent Christine Delphy et Diana Leonard, du seul produit d'une mauvaise volonté des hommes qui profitent de ce travail gratuit, mais plus fondamentalement d'un système d'exploitation et d'oppression qui dépasse les relations affectives que peuvent entretenir les individus concernés ? : le patriarcat, et dans le patriarcat, le mariage, y compris le concubinage et le pacsage. Celui-ci s'incarne concrètement dans une exploitation domestique ? qui ne s'applique pas seulement au travail dit "ménager" ? dont les autrices s'attachent à dévoiler les mécanismes dans cet ouvrage où la lectrice ou le lecteur ne manqueront pas de reconnaître leurs propres moments de vie quotidienne. Les autrices proposent ici une nouvelle approche radicale de la subordination des femmes dans les sociétés occidentales focalisée sur la famille, en tant que système économique. Elles révèlent que celle-ci constitue en réalité un système de rapports de production dont les hommes sont les artisans ? politiques, juristes et autres gouvernants ? et les bénéficiaires ? tous les autres. Ce sont la structure hiérarchique et les rapports de production entre les membres de la famille qui sont ici mis à jour. Pour les autrices, la subordination des femmes constitue un cas particulier d'exploitation économique qui ne réduit pas au capitalisme dominant dans nos sociétés. Exploitation domestique et exploitation capitaliste ne peuvent se confondre même si l'un et l'autre doivent être renversés. Ouvrage de référence du féminisme matérialiste, L'Exploitation domestique est publié ici pour la première fois en français.
Après avoir été longtemps niées, les discriminations racistes semblent sortir du silence assourdissant qui caractérisait cette question sociale essentielle: des études tentent de les mesurer, des discours politiques volontaristes sont prononcés, une haute autorité est mise en place, etc. Pourtant, à y regarder de plus près le changement n'est en grande partie qu'apparent. Nous n'avons pas affaire à une véritable stratégie de lutte contre ces inégalités de traitement qui minent les classes et milieux populaires mais à un discours de façade visant à contenir les revendications égalitaires. L'occultation du caractère systémique des discriminations racistes, de leurs bases matérielles et de leurs fonctionnalités sociales dépolitise la question et technicise les réponses. En témoigne l'émergence de "nouveaux discours" d'accompagnement qui ne sont que de nouveaux masques idéologiques de la domination: égalité des chances, promotion d'une élite méritante, mixité sociale, cohésion sociale, etc. De la marche pour l'égalité en 1983 aux sans-papiers aujourd'hui, de multiples combats ont mis en avant la fonction sociale de l'inégalité raciste de traitement: organiser une concurrence ethnique entre forces de travail pour maximiser les profits. Mener ces combats efficacement suppose de s'attaquer aux racines de l'inégalité.
Résumé : Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine ? L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes. Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire. Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Concluant sa somme sur le premier âge du capitalisme, Alain Bihr explore dans les deux volumes du troisième tome la constitution d'un premier monde capitaliste. Sont ainsi examinées en premier lieu les différentes formations d'Europe occidentale qui ont été, tour à tour, motrices de l'expansion outre-mer. Les avantages respectifs dont ces formations en ont tiré parti renvoient à leurs relations conflictuelles et aux rapports de force entre les ordres et classes qui les constituent. La Grande-Bretagne, s'appuyant sur les Provinces-Unies et les acquis de sa révolution bourgeoise, finit par en sortir victorieuse, au détriment de la France. Sont ensuite mis en relief le statut semi-périphérique et la forte hétérogénéité des formations d'Europe baltique, centrale, orientale et méditerranéenne. Toutefois, certaines d'entre elles (la Savoie, la Prusse, la Russie) pourront réunir des conditions leur permettant, par la suite, de jouer dans la "cour des grands". L'ouvrage examine enfin les principales formations sociales marginales, affectées par l'expansion européenne mais encore capables d'y résister et de se développer selon leur logique propre. Ce qui explique à la fois pourquoi le capitalisme n'a pas pu naître dans la Chine des Ming et des Qing, en dépit d'atouts évidents, et pourquoi, en se fermant, le Japon féodal a au contraire préparé les conditions de son rapide rattrapage capitaliste à l'époque Meiji.