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Cinquantenaire du Deuxième Sexe
Delphy Christine ; Chaperon Sylvie
SYLLEPSE
39,50 €
Épuisé
EAN :9782913165618
Le Deuxième sexe était, de ses livres, celui auquel Simone de Beauvoir tenait le plus. Il a marqué plusieurs générations de femmes - et d'hommes - dans le monde entier. S'il demeure toujours lu, il est paradoxalement fort peu étudié en France, au contraire des Etats-Unis et du nord de l'Europe où les études beauvoiriennes fleurissent. En 1999, le colloque " Cinquantenaire du Deuxième sexe " a réuni pendant 5 jours de travaux à Paris des philosophes, des historien-nes, des linguistes, des littéraires, des chercheur-es venu-es de tous les continents. Près de mille personnes ont assisté à la session finale dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. Avec 130 communications réparties en 10 séances plénières et 19 ateliers, ce fut le plus grand événement jamais organisé autour de Simone de Beauvoir en France. Placé sous le haut patronage de l'Unesco, ce colloque a été largement remarqué dans la grande presse, tant nationale qu'internationale. Le présent ouvrage, qui en est issu, rassemble plus de 60 articles signés par les meilleur-es spécialistes qui évaluent la contribution historique de la " Bible " du féminisme dans chaque domaine du savoir, et explorent les multiples facettes d'un ouvrage qui continue, cinq décennies après son élaboration, à fasciner ses lectrices et lecteurs. Ainsi la philosophie beauvoirienne, loin de n'être qu'une application de l'existentialisme sartrien, est considérablement réévaluée. Les enjeux féministes, passés ou présents, ici ou ailleurs, sont débattus avec passion. Les études sur les réceptions et les traductions, dans des contextes nationaux très différents, éclairent l'itinéraire de cette ?uvre décidément exceptionnelle. Les nouvelles générations lui posent de nouvelles questions : quelle meilleure preuve de son rayonnement dans le siècle qui commence ?
Le constat est implacable : le partage des tâches domestiques n'existe pas. Il ne s'agit pas, nous disent Christine Delphy et Diana Leonard, du seul produit d'une mauvaise volonté des hommes qui profitent de ce travail gratuit, mais plus fondamentalement d'un système d'exploitation et d'oppression qui dépasse les relations affectives que peuvent entretenir les individus concernés ? : le patriarcat, et dans le patriarcat, le mariage, y compris le concubinage et le pacsage. Celui-ci s'incarne concrètement dans une exploitation domestique ? qui ne s'applique pas seulement au travail dit "ménager" ? dont les autrices s'attachent à dévoiler les mécanismes dans cet ouvrage où la lectrice ou le lecteur ne manqueront pas de reconnaître leurs propres moments de vie quotidienne. Les autrices proposent ici une nouvelle approche radicale de la subordination des femmes dans les sociétés occidentales focalisée sur la famille, en tant que système économique. Elles révèlent que celle-ci constitue en réalité un système de rapports de production dont les hommes sont les artisans ? politiques, juristes et autres gouvernants ? et les bénéficiaires ? tous les autres. Ce sont la structure hiérarchique et les rapports de production entre les membres de la famille qui sont ici mis à jour. Pour les autrices, la subordination des femmes constitue un cas particulier d'exploitation économique qui ne réduit pas au capitalisme dominant dans nos sociétés. Exploitation domestique et exploitation capitaliste ne peuvent se confondre même si l'un et l'autre doivent être renversés. Ouvrage de référence du féminisme matérialiste, L'Exploitation domestique est publié ici pour la première fois en français.
Après avoir été longtemps niées, les discriminations racistes semblent sortir du silence assourdissant qui caractérisait cette question sociale essentielle: des études tentent de les mesurer, des discours politiques volontaristes sont prononcés, une haute autorité est mise en place, etc. Pourtant, à y regarder de plus près le changement n'est en grande partie qu'apparent. Nous n'avons pas affaire à une véritable stratégie de lutte contre ces inégalités de traitement qui minent les classes et milieux populaires mais à un discours de façade visant à contenir les revendications égalitaires. L'occultation du caractère systémique des discriminations racistes, de leurs bases matérielles et de leurs fonctionnalités sociales dépolitise la question et technicise les réponses. En témoigne l'émergence de "nouveaux discours" d'accompagnement qui ne sont que de nouveaux masques idéologiques de la domination: égalité des chances, promotion d'une élite méritante, mixité sociale, cohésion sociale, etc. De la marche pour l'égalité en 1983 aux sans-papiers aujourd'hui, de multiples combats ont mis en avant la fonction sociale de l'inégalité raciste de traitement: organiser une concurrence ethnique entre forces de travail pour maximiser les profits. Mener ces combats efficacement suppose de s'attaquer aux racines de l'inégalité.
La domination adulte est une des manifestations de l'âgisme, qui regroupe les discriminations fondées sur l'âge qui structurent nos sociétés. Les enfants sont réputés particulièrement vulnérables et écopent sous ce prétexte d'un statut, dit "de mineur", qui leur retire l'exercice des droits dont jouissent les majeurs, les adultes. Ce statut entérine en fait diverses formes de sujétions... et partant, de violences. La famille et l'école sont parmi les lieux privilégiés d'exercice de l'ordre adulte. Yves Bonnardel questionne ici l'idée d'enfance elle-même, celles de minorité (versus majorité), de protection de l'enfance et même d'éducation, pour mettre à nu les processus de domination à l'oeuvre dans les rapports adultes/enfants. Non, nos sociétés ne sont pas bien-intentionnées envers les enfants ! Ainsi, pour construire un monde qui n'opprime plus les enfants, il propose l'abolition des lois âgistes et, plus généralement, d'en finir avec le statut de mineur et avec la domination adulte. Avant-propos de Christine Delphy.
Christine Delphy milite contre le patriarcat et le racisme depuis longtemps. Elle est directrice de recherche émérite au CNRS, docteure en sociologie et en philosophie - et aussi éditrice, entre autres de la revue Nouvelles Questions féministes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
L'année 2015 marquera l'histoire de la Grèce, de l'Europe et de la gauche. Ce livre constitue un guide pour les lecteurs et les lectrices qui ne se contentent pas de la narration dominante présentée par les grands médias et les créanciers, qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des finances du premier gouvernement Syriza, dans son livre Conversations entre adultes et adapté au cinéma par Costa-Gavras. Il est essentiel de prendre le temps d'analyser la politique mise en oeuvre par Yanis Varoufakis et le gouvernement d'Alexis Tsipras car, pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale a été élu en Europe pour former un gouvernement. Comprendre les échecs et tirer les leçons de la manière dont ce gouvernement a affronté les problèmes qu'il a rencontrés sont de la plus haute importance si on veut éviter un nouveau fiasco. Eric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la Commission d'audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont secoué l'Europe cette année-là, il en maîtrise les tenants et les aboutissants. Comme l'écrit l'historien britannique Adam Tooze, auteur de Crashed : " Que l'on sympathise ou non avec l'orientation qui y est défendue, le livre de Toussaint permet à tout un chacun d'approfondir la compréhension de la scène politique grecque dans laquelle Varoufakis et Tsipras ont opéré. " Un objectif majeur du livre est de montrer qu'à chaque étape cruciale du chemin de croix qui va de février à juillet 2015, il y avait la possibilité d'opter pour une alternative. Les mesures qu'il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu'il était possible de prendre sont bien identifiées et clairement argumentées. Elles dépassent le cadre national et alimentent la réflexion stratégique sur les batailles politiques pour l'émancipation sociale. L'auteur démontre de manière convaincante qu'une victoire était possible et que ce qui s'est passé n'était pas inéluctable.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.