Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'étoffe d'un héros
Delibes Miguel
VERDIER
20,08 €
Épuisé
EAN :9782864323624
L'Etoffe d'un héros n'est pas un livre sur la guerre civile mais le roman de quelques êtres qui, entre enfance et adolescence, se trouvent aspirés dans l'?il du tourbillon sanglant qui a transformé pour longtemps l'histoire de l'Espagne en tragédie. Né dans une famille chaleureuse et étriquée de la petite bourgeoisie traditionaliste, Gervasio se croit promis très jeune à un destin héroïque qu'un prodige a révélé : son émotion est si intense quand il entend une musique militaire que tout son corps frissonne et ses cheveux se dressent sur sa tête. Un oncle, vétéran des guerres carlistes, s'emploie à cultiver cette disposition merveilleuse contre l'avis du père de l'enfant, un médecin naturiste et libertaire, le mouton noir de la tribu. Invité à endosser le rôle d'un futur héros, Gervasio s'éloigne des siens pour s'inventer avec ses camarades adolescents un destin guerrier que l'épisode tragique du soulèvement franquiste va mettre à l'épreuve des faits. La dure réalité va ébranler peu à peu les arrogantes certitudes forgées au cours de cette " enfance d'un chef ". Il faudra affronter, au-delà des combats, les terribles récits interchangeables de croyants crucifiés par des " rouges " et des rouges martyrisés par des " croisés ". Qui est un héros ? La vraie tragédie naît du brouillage de la frontière entre héroïsme et trahison ici exposé de main de maître par un Delibes dont on sait qu'il s'est lui-même engagé à dix-huit ans avant de consacrer sa vie à exorciser la tragédie en écrivant contre la bêtise totalitaire, pour la tolérance et les valeurs défendues humblement mais fermement par des êtres qui sont d'une autre étoffe que les prétendus héros.
L'Azarias est un de ces êtres rustiques qui sourient au ciel et murmurent continûment ; il sait pourtant, comme les autres, obéir aux maîtres, mais comme nul autre, parler aux oiseaux. Hommage à l'innocence, au pouvoir révélateur de son dénuement. Parmi les petits drames qui jamais n'entament la torpeur de ces terres de Castille, il en est un, cependant, qui la fera basculer. Mystère de l'innocence qui transgresse, sans tache et sans mérite, l'interdit absolu en accomplissant un acte de justice.
Daniel en est sûr : il était fait pour vivre ici, dans la vallée, c'est le chemin qui lui était assigné. Hélas, l'ambition de son père le conduit à partir pour la ville et à passer le baccalauréat. A la veille du départ, un noeud dans la gorge, le Hibou, comme on le surnomme, n'arrive pas à trouver le sommeil. Dans son regard d'enfant se met à vivre le monde heureux qu'il abandonne, perçu avec d'autant plus d'acuité et de tendresse qu'il est en train de le perdre.
Un émigrant revient au village après une très longue absence, et se rappelle la vie quotidienne en Vieille Castille au début du siècle. Combinant distanciation ironique et sympathie profonde, Delibes évoque avec un art dépouillé et sensible ce monde où règnent l'immobilisme, la routine, la superstition, l'arriération et la pauvreté, mais que sauvent les relations communautaires, le contact sans médiations avec les forces élémentaires, et une fierté jamais déclarée d'appartenir à si riche d'une archaïque beauté.
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu'il a toujours suspecté. Tandis qu'un nouveau coup d'Etat vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.