Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Faire l'histoire en la filmant
Delage Christian ; Demoulin Claire ; Neutres Julie
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271142474
Désormais, l'histoire se déroule en même temps qu'elle se filme et se diffuse sur les réseaux sociaux. Si cette simultanéité est nouvelle, elle prolonge une tendance quasi organique du cinéma : sa capacité de construire une narration historique s'inscrivant dans le temps présent, tout en revenant, dans le temps long, sur un événement passé, dans le documentaire comme dans la fiction. Le film possède également sa propre histoire, qu'il s'inscrive dans le parcours d'une oeuvre de création personnelle ou qu'il traduise, dans le collectif de son écriture et de sa fabrication, le mouvement de la société d'où il émerge. Cet ouvrage, issu des travaux conduits à l'Institut d'histoire du temps présent dans la décennie 2014-2023, et d'un cycle pluriannuel de projections-débats intitulé " Un film, une histoire ", défend la place privilégiée de l'image animée dans la fabrique de l'histoire. Avec les contributions de : Marion Cairault ; Lydie Delahaye ; Maxime Gasnault ; Thibault Guichard ; Camille Guigueno ; Monica Lanzoni ; Antoine Rocipon ; Chunchun Wang ; Alain Zind.
Résumé : Maurice est né (on ne peut trouver plus bel endroit) au Haras du Pin, " le Versailles du cheval ", où son père est fonctionnaire. Très tôt, il a la vocation : il sait qu'il sera jockey. Sa carrière commence sous les meilleurs auspices : Maurice est doué. Un peu trop, peut-être : il ne voit pas venir les dangers. Le poids, adversaire implacable des cavaliers de course. Les femmes, qui ne peuvent abandonner leur destinée à une tête brûlée jouant sa vie tous les jours. Les rêves, enfin, qui ne résistent pas aux convenances, aux obligations, à la réalité. Des rêves, pourtant, il en a plein la tête. Celui du grand amour, Maurice croit pouvoir le réaliser enfin, le jour où il rencontre Hélène... Ce roman est très largement inspiré d'une histoire vraie : la vie d'un entraîneur du Grand-Ouest, qui s'appelait aussi Maurice et qui fut, en son temps, une célébrité dans le monde hippique, plusieurs fois cravache d'or, puis tête de liste des entraîneurs à plusieurs reprises. Un homme mort prématurément : tué d'un coup de fusil en pleine tête par un médiocre personnage qu'il avait accepté d'héberger chez lui.
Résumé : Artiste peintre reconnu, éleveur de pur-sang chanceux, cultivant l'humour, la sagesse et le bien-être conjugal, William Dicken avait tout pour finir sa vie aussi agréablement qu'il l'avait commencée. Quel malin hasard lui fit croiser à son instant critique le chemin d'une cavalière un peu trop émouvante, Léa, et celui d'un cheval de jumping un peu trop ardent, Fou du Roi ? Deux noms qu'il n'est pas près d'oublier... Une rencontre sensible sur fond de prairies et de côtes normandes, rythmée par le stress des compétitions internationales, entraînée dans la spirale des enjeux, des manigances et des vanités, jusqu'à l'extrême déraison.
Venir au monde à la fin du XIXe siècle avec la peau noire, en pleine ségrégation, dans une famille pauvre du Kentucky, et se transformer en une vedette internationale du turf, riche et admirée, de nombreuses fois "cravache d'or", c'est le tour de force accompli par James Winkfield, le père de Nelly Davies. Née d'un amour hors mariage, alors que vient d'éclater la Seconde Guerre mondiale, Nelly grandit au royaume des galopeurs, qui s'étend à l'époque entre la Seine et la forêt de Saint-Germain-en-Laye. Dès son plus jeune âge, elle éprouve des sentiments très forts pour ce père, cet étranger, que son coeur réclame à grands cris mais dont elle ne fera la connaissance qu'à l'âge de treize ans. Une rencontre qu'elle espérait tout autre... Ils auront d'abord du mal à se comprendre et à dialoguer. Mais peu à peu, une osmose se crée entre Nelly et ce père à la fois célèbre et inconnu qu'elle admire tant et qui, au fil du temps, lève le voile sur ses sentiments. La fille de la star, dans le style de la sincérité qui n'a qu'un seul langage, celui du coeur, décrit ce que nous ignorons lorsque nous admirons les fabuleux destins: les "dégâts collatéraux". Ce que les vies extraordinaires laissent autour d'elles d'attentes, de regards mendiés, de baisers gardés, d'espoirs déçus, sans que jamais, pourtant, le lien se dénoue. Un chant d'amour qui ne finit jamais.
Il y eut d'abord les liens que le cinéma tisse avec la société de son temps. Marc Ferro en a traité dans Cinéma et histoire (Folio Histoire n° 55). Il y a, désormais, les rapports que les historiens entretiennent avec le film, en tant qu'objet d'analyse mais aussi en tant que mode d'écriture. Pour mieux donner à percevoir, par la fiction et la compression du temps, ce qu'ils ne peuvent écrire dans un livre, certains historiens ont fait le choix de passer à la réalisation. Plus généralement, l'historien est devenu un conseiller, ce qui conduit à expliciter l'évolution du statut de son expertise. Qu'il se définisse, au coeur de l'Histoire, comme oeuvre ou document d'archives, du Jour le plus long (1962) à Dunkirk (2017), le film est assurément une mise en récit, au même titre que le discours de l'historien. Mais il crée également des formes spécifiques de figuration de l'histoire. C'est, à partir d'analyses de films et de documentaires historiques ou de fiction comme de leur propre expérience cinématographique, ce que montrent Christian Delage et Vincent Guigueno dans cet ouvrage pionnier, devenu un classique.
En bref A l'heure où les islams se déchirent, et où les frontières d'Orient volent en éclat, une plongée dans l'histoire de la Question d'Orient. Le livre Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l'"Orient". Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans cette synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu'elle recèle, cette région n'a en effet cessé de faire l'objet d'affrontements entre les grandes puissances. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L'"Orient", qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un "Occident" dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur. Mais aucun changement n'a mis fin au "grand jeu" géopolitique, jalonné d'épisodes majeurs, de l'occupation de l'Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s'écrivent sous nos yeux. Auteur Jacques Frémeaux, professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) est membre de l'Institut universitaire de France et de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, De quoi fut fait l'Empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle (CNRS Editions, coll. Biblis, 2014) et La conquête de l'Algérie (2016). Arguments - Programme de l'agrégation en histoire contemporaine. - Clés pour décrypter les crises du Moyen Orient.
Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables. Mais également cinq hommes qui se sont aussi, souvent en même temps, parfois lourdement, fourvoyés sur certains sujets. Charles Darwin n'a pas bien évalué les effets de " dilution " dans la transmission des caractères génétiques ; Lord Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Linus Pauling s'est fait " coiffer au poteau " dans la découverte de la structure de l'ADN par Jim Watson et Francis Crick ; Fred Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison. Il ne s'agit pas d'énumérer les erreurs de ces grands hommes, mais bien plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements : la théorie de l'évolution de Darwin fonde la génétique moderne ; Kelvin enseigne à ses successeurs comment utiliser la thermodynamique en astronomie et en géologie ; Linus Pauling introduit superbement les considérations chimiques en biologie ; Fred Hoyle démontre les bienfaits et les limites des approches scientifiques qui se démarquent des théories " à la mode " et, curieusement, au lieu d'être une erreur, l'introduction de la constante cosmologique par Einstein s'avère extraordinairement bénéfique. C'est à une véritable enquête policière, qui dévoile de nombreux aspects jusque-là ignorés de l'histoire des sciences, que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.