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Gramsci ou le "suicide de la révolution"
Del Noce Augusto ; Baillet Philippe ; Portelli Hug
CERF
29,70 €
Épuisé
EAN :9782204090582
Publié au moment de la plus grande fortune de Gramsci, cet essai a pour point de départ le "paradigme italien", que met au jour une interprétation "transpolitique", c'est-à-dire attentive au parallélisme entre philosophie et politique, de l'histoire du XXe siècle: c'est en Italie que sont nés Giovanni Gentile. philosophe officiel du fascisme (mais qui avait donné, en 1899, le principal commentaire des écrits philosophiques du jeune Marx), et Antonio Gramsci, penseur marxiste sans doute le plus lu après 1945. Del Noce explore l'influence, non reconnue mais bien réelle selon lui, du premier sur le second. Gramsci a pensé le marxisme comme un immanentisme radical et le communisme comme 1'"analogue", dans un monde complètement sécularisé, du christianisme médiéval. Mais chez Gramsci, en définitive, "modernité" et "immanentisme" prévalent sur "communisme" et "révolution". Au terme d'un procès vers le nihilisme, la révolution se renverse en dissolution et s'appelle "contestation". Parodie de l'intellectuel organique gramscien. le démystificateur contemporain n'est en fait qu'un gardien du nihilisme chargé d'assister le "suicide de la révolution" et le maintien du statu quo sous le masque de la transgression par injonction. Et le gramscisme, qui a renoncé à la mentalité messianique, est condamné à finir en "permission révolutionnaire" de conserver toutes les habitudes et tous les préjugés intellectuels hérités des Lumières. Bien qu'appartenant pleinement à la "génération du Ventennio", Augusto Del Noce (1910-1989) n'adhéra pas au fascisme. Marqué par les "philosophes de l'existence" et par Maritain, il prit part à la Résistance et entama à la fin de la guerre un long dialogue avec les intellectuels communistes. Ce penseur inclassable, longtemps tenu à l'écart, participa cependant à tous les grands débats italiens de l'après-guerre. Il est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands philosophes italiens contemporains et un interprète essentiel de l'histoire du XXe siècle.
Résumé : En manque d'inspiration, un écrivain se rend au Japon, dans l'archipel Yaeyama. Sur la plage d'une petite île, il croise matin et soir une femme mystérieuse qui contemple inlassablement la mer. Peu à peu, l'écrivain découvre l'histoire de Mayumi et de son fils Yukio, un étrange petit garçon qui préférait le monde de la mer à celui des hommes...
Del Noce Augusto ; Carraud Christophe ; Clément Ar
Résumé : Sous le titre d'Analyse de la déraison, le choix des quelque 71 textes de ce volume, rédigés de 1945 à la fin des "? Trente Glorieuses ? ", entend rendre justice à une oeuvre décisive de philosophie politique. Loin de s'en tenir à la publication d'ouvrages philosophiques d'importance, Augusto Del Noce n'a cessé de prendre part aux débats de son temps, afin de discerner de quel fond et de quelle histoire idéologiques provenaient les choix progressifs de la société contemporaine, et quelles pouvaient en être les conséquences. L'analyse de la ressemblance et parfois de la concomitance entre le fascisme et un certain antifascisme, la définition du totalitarisme aux multiples visages, souvent inattendus, la description des conséquences auxquelles mène une "? société permissive ? " (point sur lequel Del Noce se trouve d'accord avec un esprit qui pourrait sembler au regard français son adversaire le plus diamétralement opposé, Pasolini), la généalogie des étranges alliances ayant permis l'émergence progressive de cette société (de Sade au surréalisme et au marxisme, dans le dépassement-accomplissement que leur donne à chacun, paradoxalement, la société bourgeoise par sa propre expansion - ce que Del Noce comme Pasolini appellent le totalitarisme de la dissolution), voilà autant de points sur lesquels la lecture de Del Noce est éclairante et décisive pour notre temps. Pour aider le lecteur à le mesurer, il a donc paru utile de lui proposer, sous la guise d'articles de presse, un parcours dans la pensée de l'auteur ? : études serrées de généalogie historico-philosophique (ainsi à propos du surréalisme, de la "? révolution sexuelle ? " ou du "? nouveau totalitarisme ? "), réflexions sur l'actualité (le "? colonialisme à l'envers ? ", le terrorisme), monographie sur un concept central, l'autorité, et les raisons de sa mécompréhension contemporaine, engagements argumentés sur une question, celle du divorce, qui est loin de se réduire à la problématique spécifiquement italienne dans un pays concordataire, mais qui révèle en acte, pour ainsi dire, les questions de rationalité ou de manquement à la rationalité que nos sociétés contemporaines font paraître, par l'intermédiaire d'un auteur cherchant à fonder la modernité en renvoyant dos à dos "? pensée réactionnaire ? " et "? progressisme ? ". L'oeuvre que poursuivait Del Noce est bien celle, aussi problématique que féconde, que Massimo Borghesi, en 2011, appelait "? la légitimation critique de la modernité? ".
Il croit avoir dispensé aux fils une éducation ferme et juste, ne tolérant ni la mollesse, ni la lâcheté, ces défauts impardonnables chez un homme. Il conçoit une fierté secrète à avoir élevé seul ces deux gars. Peut-il pour autant être assuré de leur dévotion, de leur fidélité, de leur ambition ? Désormais que les fils sont adultes, peut-il se féliciter d'être parvenu à leur transmettre autre chose qu'une propriété : cette conviction, cette foi en la terre ?"Notes Biographiques : Né en 1981 à Toulouse, Jean-Baptiste Del Amo a reçu en 2009 le prix Goncourt du premier roman pour Une éducation libertine (Gallimard), et le prix du livre Inter 2017 pour Règne animal (Gallimard).
La science manipule les choses et renonce à les habiter. Elle s'en donne des modèles internes et, opérant sur ces indices ou variables les transformations permises par leur définition, ne se confronte que de loin en loin avec le monde actuel. Elle est, elle a toujours été, cette pensée admirablement active, ingénieuse, désinvolte, ce parti pris de traiter tout être comme «objet en général», c'est-à-dire à la fois comme s'il ne nous était rien et se trouvait cependant prédestiné à nos artifices.Mais la science classique gardait le sentiment de l'opacité du monde, c'est lui qu'elle entendait rejoindre par ses constructions, voilà pourquoi elle se croyait obligée de chercher pour ses opérations un fondement transcendant ou transcendantal. Il y a aujourd'hui - non dans la science, mais dans une philosophie des sciences assez répandue - ceci de tout nouveau que la pratique constructive se prend et se donne pour autonome, et que la pensée se réduit délibérément à l'ensemble des techniques de prise ou de captation qu'elle invente. Penser, c'est essayer, opérer, transformer, sous la seule réserve d'un contrôle expérimental où n'interviennent que des phénomènes hautement «travaillés», et que nos appareils produisent plutôt qu'ils ne les enregistrent. De là toutes sortes de tentatives vagabondes. Jamais comme aujourd'hui la science n'a été sensible aux modes intellectuelles. Quand un modèle a réussi dans un ordre de problèmes, elle l'essaie partout. Notre embryologie, notre biologie sont à présent toutes pleines de gradients dont on ne voit pas au juste comment ils se distinguent de ce que les classiques appelaient ordre ou totalité, mais la question n'est pas posée, ne doit pas l'être. Le gradient est un filet qu'on jette à la mer sans savoir ce qu'il ramènera. Ou encore, c'est le maigre rameau sur lequel se feront des cristallisations imprévisibles. Cette liberté d'opération est certainement en passe de surmonter beaucoup de dilemmes vains, pourvu que de temps à autre on fasse le point, qu'on se demande pourquoi l'outil fonctionne ici, échoue ailleurs, bref que cette science fluente se comprenne elle-même, qu'elle se voie comme construction sur la base d'un monde brut ou existant et ne revendique pas pour des opérations aveugles la valeur constituante que les «concepts de la nature» pouvaient avoir dans une philosophie idéaliste.
Résumé : La notion de l'autorité a été écrit en 1942, peu avant l'Esquisse d'une phénoménologie du droit, avec lequel il entretient d'étroits rapports. "Chose curieuse, le problème et la notion de l'autorité ont été très peu étudiés" , note Kojève en ouverture de ce qu'il appelle lui-même un "exposé sommaire" . "L'essence même de ce phénomène a rarement attiré l'attention". Soixante ans après le constat garde sa validité, en dépit de quelques contributions notables. C'est ce qui fait le prix de cet essai d'élucidation philosophique. Kojève procède à la décomposition du phénomène, en dégageant quatre types purs d'autorité humaine qu'il met chacun en correspondance avec une théorie : le Père (la scolastique), le Maître (Hegel), le Chef (Aristote), le Juge (Platon). Les formes concrètes de l'autorité représentent des combinaisons de ces types purs. Loin des circonstances qui ont présidé à son élaboration, et que François Terré rappelle dans sa présentation, ce petit livre arrive à point nommé dans le débat d'aujourd'hui autour de la disparition de l'autorité dont la nature reste toujours aussi énigmatique.
Résumé : Emmanuel Levinas a renouvelé en profondeur la philosophie, qu'il s'agisse de la définition de la subjectivité par la responsabilité, des implications politiques de cette conception du sujet ou de son insistance sur la corporéité, pensée comme vulnérabilité ou associée à une phénoménologie du "vivre de" et des nourritures. Dans un séminaire qui s'adressait à des étudiants en philosophie et à des soignants, Corine Pelluchon donne les clefs pour comprendre cette oeuvre exigeante et communique une expérience de pensée liée à la manière dont la réflexion et le style de Levinas l'ont bouleversée. Elle montre en quel sens il a inspiré ses propres travaux, qui prolongent et parfois discutent ses thèses, soulignant aussi l'actualité de Levinas, y compris lorsqu'on s'intéresse à des sujets sur lesquels il ne s'est pas exprimé, comme la médecine, l'écologie et le rapport aux animaux.
Lorsque ces Réflexions sur la peine capitale sont parues, en 1957, la guillotine fonctionnait encore en France, pour les crimes de droit commun, et plus souvent encore pour ceux liés à la guerre d'Algérie. Quand ce livre a été mis à jour pour la dernière fois, en 1979, presque vingt ans après la mort d'Albert Camus, la peine de mort était encore en vigueur en France. Moins de deux ans plus tard, Robert Badinter, nommé garde des Sceaux, fit voter l'abolition par le Parlement le 9 octobre 1981. Pour autant, le débat ne s'est pas interrompu. Il s'est déplacé et il s'est élargi, en devenant international. Si l'abolition a prévalu en Europe et gagné du terrain partout dans le monde, la peine de mort est encore appliquée dans de nombreux pays, parfois à grande échelle. Il nous a paru intéressant d'apporter au débat ces Réflexions d'Arthur Koestler et d'Albert Camus qui n'étaient plus disponibles.