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Mihubi
Degueurce Valentin
UNES
15,00 €
Épuisé
EAN :9782877042390
Deux paysages peuplent ce livre, un bord de mer, ses vagues, sa plage, ses nuits, et Mihubi, une montagne où s'accrochent quelques maisons, des sentiers et des torrents, des murs effondrés, des moutons. Tout semble cerné de brumes, d'obscurité, et une voix nous parle à travers l'épaisseur d'un rêve. Rêve murmuré par une langue souple, qui passe entre les vagues, les buissons, les racines, les bêtes. Une langue qui tisse ses motifs, avance en glissant doucement, langue-barque en dérive circulaire qui fend la forêt, de bivouac en bivouac, vers de vieilles pierres, de vieux sanctuaires de rois. Quelle fantasmagorie traversons-nous dans ces pages ? Un royaume d'anciens échos qui bruissent autour de la maison vide ? Ou bien de simples entrelacements de branches, de simples souvenirs autour du feu ? C'est le livre du bois, des formes hantées du bois, fantômes revenus dans le ressac, mais de quel naufrage ? D'étranges êtres habitent le bord des vagues, remontant le bois dans leurs filets, sa face blanche, c'est-à-dire son visage. Bruits d'animaux dans la nuit, les chiens rôdent, le bois encercle la maison. Il y a là une matière de conte, de peste, de vent, de nuit et de magie. Une histoire soufflée entre les arbres. Mais un conte sans héros, fait de gestes simples, de silhouettes réunies pour la veillée. Pas de sorcières, juste des amitiés, des rencontres, et le vent qui transporte l'imagination. Tout fait conte, tout est magie, tout est bruissement d'enfance, de vieilles histoires, de vieux craquements ; Mihubi défie la pesanteur des pierres. Dans ce premier livre, Valentin Degueurce fait "rêver seul" , à travers la fièvre, des bêtes et des hommes réunis sur une bordure de mer ou dans un lieu isolé, sec, retiré. Il fait rêver ces silhouettes folles du bois et du refuge de montagne. Comme si pour soulever le réel le plus nu, le plus ordinaire, Degueurce buvait un philtre et enfilait les gants de la magie, le temps d'une excursion sur les pentes arides, le temps d'un départ. Etranges mains gantées du poème qui tissent un monde entre les mondes, un onirisme glissé entre la nuit et la présence nette des choses. Il n'y a qu'une réalité semble-t-il nous dire, et comment l'inventer ?
Résumé : En 43 avant J.-C., neuf années après l'achèvement de la conquête de la Gaule par César, la ville romaine de Lugdunum est fondée au confluent du Rhône et de la Saône. Elle sera durant plusieurs siècles la " métropole des Gaules ", capitale de province, siège d'un des grands sanctuaires du monde romain et plaque tournante du commerce entre la Méditerranée et le nord de l'Empire. Depuis le 16e siècle, des centaines d'objets, issus d'abord de découvertes fortuites, puis de fouilles archéologiques, ont été mis au jour à Lyon. Ils sont pour la plupart rassemblés au Musée gallo-romain construit en 1975 par l'architecte Bernard Zehrfuss. A travers 105 pièces commentées et illustrées, cet ouvrage invite à un parcours thématique dans les collections du musée. Pour découvrir le passé lointain de Lyon, l'histoire de la ville romaine, ses multiples activités, mais aussi le cadre de vie de ses habitants, leurs loisirs et leurs croyances.
Les univers de Valentin Degueurce naissent de détails, d'éléments simples qui sont autant de points d'ancrage de la réalité sur le rêve. Une chambre, un morceau de plexi, une flaque d'eau en bas de l'immeuble, qui à force de boucles, de reprises, deviennent des ouvertures, des points de passage entre la réalité et la fantasmagorie. 7 h du matin, 5 cm d'eau, 1 poème : talismans qui ouvrent "un trou vers la ville" , qui transforment quelques centimètres d'eau en un naufrage de ville, une atlantide peuplée de fantômes, de reflets, de vents tournoyants, d'animaux à demi immergés dans les faux reflets de l'eau chimérique. On ouvre des portes sur une nuit de tempête, on descend degré par degré dans une eau de plus en plus sale, commence une dérive hallucinée de pluie, une longue glissade éberluée dans une double ville qui serait Marseille et la Marseille submergée par le poème, inondée de répétitions, de cascades de mots, d'adjectifs accumulés pour colmater la stupéfaction de l'eau. Degueurce, au centre de mondes incertains, plante des mots dans l'eau comme des balises, il cherche un passage, un gué, dans une spirale, mais pour traverser quoi, pour franchir quelle limite ? Le poème suit la ligne des plages où la solitude multipliée des êtres disparaît dans la lumière, on passe par les tours d'habitation du Pharo et la plage des Catalans, dans une démultiplication des rêves et des métamorphoses qui s'étirent de la cage d'escalier à la mer. Avant le retour au refuge d'une bibliothèque hachée on l'on peut passer entre les mondes, toucher les périphéries, échapper à cette forme d'assignation qui nous cloue au réel, sortir de la cage de la pluie comme les oiseaux, transgresser seul la limite des grillages, suivre les traces d'une chimère évanescente et rentrer après les déluges rapporter "sa part réelle" . Avec le souvenir des villes perdues comme l'eau doucement vient battre au pied du lit, emportant dans son sommeil le mystère des frontières et des déluges. Les jours tournent dans le vent. A-t-on rêvé ? A-t-on fini par jeter un seau d'eau croupie dans la nuit ?
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Depuis les temps immémoriaux des dissections sacrées, savants et artistes se sont penchés sur le corps ouvert de l'animal pour comprendre les ressorts cachés de la nature. De l'Antiquité, avec Galien, jusqu'à Buffon au XVIIIe siècle, l'anatomie a fait la conquête du corps animal, ouvrant la voie à la science moderne. Des artistes tels que Titien ou Léonard de Vinci ont illustré ces découvertes par des gravures et des dessins. Les enjeux propres à l'art se sont épanouis dans l'observation fascinante des Beautés intérieures : la justesse de la représentation animale a fait l'objet, jusqu'au XIXe siècle, d'admirables études anatomiques, comme celles de Delacroix ou de Géricault. Et l'essor des arts appliqués a fourni à l'anatomie des moyens ingénieux de reproduction en trois dimensions. Bien loin des défis de la science, les artistes de notre époque entendent encore la leçon magistrale de Rembrandt dans son célèbre Boeuf écorché, et participent à sa profonde compassion pour la condition mortelle que partagent l'homme et la bête. Une longue lignée d'artistes ont choisi cette oeuvre comme emblème des souffrances de notre temps et ce livre nous invite à partager leur méditation : Chaïm Soutine, Jean Fautrier, Marc Chagall, Francis Bacon, Lovis Corinth, Philippe Cognée, Anne Ferrer, Mona Hatoum et Damien Hirst.
Patiente figure entre l'orgue et l'oranger. Quand ils s'étranglent, chaîne et trame, le fil de la lumière et le fil de la mort tissent l'espace éblouissant.
Ecoute, mère, me revoici. Je suis dans le narthex où ce jour-là on avait déposé le grand corps de mon aïeul. Les pleurs je les entends encore. Me revoici. Jamais je n'étais parti. M'éloigner ne fut qu'une manière de rester pour toujours.
Bataille de fourmis - pur exercice du plaisir de regarder la face vivante de la terre où chaque grain de terre est une raison de vivre. Il y a un incendie dans l'eau, il y a un regard qui illumine la pierre suspendue et les noces inachevées, et l'arbre de la nuit couvre l'arbre du jour. Qui verra d'autres yeux, qui entendra la nuit ? La solitude mortelle du même et non identique. Parce qu'un seul meurt en chacun de nous.
D'intransmissibles mots de passe pour un espace inconnu, vibrant, habité. Il contemplait le monde, il figurait le monde, il raturait le monde, il annulait le monde, c'était un peintre, l'initateur de cette magie effacé derrière la signature qu'il laisse et dont l'initiale ressemble à la croix de l'analphabète, celui-là justement qui n'a pas la parole mais dont le regard défie nos certitudes.