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Palmyre. Métropole caravanière
Degeorge Gérard
ACTES SUD
18,00 €
Épuisé
EAN :9782743304089
L'arrivée à Palmyre réserva aux premiers explorateurs intrépides qui la visitèrent, à la fin du XVIIe siècle, un accueil saisissant : tous témoignent, dans leurs écrits, de l'étrangeté de ces ruines solennelles, surgies au milieu d'un désert hostile. Peu de sites offrent une image aussi énigmatique que Palmyre, alimentée par la rareté des sources historiques, les légendes qui entourent ses origines (n'aurait-elle pas été fondée, selon une croyance ancestrale - non confirmée par l'archéologie -, par le roi Salomon, fils de David ?) et, surtout, par son caractère inclassable dans les typologies traditionnelles. Gérard Degeorge rend compte de la fascination exercée par ces pierres, et retrace l'histoire chaotique d'une cité qui demeure, encore aujourd'hui, largement méconnue : comment, d'une petite communauté de tribus peu à peu sédentarisées dans cette oasis du désert de Syrie, Palmyre s'éleva, à la faveur de sa situation de carrefour stratégique, au rang de puissance commerciale de premier ordre, exerçant le monopole sur les routes caravanières entre l'Inde et l'Occident. Choyé par l'Empire romain qui prisait cette richesse, jamais pourtant ce peuple aux origines mêlées ne se soumit totalement. Sous la conduite de la mythique reine Zénobie, " la plus noble des femmes de l'Orient et la plus belle ", impératrice autoproclamée qui régna sur toute l'Asie mineure, il se posa en rival d'Aurélien, empereur à Rome. Les ruines de cet empire, l'auteur, tel un déchiffreur d'énigmes, s'est patiemment attaché à les comprendre, à la lumière des découvertes archéologiques les plus récentes. Il décrit comment l'architecture porte les traces de l'histoire mouvementée de la ville : à la bigarrure d'une population d'origines araméenne, arabe ou iranienne, mais qui subit profondément l'influence gréco-romaine, fait écho un art mélangé, inclassable. La superposition des styles dans le temple du dieu Bel, le contraste entre le faste de l'Agora, du théâtre et des bains de la ville aux prétentions impériales, et le mystérieux visage des statues funéraires, aux yeux grands ouverts... Dans la préface, Paul Veyne nous transporte au c?ur de l'étrangeté palmyrénienne. Il détaille les multiples composantes qui s'y amalgament : l'antique fonds tribal araméen, qui restera vivace jusqu'à la conquête islamique ; la présence nomadique des " Arabes " ; et en même temps la fierté de participer à la modernité grecque, le sentiment patriotique à l'égard de l'Empire : Odainath défendit Rome contre l'ennemi héréditaire d'Iran (260 après J-C), avant que Zénobie, loin de se révolter contre elle, n'échoue à s'en rendre maîtresse (274). Ainsi se dessine le " territoire de l'historien " : scruter les spécificités de l'époque et du lieu, en dégager la mentalité propre, et corriger avec toujours plus de finesse et de rigueur les assimilations hâtives des jugements anachroniques. Mais, en vertu même de ce décalage, éclairer d'une lumière autre les questions de notre temps - tradition et modernité, urbanité et ruralité, nation et empire, religion et tolérance...
Moins fréquentés par les touristes que ceux de Khajurao, de Bubaneshwar ou de Konarak, les temples Hoysala du Karnataka, au sud de l'Inde, sont remarquables par l'exceptionnelle finesse de leurs bas-reliefs qui illustrent les récits du Ramayana et du Mahabharata. Parmi une centaine de temples, ceux de Belur, Halebid et Somnathpur, bientôt classés au patrimoine de l'Unesco, sont les plus célèbres.
Édifiée par le sixième calife omeyyade, le conquérant al-Walid (705-715), pour la plus grande gloire de l?islam, de la dynastie et de sa personne, sur l?emplacement d?un ancien temple païen d?Hadad-Jupiter devenu église depuis Théodose, la grande mosquée de Damas fut d?emblée considérée comme l?une des merveilles du monde, surpassant en beauté et en majesté toutes les créations du calife et de son père, ?Abd al-Malik, à Jérusalem (Dôme du Rocher, mosquée al-Aqsa) ou à Médine. Géographes, historiens, voyageurs: al-Idrisi, Benjamin de Tudèle, Ibn Battuta, Ibn Khaldun, rivalisèrent de superlatifs pour en louer le caractère unique; jusqu?à cet ambassadeur de Byzance qui, selon la chronique, tomba évanoui en découvrant l?intérieur de la salle de prière! Cette universelle admiration tient d?abord à l?ampleur de ses dimensions et à l?audace de sa conception architecturale, tranchant avec celle des mosquées précédentes pour mieux rivaliser avec les plus fameuses églises de la Syrie. L?immense salle de prière, désormais séparée de la cour par une façade monumentale, adopte le plan basilical d?inspiration antique et se développe de part et d?autre d?un ?transept? médian, déployant ses colonnes de marbre à chapiteaux corinthiens, reliées par des arcs outrepassés selon la tradition byzantine. La coupole à tambour octogonal, les trois minarets, la cour pavée de marbre blanc, entourée de piliers et de colonnes alternées, les portes ouvragées, la Maison de l?argent (Bayt al-Mal), de structure octogonale, elle aussi, et construite selon la techniquebyzantine: tout porte la marque d?un grandiose dessein. Mais la merveille des merveilles, ce sont les mosaïques. En grande partie détruites par l?incendie de 1893, elles ornaient originairement les murs de la salle de prière et des vestibules, les murs de fond des portiques ainsi que tous les piliers. Un grand panneau, redécouvert en 1927 sur le mur du portique ouest et restauré depuis, est à lui seul unchef-d?oeuvre artistique absolu. La richesse chromatique, incluant une gamme de quarantetons:douze verts, neuf bleus, cinq violets, plusieurs tons d?or et d?argent, est accentuée par les incrustations de nacre illustrant la lumière, symbolique, des lampes omniprésentes dans le décor. L?univers entier est représenté en ce lieu qui s?affirme le centre du monde: la luxuriance d?une nature souvent qualifiée de ?paradisiaque?; la théâtralité des architectures de villes et de palais qui rappellent les plus glorieuses créations de Rome et de Byzance, à Pompéi, à Boscoreale, à Sainte-Marie-Majeure, à Saint-Georges de Salonique, au Grand Palais des empereurs de Constantinople.Livre de splendeurs, d?érudition aussi. L?auteur relate en détail, citant chacune des sources, la lente redécouverte par l?Occident d?un lieu dont il était exclu et dont il refusa longtemps, jusqu?au milieu du siècle dernier, d?attribuer la création à l?islam, prétendant que la mosquée n?était rien d?autre que l?ancienne basilique chrétienne. Ainsi, le livre participe-t-il de l?incessant mouvement de reconstruction et de restauration qui, au fil des siècles et de leurs catastrophes, séismes et incendies, rétablit dans sa gloire l?unique, la sans pareille mosquée des Omeyyades.
Du village néolithique à la métropole contemporaine, l'histoire de Damas se déploie sans solution de continuité sur près de dix millénaires. Au faîte de sa gloire à l'époque umayyade, elle régnait alors sans partage de l'Atlantique à l'Indus et du Caucase à l'océan Indien. Intégrée en 1516 aux possessions ottomanes après la victoire que Sélim Ier remporta à Marj Dabiq sur les Mamluks, elle s'engagea dès lors sur la voie d'un irréversible déclin que l'ingérence européenne, par échelles, capitulations et missions interposées allait sensiblement aggraver. A l'issue de la première guerre mondiale, la Syrie, cette terre qui lui était consubstantielle - ne porte-t-elle pas en arabe le nom de Bilad al-Sham, "pays de Damas" ? - fut dépecée, le nord allant à la Turquie, l'est à l'Irak, l'ouest au lobby maronite, le sud-est aux Hashémites, le sud-ouest à la colonisation sioniste. Mal préparée à une vie politique autonome par vingt-cinq années d'un mandat français imposé et maintenu par la force en dépit des promesses antérieures d'indépendance, elle fut le théâtre, dès 1949, de pronunciamientos à répétition. Depuis 1948, elle vit sous menace israélienne, depuis 1963, sous état d'urgence, depuis 1970 sous la férule machiavélique d'Hafiz al-Asad. Aujourd'hui, celle qui était universellement célébrée comme la "perle de l'Orient", comme l'image même du paradis, qui avait ébloui sans mesure les voyageurs européens, court à la ruine, ses vergers, ses jardins et ses eaux courantes emportés chaque jour par une urbanisation anarchique, ses quartiers historiques abandonnés sans soin aux morsures du temps, son patrimoine monumental abâtardi par d'ineptes restaurations.
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d?amour et le lendemain? Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse? Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l?homme qu?elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l?enquêtrice de la vie d?une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C?est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l?amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l?existence.
Biographie de l'auteur Née en 1962, Yoko Ogawa a obtenu en 1988 le prix Kaien pour son premier roman, puis le prestigieux prix Akutagawa en 1991. Son oeuvre, traduite dans le monde entier, est publiée en France par Actes Sud.
Salomon Thierry ; Jedliczka Marc ; Marignac Yves ;
Depuis toujours l'énergie sous-tend et structure l'histoire des sociétés humaines et celle des individus. Ceci est d'autant plus vrai aujourd'hui, dans nos sociétés mécanisées, industrielles, consommatrices de loisirs et de temps. Se chauffer, s?éclairer, se déplacer, faire fonctionner tous les appareils qui nous entourent: l'énergie est au c?ur de nos vies. Nous vivons encore l?illusion d?un monde aux ressources infinies. Pourtant, la fin prévisible des réserves disponibles, les bouleversements climatiques de jour en jour confirmés et Deep Water Horizon, Tchernobyl ou encore Fukushima, sont autant de signaux d?alerte, qui ne laissent plus la place au doute, quant à la nécessité de changer notre manière d?appréhender l?énergie aujourd?hui. En 2003, vingt-quatre ingénieurs engagés dans la recherche d?un avenir énergétique durable réalisaient le Scénario Négawatt, certainement la proposition la plus aboutie pour repenser la politique énergétique de la France. Ce travail repose sur une méthodologie rigoureuse constituée de trois piliers fondamentaux: la sobriété énergétique, l?efficacité énergétique, et le recours aux énergies renouvelables. Cette grille de lecture simple et efficace permet de repenser intégralement notre rapport à la consommation énergétique et d?envisager un futur positif, constitué d?énergies propres, où la société revoit tout à la fois sa manière de consommer et celle de produire l?énergie dont elle a besoin. A l?horizon 2050 ce scénario, qui a déjà été actualisé une première fois en 2006, prévoit de se passer totalement du nucléaire, de réduire la dépendance aux énergies fossiles, de développer les énergies renouvelables et de réduire considérablement les dépenses. Cet ouvrage présente, dans une approche pédagogique et intelligible par tous, la toute dernière actualisation de ce scénario. Un guide à la fois théorique et pratique destiné à tous ceux qui, par un changement de leur rapport à l?énergie, souhaitent contribuer à la préservation et au partage équitable des ressources naturelles. Ce « manifeste négaWatt » est aussi et surtout un appel à oser résister aux conformismes et aux habitudes, à s?engager, avec volonté et lucidité, vers un autre paysage énergétique.
L'agriculture biologique comme mode de production agricolereste peu ou mal connue des citoyens et fait toujours l'objet denombreuses approximations, tantôt positives, tantôt négatives.Chacun interprète le sujet à travers ses présupposés, sonenthousiasme ou ses réticences. C'est ainsi que se succèdentles affirmations encourageantes sur les bénéficesenvironnementaux ou sanitaires de la bio et les inquiétudes surses rendements plus faibles ou ses difficultés techniques.Passéistes pour les uns, pionniers pour les autres, lesagriculteurs biologiques sont sujets du débat, mais rarementconvoqués à la barre. L'ouvrage de Jacques Caplat combleainsi une lacune. A partir d'une connaissance intime de laréalité de l'agriculture biologique en tant que fils d'agriculteur,ancien conseiller agricole de terrain puis chargé de sondéveloppement à l'échelle nationale et européenne, JacquesCaplat explique les fondements et les pratiques concrètes del'agriculture biologique telle qu'elle a été définie et telle qu'elleest mise en oeuvre dans les champs. Il relate l'expérienced'hommes et de femmes, notamment dans les pays du Sud,pour qui la bio est une innovation stimulante et un espoir àlong terme. Clair et pédagogique, l'ouvrage s'adresse à toutconsommateur, curieux des enjeux réels autour du contenu deson assiette, comme à tout citoyen, soucieux de pouvoir sepositionner sur des débats de fond comme celui des OGM, del'adaptation de l'agriculture biologique aux réalités desterritoires en France et dans le monde, ou encore desproblématiques sanitaires associées à l'alimentation... Il donneainsi une vision transversale et globale de l'agriculturebiologique en reliant des sujets souvent considérés jusqu'àprésent de manière isolée et partielle.