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Le bonjour de Christopher Graham
Decourt Guillaume
AETHALIDES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782491517373
Qui est Christopher Graham ? Pour le savoir, il faudra, entre autres, participer au barbecue organisé par un directeur de prison haute sécurité, dans le voisinage d’un vétéran du Vietnam surveillant sa boîte aux lettres avec un fusil d’assaut ; flâner à Harvard et contempler longuement "La Comtesse noire" ; ou encore, à Provincetown, s'immerger dans le milieu LGBT. D’ouest en est, des histoires se répondent. 37 poèmes de formes fixes, en voie de disparition, pour évoquer paradoxalement les USA dans toute leur contemporanéité. Les clichés associés à "l'American way of life" sont passés dans la camisole du pastiche, de la dérision tout autant que du dramatique et du tragique. Le "voyage" y est mis en doute en ce qu’il peut relever de l’illusion à l’ère de la mondialisation. Si tout est "vrai" dans ce livre de poèmes, Guillaume Decourt nous rappelle, dans le même temps, que rien n’est plus fictif que la vie d’un homme.
Résumé : "La tour Eiffel scintille chaque nuit / je porte mes bottes de Tasmanie", écrit Guillaume Decourt dans ce détonnant recueil irrigué d'images ramenées du monde entier, telles des légendes. Après une enfance passée entre Israël, l'Allemagne, la Belgique et le Massif central, le poète a vécu à Mayotte, en Grèce, et même en Nouvelle-Calédonie. De ses voyages et de bien d'autres horizons réels ou inventés, il puise un matériau singulier, à la puissante force évocatoire, distillé dans les instantanés que sont ces soixante-dix dizains à la précision millimétrée. Percutant et concret, chaque poème peut se lire comme une énigme et une micro-scène en forme de patchwork. La voix du poète pose sa douce et drôle mélancolie dans un kaléidoscope de paysages vivants et immémoriaux, peuplés de personnages charismatiques et d'oiseaux exotiques. Cheminant dans la sophistication décalée de cette géographie intérieure, on croise le fantôme d'une femme aimée, l'enfant qu'ils n'ont pas eu, des rêves d'héroïsme et de bravoure masculine dépassée par l'épreuve des années, un rien blasée. "Quelqu'un me manque, je ne sais pas qui" - "ce soir je suis presque heureux de ma vie", constate celui dont la rime et la rythmique penchent souvent du côté de l'espièglerie et de l'autodérision. Tant que subsistent quelque part "un ciel très bleu et des citrons très jaunes", l'écriture est avant tout, avec Guillaume Decourt, un art de la gaité.
CHEMISE HAWAÏENNE Je suis quelqu'un d'autre lorsque je porte ma chemise hawaïenne. Quelqu'un de réfléchi, qui prend de la hauteur, quoi qu'il advienne. On pourrait me dire que les troupes russes ont envahi la capitale, cela ne me ferait rien. Je laisse s'ouvrir sur ma toison pectorale de superbes fleurs exotiques. Je me sens bien. Ma chemise hawaïenne et moi, nous ne faisons pas de politique."
Je reçois des messages de Paris. Un homme a peur que je disparaisse avec l'argent. Il me menace. Il me traite de voleur. Je n'ai rien à répondre à ses accusations. 15 °C. Vent faible. Nous découpons la galette des Rois.
2017. Vincent, quadragénaire parisien en instance de divorce, dirige une agence de communication digitale. Marqué par le départ de sa femme, dépassé par les évolutions sociétales, il perd lentement ses repères. La dépression l'isole. A la fois connecté et déphasé, nostalgique et révolté, il est la proie d'un cynique orgueilâ- celui qui pousse aux pires initiatives. Presque trente ans après l'état des lieux dressé par Michel Houellebecq dans "Extension du domaine de la lutte", Frédéric Bécourt dépeint avec lucidité l'essor effréné de la doctrine libérale moderne et l'aggravation de ses effetsA : la raréfaction des relations humaines, l'individualisme roi et la perte de sens n'ont jamais été autant d'actualité. "Attrition" est le roman de la déconnexion, l'histoire de la démission d'un employé de "la start-up nation" et de son retour à l'authenticité, au sacré et à la tradition. Avec ce premier roman, Frédéric Bécourt détonne et rejoint la vague montante des romanciers antimodernes.
A 80 km de Monterey, on aborde la côte la plus sauvage de la Californie : Big Sur, où a vécu Henry Miller. Une destination qui est moins un lieu que l'état d'esprit contemplatif avec lequel le poète saisit la beauté du voyage auquel il nous convie, en 44 poèmes qui sont autant d'étapes inattendues : on y croise un violoniste tsigane à l'Hôtel Astoria de Budapest ; des bisons sauvages dans la forêt de Biaoeowieza ; une professeur de fitness à Boston ; des faussaires à Los Angeles ; une boulangère juive millionnaire à Prague ; ou encore un révérend concupiscent à Glasgow. Chaque poème a ici fonction de "certificat d'existence" , à la manière des calendriers d'hiver des Indiens des Plaines où étaient consignés les événements d'une année. Guillaume Decourt, né en 1985, a publié dix ouvrages et collabore à de nombreuses revues. Ses poèmes ont été traduits en une dizaine de langues. Il donne des lectures dans des festivals en France et à l'étranger. Il partage son temps entre Paris et Athènes.
Que philosopher, c'est t'apprendre à mourir." Si Nietzsche se proposait de "philosopher avec un marteau", ces Vingt Leçons de philosophie par le meurtre enseignent comment le faire avec une hache, un lacet de chaussure, des champignons ou une boule de pétanque. Autant de meurtres, autant de leçons buissonnières où l'on croise Descartes à sa fenêtre, Heidegger tuant le temps dans une gare, Wittgenstein en pèlerin à Lourdes, et Aristote lui-même, éberlué devant une langouste, renouvelant "l'étonnement que les choses soient ce qu'elles sont".
Pourquoi sommes-nous incapables de penser la disparition de notre civilisation, alors que nous en avons vu périr tant d'autres ? Telle est l'énigme par laquelle s'ouvre ce roman, réflexion à laquelle il répond en suivant quatre personnages, quatre manières de réagir à la fin du monde. Nous voyons tour à tour l'Italien Bartolomeo recouvrir la pleine sérénité de la solitude, la Bretonne Anouk et son fils Gabriel choisir l'étonnement que confère le voyage, l'Arménien Dikran poursuivre la douloureuse histoire de son peuple et la Japonaise Mizuki s'abandonner au rêve et au souvenir. Tout à la fois roman, poème et essai, confrontant la théorie et l'expérience, l'Histoire et le présent, l'universel et l'individuel, Nos paradis perdus est un roman-miroir qui nous révèle, par la beauté flamboyante de sa langue, combien notre humanité est intimement liée à notre capacité d'émerveillement et à notre attention à la partager.