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Fascination des images, images de la fascination
Declercq Gilles ; Spriet Stella ; Quignard Pascal
SORBONNE PSN
29,95 €
Épuisé
EAN :9782878546217
L'omniprésence de l'image dans nos sociétés contemporaines, massivement régies par les médias visuels, - photographie, cinéma, télévision, internet - a bouleversé notre culture, longtemps fondée sur le primat de l'écrit. Cette révolution renoue cependant avec les assises les plus anciennes de notre culture où l'image, prise en charge par la peinture, le théâtre et les arts oratoires, était porteuse de savoir et d'émotion esthétique. Ce pouvoir de création et de communication de l'image a fait très tôt l'objet d'un examen critique soucieux d'en dénoncer les dangers : force et forme d'attraction paroxystique, la fascination désigne assez bien ce péril et ces pièges. Platon, le premier, en instruit le procès tandis qu'Aristote s'efforce d'arrimer au logos la puissance imageante du théâtre. A l'âge classique, les Etats modernes établissent leur pouvoir par un contrôle croissant de l'image : J-M Apostolidès et L Marin ont rendu compte, pour la France, de la machinerie fascinatrice du "grand Roi", qui traverse les arts et l'imaginaire classiques. La littérature contemporaine inclut dans sa démarche réflexive cette méditation sur le pouvoir fascinant de l'image : l'oeuvre de Pascal Quignard en reprend et repense ainsi les figures paradigmatiques - Narcisse, Méduse, Médée. Examinant ce phénomène dans la peinture, la littérature et les arts du spectacle, cet ouvrage, transhistorique et pluridisciplinaire, est l'occasion d'un dialogue entre philosophes, littéraires, esthéticiens et historiens qui interrogent ici collectivement, en toute liberté critique, la fascination des images dans son ambivalence, rayonnante et aliénante.
Ce colloque s'est réuni à l'occasion du tricentenaire de la mort de Jean Racine (1699) à La Ferté-Milon (lieu de naissance de Jean Racine en 1639). Quarante-cinq interventions internationales, deux tables rondes sur la mise en scène et l'enseignement, deux représentations et un hommage scénique, environ deux cents participants ont fait de ce colloque un succès, qui a été suivi de nombreux autres colloques en France et même dans le monde (au Japon traduction et mise en scène de Phèdre). Le souhait des participants et du coordinateur est que Racine redevienne un auteur enseigné et lu et pas seulement un objet ordinaire de savoir littéraire, ceci peut-être par l'intermédiaire du jeu théâtral. Il y a certes un Racine à lire, objet de gloses savantes mais il y a aussi une oeuvre écrite pour la représentation, pour le théâtre, pour les acteurs qui font entendre la poésie du vers racinien. Biographie de l'auteur Gilles Declercq, professeur de rhétorique et dramaturgie classique, vice-président de l'Université de la Sorbonne nouvelle (Paris III), est président de la Société Jean Racine. Michèle Rosellini, agrégée de lettres classiques, enseignant-chercheur en littérature française du XVIIe siècle à l'ENS Lettres et Sciences humaines (Lyon), est secrétaire générale de la Société Jean Racine
Cet ouvrage dresse un état de la recherche sur deux questions d'histoire du théâtre qui ont été largement repensées ces dernières années : l'iconographie théâtrale et la théorie des genres dramatiques. C'est aussi le bilan critique d'un itinéraire intellectuel qui s'est inscrit dans ces deux champs : celui de Martine de Rougemont, professeur à l'Institut d'études théâtrales de la Sorbonne nouvelle, en l'honneur de qui est publié ce livre. L'histoire du théâtre doit être à la fois une histoire des représentations et une histoire des formes, et c'est sur ce double front qu'avance l'ouvrage. Histoire des représentations, d'abord. Les diverses contributions s'emploient à remplir les missions que Martine de Rougemont a fixées à l'iconographie théâtrale : découvrir ou retrouver des images de théâtre, afin de reconstituer les pans perdus de l'histoire du théâtre, dégager leur valeur documentaire - leur " vérité " théâtrale - par un va-et-vient critique entre texte et image, et surtout interpréter les causes de leur apparition à tel moment de la vie théâtrale. Histoire des formes ensuite, c'est-à-dire des " genres " dramatiques, au sens large. Il s'agit alors de faire le point sur les deux grands enjeux de la théorie des genres : sur le rapport des " modes " narratif et dramatique, et sur les critères de différenciation des genres dramatiques dans leur évolution historique. Au point de rencontre de ces deux objets d'étude se dessine une réflexion nouvelle sur la théâtralité : celle de chaque genre dramatique, celle du théâtre en général, mais également celle des autres arts du spectacle.
Ce numéro 16 de la revue Registres se compose de deux parties principales qui portent d'une part sur les rapports entre "Bande dessinée, dessins animés, spectacle vivant" et d'autre part sur la création théâtrale, plus précisément sur "Les dramaturgies du jeune public" . L'intérêt de ce numéro tient à l'actualité des questions traitées et des pièces ou spectacles abordés : quels liens le spectacle vivant entretient-il avec la bande dessinée ou le dessin animé ? Comment le théâtre jeune public se présente-t-il aujourd'hui ? Quelles tendances théâtrales se dégagent de ce dialogue des arts ?
Calle-Gruber Mireille ; Declercq Gilles ; Spriet S
Un créateur au miroirÀ regarder la photographie de Daniel Mesguich par Jean-Michel Guillaud, on serait tenté de proposer à Pierre Michon d'ajouter un chapitre à ses portraits d'écrivains et de créateurs dans Corps du roi. Par la topique savamment calculée d'une pose et d'un cadre insérant l'artiste et le penseur dans une peinture de vanités, l'image transpose d'emblée la méditation sur l'éternel éphémère qui n'a jamais cessé d'animer le travail de Daniel Mesguich. Ainsi peut-on y discerner deux objets iconiques de sa réflexion et de sa création: le livre et le miroir; le livre renvoyant à l'herméneutique, le miroir à la réflexivité - deux notions à leur tour subsumées par un concept philosophique et rhétorique - la métaphore - à partir de laquelle toute l'oeuvre s'ordonne et rayonne. Sans oublier de noter, en bas du tableau, le crâne qui fait signe vers la scène des morts, vers la tombe auprès de laquelle Hamlet médite sur les fantômes qui hantent les vivants.Avant même sa sortie du Conservatoire national supérieur d'art dramatique où il entre en 1970, Daniel Mesguich inaugure une carrière d'acteur et de metteur en scène dont l'intensité, l'inventivité et le rayonnement font de lui une figure majeure de la création théâtrale en France et au-delà. Élève de Pierre Débauche et d'Antoine Vitez, il n'a cessé de rendre hommage à ces deux maîtres, en plaçant au coeur du travail théâtral l'activité de transmission qui l'a conduit à devenir le plus jeune professeur du Conservatoire national dont il assume un second mandat de direction. À l'homme de théâtre, il faut encore adjoindre les activités de traducteur, d'essayiste, d'auteur, d'acteur de cinéma et metteur en scène d'opéras. Le portrait ne serait pas complet sans mentionner l'activité essentielle de directeur de troupe et de théâtre: Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis (1986-1988), Théâtre de la (La Métaphore) à Lille (1991-1998) ni rappeler les mises en scène effectuées sur les grandes scènes nationales: Comédie-Française, Festival d'Avignon, Théâtre de Chaillot. Au titre du rayonnement international enfin, outre des créations théâtrales et opératiques (Bruxelles, Prague, Moscou, Budapest, Leipzig, Séoul, Brazzaville, Bologne, Pékin...), il faut encore mentionner l'organisation de master classes, la tenue de conférences et la participation à des colloques, notamment aux États-Unis et au Canada.Auteur de plus d'une centaine de mises en scène de théâtre et d'opéras, Daniel Mesguich s'impose peut-être d'abord par un style dont les traits spécifiques et la récurrence au fil de l'oeuvre constituent une véritable signature: bibliothèques, livres empilés ou s'enflammant, valises, miroirs, colonnes et statues mouvantes; personnages muets traversant la scène ou la hantant (fantômes), dédoublement des personnages (spectres); sur-accentuation des gestes, des postures et déplacements, concrétisation et déconstruction du quatrième mur et de l'espace théâtral. Ces signes dotent l'exploration d'oeuvres très diverses d'une singulière cohérence dont le fondement est à chercher en amont du plateau dans une réflexion continuée sur la théâtralité et la métathéâtralité, en dialogue avec la philosophie. Sous cet angle, le travail de Daniel Mesguich a bénéficié de l'observation critique et empathique de Jacques Derrida, auteur de la Postface de L'éternel éphémère, et spectateur assidu des créations présentées au Théâtre de (La Métaphore). Aussi le montage visible sur le plateau est-il le produit d'une déconstruction préalable du texte et de la langue, l'un et l'autre soumis à une herméneutique aussi serrée que ludique. La glose philologique vient ainsi éclairer une notion centrale du plateau mesguichien:Nous sommes partis du mot français [...] spectre, qui, étymologiquement, est de la même famille que spectacle. Or c'est du spectacle que nous faisons, autrement dit, tous les acteurs sont spectres. Le spectacle, c'est du spectre.
Il faut lire Hélène Cixous sur le mode de l'entente. L'entente c'est la rencontre de l'oeuvre de l'autre (écrite, peinte, dessinée) suscitant une lecture, une écoute et une mise en état de réponse qui ouvre et relance l'appel de l'oeuvre. C'est à l'éclat de ce mot - entente - que l'on mesure combien Hélène Cixous compte aujourd'hui parmi les écrivains dont l'oeuvre transforme le plus fondamentalement la pensée et la poétique de la relation entre les arts visuels et l'écriture. Cette écoute radicale des mots, des langues, des autres (écrivains, penseurs et artistes) et jusqu'à soi en tant qu'autre est en effet présente depuis les débuts de l'oeuvre foisonnante et sans cesse renouvelée d'Hélène Cixous. Or, écrire l'entente est aussi un "ouï-dire". C'est sonder l'expérience autant que la pensée de l'écriture telle qu'elle se joue dans le face-à-face toujours contemporain avec l'oeuvre de l'autre, qu'il s'agisse de collaborations récentes (Chevska, Alechinsky, Hantaï, Tuymans, Abdessemed), de dialogues en cours (Derrida, Jeannet, Wajsbrot) ou de la lecture d'oeuvres anciennes (Ovide, Dante, Rembrandt, Goya, Joyce, Mandelstam, Lispector, Celan, Genet) Examinant la notion de l'entente - et donc, avec elle, ses équivoques : la mésentente, l'accord et le dissensus, le partage et la persécution, la communauté et ses désaveux, la co-vivance, le rapport du texte à l'image et à l'oreille - cet ouvrage est l'occasion d'un dialogue entre philosophes, poètes, artistes et chercheurs, qui ouvrent ici "l'entente" à une diversité d'approches poétiques, philosophiques, historiques, politiques, voire juridiques, permettant de réfléchir sur une tension toujours à l'oeuvre dans les écrits d'Hélène Cixous.
A l'image des cas psychanalytiques de Freud, les romans de May Sinclair sont des objets déconcertants placés sous le signe du singulier, du particulier et de l'inattendu. Souvent qualifiés de textes hybrides qui se tiendraient à mi-chemin entre les écritures victoriennes et modernistes, ils offrent un contrepoint intéressant aux modèles woolfiens de représentation du féminin en accordant une importance toute particulière aux discours théoriques. Esprit curieux au parcours atypique, Sinclair est en effet aussi une essayiste prolifique, dont les nombreuses publications sur le vote féminin et la condition des femmes, les articles de psychologie et de psychanalyse, les critiques littéraires et les essais philosophiques sont en dialogue constant avec les romans. Ceux-ci ne sont jamais pour autant des romans à thèses : bien au contraire, la prose sinclairienne s'attache systématiquement à remettre en question le cadre de référence, à prolonger le questionnement ou à affiner l'analyse. Explorant la complexité des épistémologies modernistes, cet ouvrage se penche ainsi sur l'influence de la pensée par cas sur la fiction sinclairienne, qui oscille entre l'énigme, le modèle, l'abstrait et l'inconnu.
Entre le XVIIIe et le début du XXe siècles, la presse, les éditeurs et les salons parisiens lancent des auteurs russes en Europe et rehaussent leur réputation dans leur patrie. Les succès des lettres propagent l'image positive de l'Empire. Quelles stratégies politiques, éditoriales, mais aussi mondaines doivent déployer écrivains, intellectuels et diplomates russes en France afin de conquérir l'opinion publique française ? Sont analysées, plutôt que la réception des oeuvres, les manoeuvres qui contribuent à programmer une fortune littéraire, et la part respective qu'y prennent écrivains, éditeurs, traducteurs, journalistes et diplomates. En contribuant à repenser les mécanismes de la sociologie littéraire, c'est un volet inédit des relations littéraires franco-russes que l'ouvrage révèle.
Au regard de la disparité persistante entre l'Ouest et l'Est du pays en Allemagne, le domaine dit "alternatif" est un terrain d'étude privilégié pour comprendre la contre-culture depuis l'unification allemande de 1990. Celle-ci a-t-elle permis la conservation de deux héritages différents ? Comment le processus de rapprochement de mouvements anti-systémiques issus de deux systèmes politiques et sociaux différents s'est-il déroulé ? La culture alternative a-t-elle évité en son sein l'écueil de la reproduction de rapports de domination qui sont manifestement à l'oeuvre au niveau fédéral ? Issue de nombreux voyages et rencontres, cette étude se propose de chercher une réponse à ces questions à travers le milieu identifiable, stable sur une certaine durée, des " communautés alternatives " implantées en milieu rural. L'analyse s'appuie d'une part sur une attention particulière au milieu, à la langue et au contexte culturel, d'autre part sur les méthodes empruntées aux sciences sociales, en particulier à l'analyse historique des mouvements sociaux, à l'histoire orale, aux entretiens qualitatifs et à l'observation participante. Anne-Marie Pailhès est maître de conférences à l'Université Paris Nanterre, habilitée à diriger des recherches en Etudes germaniques. Elle est l'auteur de nombreuses publications sur la RDA et l'Allemagne de l'Est depuis 1990.