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Quand la vie prend le corps. Essai à deux voix
De Rus Eric ; Nègre Mireille ; Keyrouz Marie
CERF
16,00 €
Épuisé
EAN :9782204096980
Qu'est-ce qui peut justifier la rencontre entre un philosophe etune danseuse de renommée internationale? Autrement dit, enquoi le questionnement sur la destinée de l'homme et de savocation peut-il s'éclairer de manière inédite à la lumière d'untel échange? L'ouverture à cet art "incarné" qu'est la dansepermet d'aborder le sens de l'existence humaine de façonvivante. Par les perspectives étonnantes qu'il offre au lecteur,cet "essai à deux voix" s'efforce d'approcher l'homme "enmouvement", en évitant de le figer dans l'abstraction. Ainsi latentative d'une réconciliation de la pensée et de la vie entre enprofonde résonance avec la réflexion que la danseuse proposesur un parcours dédié à l'Absolu. Par le croisement de leursdémarches et dans le respect de leurs différences, les voix deMireille Nègre et d'Eric de Rus s'articulent de l'intérieur à uncentre de gravité qui fait l'unité de cet essai. Ce centre, ils lenomment "geste". Qu'il soit celui de la danseuse ou dupenseur, l'enjeu anthropologique de fond est le même. Eneffet, il s'agit, par toute son existence, de donner corps à la viequi habite au plus intime du coeur humain. En envisageantl'existence comme une création, le propos qui nous est offertatteint une dimension universelle. Créer: telle est l'essencemême de la vie, l'expérience totale par laquelle chaqueexistence humaine peut s'accomplir.
L'"art d'éduquer" constitue le point focal où viennent s'unifier la démarche philosophique, la recherche anthropologique et le parcours spirituel d'Edith Stein. En envisageant l'éducation comme cet art qui participe d'une véritable recréation de l'homme, Edith Stein nous convie, avec une audace toute prophétique, à la contempler comme un service éminent de la dignité de la personne, et à la vivre comme un geste anthropologique intégral. Une éducation attentive à l'unicité de la personne et à sa dimension communautaire, respectueuse de sa vocation naturelle et surnaturelle. Il faut savoir gré à Eric de Rus, lui-même philosophe et familier de la tradition carmélitaine, de nous ouvrir un accès à cette part souvent méconnue de l'activité et de l'oeuvre d'Edith Stein en invitant son lecteur à traverser le texte pour rejoindre la trace vive d'une expérience de l'éducation qu'on peut légitimement qualifier de mystique. Biographie de l'auteur Eric de Rusa suivi une formation universitaire en philosophie (Agrégation). Outre la publication de contributions et articles dans diverses revues et la participation à des conférences organisées par la faculté de philosophie de l'Institut catholique de Toulouse, il a travaillé ces dernières années sur Edith Stein, à laquelle il a consacré un précédent ouvrage: Intériorité de la personne et éducation chez Edith Stein, (Paris, Ed. du Cerf 2006). Professeur de philosophie pendant dix ans en lycée public, il enseigne actuellement la philosophie au centre Madeleine-Daniélou de Rueil-Malmaison tout en préparant une thèse sur la question éducative chez Edith Stein.
Edith Stein est connue en France pour ses écrits spirituels et, de manière plus restreinte, pour son ?uvre philosophique. Pourtant ses travaux dans le domaine de l'éducation méritent également d'être découverts. Philosophe et enseignante, elle s'efforça d'explorer la profondeur de l'acte d'éduquer du point de vue de sa signification et de ses enjeux individuels et communautaires. L'intérêt de sa réflexion et de sa pratique réside essentiellement dans son effort pour fonder la pédagogie sur une anthropologie. Car si l'éducation est formation de toute la personne, elle engage nécessairement une certaine vision de l'homme. Le travail de clarification anthropologique mené par Edith Stein procède d'une conscience aiguë de la dignité humaine et nous renseigne en même temps sur la nature de l'éducation comprise comme une formation de l'homme dans sa totalité. C'est pourquoi ce service de la personne prend nonseulement en compte le corps et l'esprit, mais va jusqu'à scruter attentivement la soif de sens inscrite dans l'âme de chaque individu. En d'autres termes, c'est le souci de l'intériorité de la personne qui caractérise la vision anthropologique d'Edith Stein, et vient éclairer sa conception de l'éducation. Si cette conception est tout entière habitée par sa foi dans le Christ, Edith Stein n'adopte pas pour autant une position idéologique considérant parexemple que le chrétien détiendrait le monopole del'éducation. Elle propose d'abord une parole libre qui rend raison, avec respect et conviction, d'une découverte émerveillée de la beauté de la personne et du mystère de son intériorité. C'est de ce point haut, de ce centre, qu'elle tire toutes les conséquences en matière d'éducation. A une époque où la question éducative cristallise à la fois tant de craintes et d'espérances, c'est cette parole vivanteque nous avons cherché à partager. Pour tous ceux et celles qui sont animés du même idéal, ce sillon lumineux qu'Edith Stein a tracé par toute sa vie a aujourd'hui valeur, non seulement de témoignage, mais également d'encouragement. Et, pour tous les autres, il demeure une proposition qui mérite d'être entendue, dans la mesure où elle ne peutqu'alimenter de manière féconde la réflexion dans le domaine de l'éducation.
Biographie de l'auteur Eric de Rus enseigne la philosophie au Centre Madeleine Daniélou. Ses publications concernent la pensée anthropologique et éducative d'Edith Stein ainsi que la démarche artistique et spirituelle. Il est l'auteur de deux recueils de poésie primés par l'Académie des Jeux Floraux. Elizabeth Sombart (Préface) est pianiste, présidente de la Fondation Resonnance (Suisse) dont la double mission est d'enseigner la phénoménologie du son et du geste et de porter la musique dans les lieux de souffrance (hôpitaux, prisons, etc...). Elle a réalisé de nombreux enregistrements dont, très récemment, l'intégrale des Nocturnes de Chopin.
Prêter voix. Offrir l'asile de la parole à la Présence aimante partout présente. La poésie naît d'un contact avec ce qu'il y a de plus puissant et de plus ténu à la fois: la Vie invincible dont le tintement est de fin silence. Une profusion initiale altère, suscite et interpelle. Un "je-ne-sais-quoi" de ténu blesse, fascine, émerveille et échappe infiniment. C'est cette impossibilité de saisir la Présence bien-aimée qui éveille le chant poétique et le fait parole amoureuse. Présence virginale, comparable à une mélodie secrète, dont le verbe poétique aspire à être le geste dénudé. Geste verbal de la Vie ineffable en sa pure densité de présence. D'où l'impérieuse nécessité: comment dire dans la fidélité à l'inaugural? Comment porter l'incandescent? La poésie est une folle réponse d'amour à cette Présence de feu.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.