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Spectres de Goethe. Les métamorphoses de la "littérature mondiale"
David Jérôme
AMSTERDAM
14,00 €
Épuisé
EAN :9782350960548
L'agent littéraire : En deux mots, quelle est l'histoire ? Lui : Deux personnages discutent des usages historiques de la notion de "littérature mondiale". Moi : De Goethe à Pascale Casanova. Lui : Dans les villes où cette notion a fait l'objet d'une réappropriation significative. Moi : De Weimar à New York, en passant par Istanbul, Bruxelles ou Paris. L'agent littéraire : Il me faudrait quelques mots clés. Lui : Oh ! c'est facile : il sera question des formes contemporaines de l'humanisme, des ambitions et des craintes associées à la mondialisation depuis deux siècles, à l'ambivalence critique de la catégorie même d'universalité... Moi : Et du rôle que des intellectuels ou des chercheurs ont confié à la littérature dans l'instauration d'une communauté culturelle globale. L'Agent littéraire : Quelques noms supplémentaires ? Moi : Karl Marx, Erich Auerbach, Edward Said, David Damrosch, Franco Moretti. Sans compter ceux qui ne vous diraient peut-être rien hors contexte.
Martin Bodmer a réuni une collection privée si précieuse et si cohérente d'ouvrages et de manuscrits anciens qu'il a eu le privilège rare de pouvoir la désigner par un nom latin : la Bodmeriana. Des années 1920 jusqu'à sa mort, en 1971, il a ainsi constitué une bibliothèque de plusieurs dizaines de milliers de documents qui embrassent toute l'histoire de l'écriture. Cette entreprise de longue haleine fut guidée par une philosophie de la littérature mondiale. Héritier de la "Weltliteratur" rêvée par Goethe, Bodmer a toutefois reformulé cet idéal à l'horizon des débats intellectuels du XXe siècle, des horreurs de la Seconde Guerre mondiale et de ses propres aspirations spirituelles. Bodmer associait à la littérature mondiale des promesses que seule une enquête minutieuse permet de préciser. A l'exploration de ses archives personnelles, il faut ajouter l'inscription de ses réflexions dans le contexte dense et parfois confus de l'époque. Il apparaît alors que Bodmer est sans doute le penseur le plus conséquent de la littérature mondiale depuis deux siècles.
Résumé : L'édition bilingue du roman mythique de J. D. Salinger, un chef-d'oeuvre universellement acclamé. Issu d'une famille aisée à New York, Holden Caulfield intègre le pensionnat Pencey Prep en Pennsylvanie. Renvoyé après avoir échoué dans quatre matières, il entreprend alors une aventure de délinquance innocente. Entre taxis, boîtes de jazz et rencontres au sein du New York transi de froid de l'époque McCarthy, Holden va tenter de trouver sa place. Une histoire captivante qui dresse un portrait incontournable de l'Amérique de l'après-guerre au travers de l'un des personnages les plus aimés de la littérature. Après soixante ans, L'Attrape-coeurs, premier et unique roman de J. D. Salinger conserve toute sa puissance. Objet de réflexions sur la souffrance de l'adolescence et la transition de l'enfance à l'âge adulte, le livre reste un classique incontournable pour les jeunes de tous âges.
Bodmer Martin ; David Jérôme ; Neeser Hever Cécile
Résumé : Durant près de cinquante ans, entre les années 1920 et 1970, Martin Bodmer a accompagné la constitution de sa prestigieuse collection d'une réflexion intense et ininterrompue sur la littérature mondiale. En plus des ouvrages publiés de son vivant en allemand, et de quelques articles parus dans des revues confidentielles, il existe des archives privées riches de milliers de pages manuscrites d'une valeur intellectuelle considérable. Cette anthologie présente pour la première fois, traduites en français, les pages les plus significatives de ce fonds méconnu. Bodmer a fait de sa collection une "bibliothèque de la littérature mondiale". A lire les textes réunis ici, on mesure l'importance qu'il accordait à cette idée. Dans le sillage de Goethe, la "Weltliteratur" engageait pour lui davantage qu'un geste patrimonial : une meilleure connaissance de l'humanité, un rempart contre la barbarie nazie, l'espoir d'un nouvel avenir pour l'Europe.
12 chapitres en fiches détachables pour vous mettre à niveau: les rappels du cours clairement expliqués, les savoir-faire indispensables et les idées à retenir, les mots-clés du programme. 1 fiche détachable par chapitre: l'essentiel des connaissances résumé, les questions et les thèmes qui tombent au bac, des QCM pour réviser les points-clés du chapitre. En plus: des schémas synthétiques et clairs.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.