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Les règles et les manières. Abraham Bosse et les arts du dessin
Dauvois Daniel
HERMANN
28,05 €
Épuisé
EAN :9782705692742
Abraham Bosse n'est ni le perspecteur sectaire ni le polémiste teigneux qu'une tradition continue et irréfléchie nous aura livré. Il faut bien plutôt le placer à l'origine de la théorie des arts du dessin en France. Nouée à sa pratique de la gravure, la perspective arguésienne lui permet une théorie de la représentation aussi bien qu'une pensée de la touche, c'est-à-dire d'une véritable invention manuelle. Bosse prononce d'emblée, pour la théorie de l'art, une voie originale qui anticipe par bien des aspects sur Roger de Piles et qui, pour l'essentiel, ne sera pas suivie d'effets académiques ; d'où le relatif oubli dans lequel ses leçons sont tombées. Celles-ci persistent cependant à demeurer magistrales autant qu'elles furent précoces, et nous sommes au temps où leurs conséquences sont devenues évidemment perceptibles : il faut relire Abraham Bosse.
Dauvois Daniel ; Dumouchel Daniel ; Buhot de Launa
Les Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture, publiées pour la première fois par l'abbé Jean-Baptiste Du Bos en 1719, apparaissent comme l'un des textes fondateurs de l'esthétique philosophique. Ni peintre ni dramaturge, ni curieux ou marchand d'art, ni critique d'art au sens d'une profession qui n'existe certes pas encore, leur auteur se présente comme un simple citoyen de la République des arts, face à ceux qui s'en veulent les législateurs. Cet amateurisme, qui enveloppe immédiatement de se tenir du côté des oeuvres faites et de leur réception, plutôt que d'interroger la fabrique de l'oeuvre d'art, comporte néanmoins positivement la prétention de tenir un discours philosophique sur l'effet artistique, sur la fonction de l'art, sur la force comparée des arts, sur le génie et sur le goût. Cette dimension philosophique, qui se marque moins par quelque souci de fondation métaphysique que dans le déploiement de considérations anthropologiques permettant la compréhension des arts et de leurs paradoxes, est placée ici sous l'interrogation croisée de dix spécialistes de la théorie de la peinture, de la rhétorique et de l'esthétique.
Les auteurs proposent ici un parcours qui mènera le lecteur chez Rabelais et sa culture en transit intestinal, du côté de Jeanne d'Arc et la sorcière ou auprès de Descartes lecteur de Machiavel. Il voyagera des origines de l'opéra à la comédie musicale au cinéma dans les années soixante, s'arrêtant au détour d'un vitrail ou s'interrogeant devant l'architecture postmoderne. Ce ne sont là que quelques aspects de ce livre à tiroirs dont l'ambition est de susciter la réflexion propre et qui s'adresse à ceux qu'on appelait autrefois des honnêtes hommes?
La critique d'art picturale naît précisément avec les Réflexions critiques sur l'état de la peinture en France de La Font de Saint-Yenne, parues en 1747 ; elle s'ordonne à la manifestation périodique du Salon, où les peintres de l'Académie royale viennent présenter leurs productions de l'année. Or le premier critique prétend s'autoriser de son ignorance et de son amateurisme ; il veut juger en n'étant ni peintre, ni expert, ni collectionneur, ni marchand d'art. On essaie de comprendre comment la pensée esthétique de l'abbé Dubos, professée en 1718 avec les Réflexions critiques sur la poésie et la peinture, a pu fonder ou du moins rendre possible à certains égards cette innovation radicale dans les jugements de goût que fut la critique. Dubos apparaîtra moins comme un fondement dans une histoire conceptuelle qu'au titre de boîte à outils parmi laquelle La Font ira chercher les instruments bricolés mais efficaces de sa justification. On confirmera la contingence relative de ces rapports inauguraux avec le contrepoint de Baillet de Saint-Julien, tout jeune critique apparu dans l'immédiate filiation de La Font, et qui annonce davantage les formes de l'effort critique chez un Diderot, que n'a pu faire La Font, tout tendu vers la restauration des droits du grand goût classique. La critique naît plurielle et sans paternité fondatrice, c'est un événement qui ne s'autorise principalement que de soi. Daniel Dauvois est professeur de philosophie honoraire en khâgne moderne. Il assure un séminaire de recherche sur les arts à l'âge classique, à Paris I. Il a ordonné et publié, avec D Dumouchel, un ouvrage collectif sur l'abbé Dubos, Vers l'esthétique, Hermann, 2015 ; et dirigé Les règles et les manières, Hermann, 2016, sur Abraham Bosse.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.
L'amour virtuel, un amour véritable ? Certains affirment tomber amoureux en ligne. Mais est-ce là de l'amour véritable ? L'amour, soutient-on, est désir du bien de l'autre. Il nécessite l'amour de soi, il amène à vouloir être près de l'être aimé, il exige une reconnaissance mutuelle et vise une personne concrète et autre que soi. On le décrit également comme étant inconditionnel, durable, voire incontrôlable (c'est lui qui nous contrôle), toujours pauvre et irrationnel. Que signifient et qu'impliquent ces caractéristiques ? Surtout, les retrouve-t-on toutes dans les relations d'amour virtuelles ? Plus encore, quelle vision de l'amour le virtuel pousse-t-il à adopter ?
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.