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Figures du néant et de la négation entre Orient et Occident
Dastur Françoise
ENCRE MARINE
33,00 €
Épuisé
EAN :9782350881423
Ce qui a fait naître l'émerveillement des premiers penseurs grecs, c'est qu'il y a quelque chose plutôt que rien, et c'est là ce qui a donné le coup d'envoi à cette pensée de l'être qui s'est développée de Parménide à Aristote et qui constitue le fondement de la philosophie occidentale. On trouve cependant, déjà dans la pensée grecque, une dénégation de la possibilité d'un discours sur l'être, d'abord chez Gorgias, contemporain de Socrate, puis chez le fondateur de l'école sceptique, Pyrrhon. Et à l'époque même où Parménide écrivait son poème, une pensée de la vacuité et du néant commençait à se développer en Orient dans le cadre du bouddhisme, laquelle met profondément en question la notion même d'ontologie. Or c'est précisément cette pensée du rien qui resurgit en Occident à la fin de l'âge classique, avec ce premier philosophe véritablement moderne qu'est Kant, dans son Essai sur les grandeurs négatives et cette "Table du Rien" qui, dans La Critique de la raison pure, clôt l'Analytique transcendantale. Et c'est le concept de négativité qui va former chez Hegel la matrice même de la pensée dialectique, alors que celui du néant constituera le coeur de la critique du nihilisme qu'entreprendra Nietzsche, avant de redevenir, avec le Heidegger de Qu'est-ce que la métaphysique ?, avec le Sartre de L'Etre et le néant, et avec le dernier Merleau-Ponty, auteur de ce livre inachevé qu'est Le Visible et l'Invisible, un thème fondamental de la pensée de l'apparaître. Une telle pensée du néant et de la négation traversant la frontière qui sépare l'Orient de l'Occident, il s'agira donc, en prenant comme référence majeure la pensée heideggérienne, d'en interroger les diverses figures, d'abord chez Gorgias et Pyrrhon, puis chez Nagarjuna, le plus grand penseur du bouddhisme indien (ii-iiie siècle) et chez Nishida (1870-1945), représentant fameux de l'école de Kyoto et du bouddhisme zen, avant d'en venir à l'idéalisme allemand avec Kant et Hegel, à la question du nihilisme européen avec Schopenhauer, Nietzsche et Heidegger, puis à la phénoménologie avec Husserl, Sartre, Merleau-Ponty et Maldiney.
Ce que Hölderlin cherche à montrer dans sa poésie, dans ses essais poétologiques et philosophiques, tout comme dans ses traductions de l'Oedipe-Roi et de l'Antigone de Sophocle et les Remarques qui les accompagnent, c'est la nécessité d'accomplir ce qu'il nomme le "retournement natal", qui consiste à abandonner la direction antinaturelle de la culture à ses débuts pour l'orientation vers le naturel. Alors que pour le Grec, le retournement natal s'accomplit de manière tragique et dans la mort, pour le Moderne, il a le sens d'une assomption de la finitude et de l'existence terrestre. C'est la raison pour laquelle la poésie lyrique est dans la modernité plus appropriée que la tragédie à l'exposition de ce mouvement qui reconduit l'être humain à la prise en garde de ses limites. Il ne s'agit pourtant pas, pour le poète moderne, de simplement chercher la "réconciliation" avec la nature, mais de la célébrer à travers l'épreuve de son inaccessibilité au cours de la "nuit sacrée" de la modernité dont le divin s'est absenté. Dans cette nouvelle édition s'ajoutent, aux textes des deux cours publiés en 1997, ceux de conférences ponctuelles qui furent consacrées à l'approfondissement de certains des points fondamentaux de l'interprétation qui est proposée ici de l'oeuvre de Hölderlin.
Ce cours, consacré à l'analyse de la genèse de la pensée dialectique, se propose d'en reconstituer le développement en trois étapes distinctes : celle de la lecture de Kant et de Fichte par Schelling et Hölderlin, qui s'achève en janvier 1797 ; puis celle qui réunit Hegel et Hölderlin à Francfort de 1797 à 1800, où c'est la question du rapport entre religion, philosophie et poésie qui domine ; enfin celle de la constitution de ce qui sera la matrice d'une pensée dialectique dans les derniers essais philosophiques et poétologiques de Hölderlin de 1799 à 1803 et dans les écrits publiés et non publiés de Hegel pendant la même période.
L'oeuvre de Merleau-Ponty se situe au confluent de deux traditions de pensée : la philosophie française, de Descartes à Maine de Biran et Bergson, et la phénoménologie husserlienne et heideggérienne. C'est le rapport à cette seconde tradition de pensée, la plus déterminante du point de vue de l'évolution interne de l'oeuvre, que les essais réunis ici ont entrepris de mettre en évidence. Il s'agit en effet, en suivant l'évolution de la pensée de Merleau-Ponty, de la Phénoménologie de la perception à sa dernière oeuvre inachevée, Le Visible et l'invisible, de montrer que l'interpénétration de deux thématiques fondamentales, celle de la corporéité et de la chair, qui lui vient de Husserl, et celle du langage et de l'expression, qui le conduit dans une proximité toujours plus étroite avec Heidegger, lui a permis de former le projet d'une "ontologie indirecte" et de rompre ainsi décisivement avec le subjectivisme moderne.
Angelus Silesius est le nom de poète que s'est donné à bon escient Johannes Scheffler, docteur en philosophie et en médecine, médecin à la cour impériale de Ferdinand III, prêtre ordonné en 1661, écrivain religieux, qui naquit en Silésie, à Breslau, en 1624, où il mourut en 1677. Le voyageur chérubinique - Der Cherubinischer Wandersmann - dont le seconde édition parue en 1675 (la première datant de 1657) contient 1676 distiques et brefs poèmes, est l'un des plus beaux livres de la poésie mystique européenne.
Quand point l'année nouvelle, chacun se soumet au cérémonial des voeux, interminables et impersonnels (la sacro-sainte triade santé-bonheur-réussite !), auquel se greffe la tragi-comédie des grandes résolutions dans une cascade déprimante de ne plus dont rien ou presque ne subsiste quelques jours après. S'y ajoutent les rituels et les folklores qui, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures humaines, leur font écho. Chacun s'y prête à chaque fois (cette répétition donne le vertige) avec un enthousiasme qui décroît en général au fil des ans. Et si, à l'heure d'entrebâiller la porte de Janvier, qui restera close un an encore, il devenait urgent et même vital de lever les yeux du compte à rebours universel pour passer du trompe-l'oeil de la carte de voeux et de la vraie-fausse résolution au rendez-vous enfin pris avec soi-même ? Et si dire oui, faire oui à la manière nietzschéenne, c'était simple comme le Nouvel An ? Telle est l'invitation philosophique que ce livre, écrit dans une langue volontairement accessible au plus grand nombre sans rien céder sur le fond de la pensée, adresse à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent ne pas laisser filer indéfiniment, année après année, l'occasion de devenir ce qu'ils sont.
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.
Au début du XIXe siècle, l'Europe découvrit le bouddhisme, et bientôt les textes bouddhistes parurent mériter l'attention des philosophes, lesquels écrivirent et épiloguèrent sur le chemin bouddhique et son but ultime: le "nirvâna". Mais comme ils échouèrent à s'en faire une idée positive - car le "nirvâna" suppose l'expérience "sui generis" de la vie allégée de toute souffrance -, ils l'interprètent comme néant. Le bouddhisme était un nihilisme. Ainsi le voient Hegel, Cousin, Renan, Schopenhauer, Gobineau, et Nietzsche avec eux. Mais tandis que les uns (les chrétiens) s'offusquent d'une sagesse d'anéantissement, que d'autres, tel Schopenhauer, y voient avec faveur la confirmation de leur pessimisme, Nietzsche lui oppose une sagesse néo-païenne, dite "tragique". Si "tout est souffrance", comme le veut Bouddha, nier la souffrance, c'est nier la vie: la sagesse tragique implique la "volonté de souffrir", non, certes, que souffrir soit bon en soi, mais, parce que, sans la souffrance, rien de grand ne se fait.