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Chair et langage. Essais sur Merleau-Ponty
Dastur Françoise
ENCRE MARINE
35,00 €
Épuisé
EAN :9782350881027
L'oeuvre de Merleau-Ponty se situe au confluent de deux traditions de pensée : la philosophie française, de Descartes à Maine de Biran et Bergson, et la phénoménologie husserlienne et heideggérienne. C'est le rapport à cette seconde tradition de pensée, la plus déterminante du point de vue de l'évolution interne de l'oeuvre, que les essais réunis ici ont entrepris de mettre en évidence. Il s'agit en effet, en suivant l'évolution de la pensée de Merleau-Ponty, de la Phénoménologie de la perception à sa dernière oeuvre inachevée, Le Visible et l'invisible, de montrer que l'interpénétration de deux thématiques fondamentales, celle de la corporéité et de la chair, qui lui vient de Husserl, et celle du langage et de l'expression, qui le conduit dans une proximité toujours plus étroite avec Heidegger, lui a permis de former le projet d'une "ontologie indirecte" et de rompre ainsi décisivement avec le subjectivisme moderne.
Comment affronter la mort ? Cette question semble se poser de manière particulièrement insistante dans les moments critiques où notre vie se voit mise en danger, mais en réalité elle ne nous quitte pas et nous accompagne de manière plus ou moins patente tout au long de notre existence. Comment ne pas voir en effet dans cette frénésie d'action qui meut tant de nos contemporains une pathétique fuite en avant face à ce qui inéluctablement les attend et dont ils croient ainsi obscurément retarder l'échéance ? La mort a pour eux le visage d'un événement à venir, dont les sépare encore une suite indéfinie de jours, et contre lequel il s'agit à tout prix de trouver une parade. Nous cachons la mort, minimisant ainsi l'importance des rites funéraires qui rendaient possible le deuil. Nous voulons croire que la technique nous permettra d'en repousser les limites, nous jouons nous-mêmes à défier la marche du temps, ou au contraire à décider de notre propre fin. Pourquoi donc ne pas tenter au contraire d'assumer la mort ? Non pas la subir comme un échec, ou un scandale, mais la vivre comme le fondement même de notre existence ? Non pas nier la peur, voire l'épouvante, qui toujours l'accompagnera, mais regarder la mort comme une capacité de l'homme, nullement incompatible avec la joie d'exister.Notes Biographiques : Françoise Dastur, professeur honoraire de philosophie, a enseigné dans les Universités de Paris-I, Paris-12 et Nice-Sophia Antipolis et, en tant que professeur invité, aux universités de Mannheim, Rio de Janeiro, Caracas, Québec, Warwick, Essex, De Paul (Chicago), Boston College, Northwestern (Evanston). Elle est présidente honoraire de l'Ecole Française de Daseinsanalyse dont elle fut l'un des membres fondateurs. Elle a publié de très nombreux articles en français, allemand et anglais et est l'auteur d'une vingtaine de livres et de plusieurs traductions de l'allemand.
Ce cours, consacré à l'analyse de la genèse de la pensée dialectique, se propose d'en reconstituer le développement en trois étapes distinctes : celle de la lecture de Kant et de Fichte par Schelling et Hölderlin, qui s'achève en janvier 1797 ; puis celle qui réunit Hegel et Hölderlin à Francfort de 1797 à 1800, où c'est la question du rapport entre religion, philosophie et poésie qui domine ; enfin celle de la constitution de ce qui sera la matrice d'une pensée dialectique dans les derniers essais philosophiques et poétologiques de Hölderlin de 1799 à 1803 et dans les écrits publiés et non publiés de Hegel pendant la même période.
Résumé : La question que Martin Heidegger a posée à l?ensemble de la tradition occidentale est celle du sens de son concept fondamental, celui de l?être. En révélant que c?est à partir du temps que nous comprenons l?être, il a montré que la philosophie trouve son origine dans l?existence d?un être qui ne peut plus être compris, comme le veut la philosophie moderne depuis Descartes, comme un sujet centré sur lui-même. La question du temps n?est donc pas pour lui une question philosophique parmi d?autres, mais celle qui seule peut donner accès à ce qui constitue l?humanité comme telle. Ce que Martin Heidegger accomplit en posant la question du rapport de l?être et du temps, c?est cette ? révolution du mode de penser ? que requiert la prise en vue de l?essentielle finitude de l?homme et de l?être. La mise en évidence de l?historialité foncière de la pensée philosophique implique que celle-ci ne puisse plus se définir comme une pure théorie et qu?elle exige un engagement existentiel qui ne la met pas à l?abri de l?erreur. C?est uniquement à partir d?une telle conception de la pensée que l?on peut comprendre l?engagement politique de Martin Heidegger, ce qui ne signifie nullement l?excuser.
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.
Marcel Conche, professeur émérite à la Sorbonne, membre de l'Académie d'Athènes, est l'auteur de nombreux ouvrages, publiés aux Editions Encre Marine, Cécile Defaut, Albin Michel, et surtout aux Presses Universitaires de France (collections "Perspectives critiques", "Quadrige" et "Epiméthée").
Le terme "technoscience", abondant dans les discours militants et journalistiques, absent des discours internes aux pratiques scientifiques, parfois utilisé par des philosophes ou des sociologues, est récent. Le substantif apparaît au milieu des années soixante-dix. Il est souvent chargé d'affects et d'une axiologie implicite: il constitue souvent une arme de lutte (nommer les phénomènes techniques et/ou scientifiques de ce nom c'est déjà, dans bien des contextes, les "dénoncer" ), mais est-il aussi le lieu d'une élaboration conceptuelle précise et consistante pour accueillir ce qui nous arrive et qu'on désigne ainsi? Et ce qui nous arrive sous ce nom est-ce, localement, une reconfiguration de la représentation des rapports entre sciences et techniques, ou bien aussi, plus largement, une manière nouvelle d'expérimenter quelques énigmes fondamentales (comme celle de l'Invention, ou bien encore celle de la Puissance)? On veut manifester dans ce livre l'ambiguïté fondamentale d'une "figure" aux facettes multiples - la technoscience -, qui traverse les registres de l'épistémologique, de l'économique et du politique,, pour assumer des inflexions proprement métaphysiques et même eschatologiques.
Toute ma philosophie a sa source dans mon coeur" écrit Vauvenargues ; et Auguste Comte affirme "la prépondérance du coeur sur l'esprit" et entend instaurer le "règne du coeur". De là, ces Conversations avec Vauvenargues, Auguste Comte et d'autres auteurs, autour de la notion de coeur - comme ce qui dans l'homme est le plus sensible à autrui, à sa peine, à sa souffrance - et autour de tous les sentiments ou vertus qui ont leur racine dans le coeur, telles que la fidélité, la gratitude, la ferveur, la pitié, la générosité, l'admiration, mais aussi et surtout l'amitié et l'amour.