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L'Affaire des Quatorze. Poésie, police et réseaux de communication à Paris au XVIIIe siècle
Darnton Robert ; Sené Jean-François
GALLIMARD
21,90 €
Épuisé
EAN :9782070145249
Incomparable " exhumeur " d'archives, Robert Darnton a découvert dans celles de la Bastille un étrange dossier fait de paperolles, qui n'étaient pourtant pas les habituelles et séditieuses " Nouvelles à la main ", mais plutôt des noms, des rimes et des indications " Sur l'air de... ". Il s'agit d'un incroyable dossier ayant mobilisé au printemps 1749 le Lieutenant de police et ses forces, sans oublier ses " mouches " (ses indicateurs), pour retrouver l'auteur d'une chanson " Monstre dont la noire furie " qui moquait le roi Louis XV et sa maîtresse avec un succès sans égal dans les cabarets parisiens. De cette anecdote qui n'avait jusqu'alors retenu l'attention de personne, Robert Darnton tire les mailles d'un étonnant filet : celui de la communication politique dans le Paris populaire du XVIIII e siècle où, des siècles après Gutenberg, la plupart des hommes et des femmes (ces dernières surtout) ne maîtrisaient pas la lecture. Constamment, ils échangeaient de vive voix des informations, qui n'ont pour l'essentiel pas laissé de traces Or voici une occasion exceptionnelle d'écrire une histoire de la communication à partir de son élément majeur, l'oralité. Au début de l'Affaire, se trouve un professeur de l'Université de Paris qui avait déclamé un poème qu'il connaissait par coeur et qui comptait quatre-vingts vers. L'art de la mémorisation était une force capitale dans le système de communication de l'Ancien Régime. Mais le moyen mnémotechnique le plus efficace était la musique. Deux des poèmes en rapport avec l'Affaire des Quatorze avaient été composés pour être chantés sur des airs connus que l'on retrouve dans les recueils appelés chansonnier où ils figurent avec d'autres formes d'échanges verbaux - plaisanteries, devinettes, rumeurs et bons mots. La suppression des mauvais propos à l'encontre du gouvernement faisait partie des tâches normales de la police. Malheur dès lors à celui dont la police retrouve dans les poches un bout de papier conservant des rimes ou des portées : ils seront 14 emprisonnés par le Lieutenant, étudiants, abbés, bourgeois établis, piliers de cabaret, amis des femmes publiques, tous milieux confondus, simplement pour avoir moqué le pouvoir en reprenant cet air, loin pourtant de toute intrigue politique.
Les hommes et les femmes qui oeuvrent pour donner vie aux idées, tous ceux qui ont écrit, fabriqué, vendu des livres, sont des créatures de chair et de sang. Ils ont marchandé, bluffé, espionné, menti. Ils ont été ruinés et ils ont fait fortune. Derrière la vie littéraire du XVIIIe siècle, se cache une vaste comédie humaine dont Robert Darnton met ici en scène les éléments les plus pittoresques.
On évoque souvent, comme modèle de la profession d'auteur qui émerge au XVIII ? siècle, la brillante carrière de Jean-Jacques Rousseau ou la qualité polémique des écrits de Camille Desmoulins. Mais s'agit-il de parcours majoritaires au sein d'une république des lettres dont les institutions culturelles sont en pleine mutation et qui se veut, en principe, ouverte à tous ? Par une analyse quantitative de l'ensemble de la population des lettrés et une analyse sociologique de quelques carrières exemplaires d'écrivains, aux extractions sociales très diverses, Robert Darnton met au jour non pas une mais des conditions du métier d'écrivain. En s'appuyant sur de nombreuses sources - rapports de police, ou almanachs de la population de lettrés - l'auteur dévoile, des salons aux mansardes en passant par la Bastille, l'envers du décor. Que leurs écrits soient destinés aux éditeurs révolutionnaires ou aux ministres en place, les gens de lettres, dans leur grande majorité, ne peuvent en réalité vivre de leur plume et évoluent loin des grandes figures auctoriales des Lumières qui inspirent ces " Rousseau du ruisseau ". Intégrés ou non à l'ordre social très fermé de la république des lettres, ces écrivains de plus en plus nombreux font l'objet d'une surveillance accrue de la part d'un Etat à la crise duquel ils contribuent, et qui débouchera sur la chute de l'Ancien Régime. Robert Darnton dresse pour la première fois le tableau d'une France littéraire composite au XVIII ? siècle alors que la montée en puissance de l'écrivain apparaît comme un nouveau type de pouvoir dans la fabrique du monde moderne.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Résumé : Vous en rêviez ? Voici enfin le Grand Bêtisier de l'Histoire de France dans sa version illustrée ! Paré de ses plus beaux atours, magnifiquement enrichi de gravures anciennes, de peintures précieuses et de portraits étonnants, il vous invite à parcourir notre histoire et à en explorer les coulisses d'un oeil nouveau et toujours impertinent ! Quelques bêtises illustrées parmi tant d'autres... Une délicate enluminure représentant Jeanne d'Arc lâchement abandonnée par Charles VII. Une élégante miniature figurant la splendide abbaye de Cluny avant sa destruction à la Révolution. Un majestueux portrait illustrant l'orgueil ruineux du Roi-Soleil. Un impressionnant tableau révélant l'absence du maréchal Grouchy à Waterloo pour cause de tarte aux fraises. Une illustration criante de l'uniforme du poilu et de son pantalon rouge qui en fait une cible facile. Une affiche percutante de Mai 68 dénonçant le pouvoir du général de Gaulle. Une photographie de Nicolas Sarkozy sortant du Fouquet's le jour de son élection à la présidence de la République... Si l'erreur est humaine, la bêtise, elle, ne connaît aucune limite ! Petites erreurs ou grosses âneries, péchés mignons, bourdes involontaires ou entêtements dramatiques, plongez dans la petite comme dans la grande Histoire de France avec ceux qui en ont écrit les pages. Truffé d'anecdotes insolites, le Grand Bêtisier illustré de l'Histoire de France décrypte plus de 25 siècles d'histoire de manière originale, drôle et décalée. Une anthologie impressionnante à offrir ou à s'offrir pour voir l'Histoire sous un autre angle !
Comment le diable est-il possible ? En 1632, la ville de Loudun est durement éprouvée par la peste. Les croyants se retirent, s'enterrent dans leurs petites communautés assiégées par cette épreuve de la colère divine. Parmi elles, les ursulines. La possession des soeurs prend alors le relais de la peste : les premières apparitions - fantôme d'un homme de dos - sont nocturnes, puis elles deviennent diurnes, se précisent, et revêtent la forme obsédante d'un curé, Urbain Grandier. L'affaire commence. Loudun, ville ouverte, devient le centre et le théâtre d'un monde : six mille spectateurs assisteront à la mort de Grandier, sur le bûcher, le 18 août 1634. Entre-temps, les pouvoirs s'affrontent, les savoirs s'inquiètent, l'âme catholique s'émeut. Le corps social se déchire ; partout le diable est là, mais il est partout ailleurs : dans le silence des textes, les lacunes du langage. Michel de Certeau montre, dans ce grand ouvrage, comment guérit une société malade d'elle-même.
Georges Duby, (1919-1996), historien internationalement reconnu, professeur au collège de France, membre de l'Académie française, a dirigé chez Larousse une Histoire de la France et le volume "Moyen Âge" de l'Histoire du monde.
Résumé : Les mots nous manquent pour dire le plus banal des paysages. Vite à court de phrases, nous sommes incapables de faire le portrait d'une orée. Un pré, déjà, nous met à la peine, que grêlent l'aigremoine, le cirse et l'ancolie. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi. Au temps de Goethe et de Humboldt, le rêve d'une " histoire naturelle " attentive à tous les êtres, sans restriction ni distinction aucune, s'autorisait des forces combinées de la science et de la littérature pour élever la " peinture de paysage " au rang d'un savoir crucial. La galaxie et le lichen, l'enfant et le papillon voisinaient alors en paix dans un même récit. Ce n'est pas que l'homme comptait peu : c'est que tout comptait infiniment. Des croquis d'Alfred Wallace aux " proêmes " de Francis Ponge, des bestiaires de William Swainson aux sonnets de Rainer Maria Rilke, ce livre donne à entendre le chant, aussi tenace que ténu, d'un très ancien savoir sur le monde - un savoir qui répertorie les êtres par concordances de teintes et de textures, compose avec leurs lueurs des dictionnaires éphémères, s'abîme et s'apaise dans le spectacle de leurs métamorphoses.