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Opale. Des nouvelles du nord
Darnal Jean-Claude
GINKGO
12,00 €
Épuisé
EAN :9782846790697
De Dunkerque à la baie de Somme, en passant par le cap Gris-Nez, là où la mer du Nord devient la Manche, un long ruban de sable blanc s'étend, la Côte d'Opale. Sur ce rivage, le vent semble posséder une curieuse qualité pour peu qu'on laisse la porte ouverte à l'imaginaire. Opale forme un recueil de chroniques tendres et drôles, des histoires qui se situent à la lisière du fantastique. On y retrouve cet attachement tout particulier pour les gens d'ici, ouvriers, dockers, pêcheurs et bistrotiers. Ce véritable sens de l'amitié, du canular. Et puis surtout le souvenir de "Raoul"... Que la mer monte ou qu'elle descende, dès les premières brumes, planent sur l'estran des oiseaux, compagnons mystérieux des bateaux fantômes. Pas étonnant que dans les estaminets, sitôt la énième bière ou le troisième genièvre engloutis, entre les rires et les chansons, oublieux des soucis de la veille et des tracas du lendemain, s'irisent de teintes d'imaginaire les yeux clairs des gens de là-bas.
Au début du siècle dernier, la famille Hunt possède en Caroline du Nord une plantation de tabac et une fabrique de cigarettes, mais l'héritier, Tob, passionné de peinture, se verrait plutôt exercer son art à Paris avec Hemingway et Fitzgerald. Quand l'affaire frôle la faillite, John Keenlan, engagé comme contremaître, la redresse et s'associe aux Hunt. Son fils Robert J., dit Junior, a décidé d'épouser Dee, la fille de Tob : un mariage de raison dicté par les intérêts de tous. Quelque temps avant la cérémonie, un petit avion jaune apparaît dans le ciel. Dee rencontre son pilote, Tourene, venu toucher son héritage, une maison en ruine que l'on appelle " la maison du Français ". Entre les jeunes gens, c'est le coup de foudre, l'amour fou, le temps d'une nuit. Le lendemain, Tourene se tue accidentellement. Dee, choquée, se résigne au mariage lorsqu'elle s'aperçoit qu'elle est enceinte... Un roman foisonnant et généreux, dans lequel les lieux - la Maison du Français, la Fabrique... - jouent un rôle essentiel, suscitent le déchaînement des passions et font s'accomplir le destin des personnages.
Analyser encore et encore, tenter de dénicher la "pépite" ou l'intime conviction qui ferait basculer peut-être à tout jamais les impressions laissées ici ou là auprès d'un public toujours aussi friand ou de lecteurs assidus de Tchekhov, relève d'un immense bonheur qui ne se refuse pas... Et pourtant ! A force de lire, relire, voire ratiociner, je ne sais plus si ce chemin est digne d'intérêt... J'ai l'impression d'étaler mes connaissances sans en être très fière tant la peur d'être pédante m'obsède. Mon confort personnel ne me dit-il pas, une fois encore, que je devrais me taire, laisser tout un chacun sur son ressenti, bref, ne pas donner le sentiment à quiconque d'être passé à côté du message essentiel délivré par Tchekhov il y a un peu plus d'un siècle maintenant et sans jamais juger ? Mais Tchekhov n'obsède-t-il pas les metteurs en scène et les spectateurs sans discontinuer ? On le joue triste, absurde, révolutionnaire, parfois de nos jours braillard, vitupérant, laissant plus d'une fois une impression de gâchis d'un instant, d'anéantissement des rêves de Cerisaie...
A la datcha est une comédie subtile et jubilatoire sur les soucis qui tombent sur les Moscovites dès qu'ils se retrouvent à la campagne... Le texte traite, au travers de dialogues savoureux, non pas de "petites choses" humoristiques, mais de l'homme bien souvent "de trop", concept créé par Tourgueniev, un homme qui ne trouve pas sa place dans la société civile nouvellement créée, désemparé qu'il est devant la vie nouvelle. Apparaissent, au fil des répliques, la misogynie, maladie répandue en Russie tsariste et réaction masculine devant les femmes qui cherchent à s'émanciper et délaissent leurs enfants... Les escarmouches entre gens de bonne compagnie donnent ainsi déjà à voir ce qui dérangera au plus haut point la censure impériale soucieuse de l'ordre et de la non-propagation d'une quelconque subversion des esprits, non pas "des marionnettes grinçantes et se courbant devant des spectateurs peu exigeants", mais des êtres ni bons ni méchants et porteurs d'humanité à travers le regard que l'écrivain débutant porte sur la société dès ses plus jeunes années.
Pourquoi lire les lettres du voyage à Sakhaline, perdues qu'elles sont dans l'immense correspondance échangée par Tchekhov sa vie durant? Offrent-elles au lecteur quelque chose qui soit d'importance au-delà du seul témoignage socio-historique incontestable? Dans ces lettres, reflet d'un voyage refuge, on voit la personnalité de l'homme-personnage Tchekhov évoluer, mûrir, se développer, chercher comme dans un miroir son visage, celui d'un homme qui, à chaque pas, s'éloigne du monde, envoûté par les dangers qu'il côtoie, envahi du sentiment tantôt euphorique, tantôt désespéré de celui qui in fine ne dépend plus que de lui-même. Dans leur tout insécable, ces lettres, d'abord reflet d'une épopée et témoin d'un mouvement horizontal, la course vers l'Est, deviennent quête de soi et, pour ce faire, abandonnent l'anecdotique pour une ascension intérieure qui mène au dépassement de soi. Elles font entrer Tchekhov dans une existence nouvelle, une vie seconde dans la recherche de l'Être. Ces lettres enfin témoignent de la genèse et de l'élaboration de l'?uvre à venir, elles véhiculent les idées qui se retrouvent dans nombre de personnages de la création tardive.
Un trentenaire, après des années de formation et de vaines tentatives, trouve enfin un emploi auprès d'un laboratoire public. L'unique tâche qui lui est confiée étant de vérifier le matériel livré chaque matin.Ses journées se passent ainsi, dans la contemplation du vide. Pour tromper l'ennui, il déambule dans le bâtiment et ouvre le placard n° 13. Là, il trouve des dossiers stupéfiants sur les «symptomatiques», cohorte étrange où se mêlent un «hibernaute» qui a dormi 172 jours, un Pinocchio dont le doigt de bois - une prothèse - reprend chair et sang, un néo-hermaphrodite capable de se reproduire seul et quelques buveurs de pétrole et mangeurs d'acier. Mais le placard n° 13, qui accueille ces cas délirants, est surtout la boîte de Pandore du monde à venir. Les symptomatiques sont les pantins perdus qui font face à la réalité de notre monde.Peinture incisive de notre société, satire féroce, Le Placard s'inscrit dans la lignée des Temps Modernes de Chaplin. Drôle et mordant, mariant avec talent dérision, humour et tendresse, Kim Un-su donne au narrateur une distance particulière. On pensera aussi à Céline, peut-être et surtout à Voltaire et son Candide.Kim Un-su est né en 1972 à Busan, Corée du sud. Après des études de littérature coréenne à l'université Kyung Hee, il publie en 2003 son premier roman Quitter Vendredi, remarqué par la critique. En 2006 avec Le Placard il est le lauréat du prix Munhakdongne. Son dernier roman Les planificateurs a été publié en 2010.
La raison d'être de ce livre est de faire découvrir un pays par trop méconnu et de tordre le cou à une désinformation savamment distillée par le Kremlin et ses relais... La Crimée, brutalement annexée en mars 2014, alors qu'au début du même mois le président russe affirmait le contraire, est-elle déjà passée par pertes et profits ? Fin 2013, Vladimir Poutine a ouvert la boîte de Pandore, déclenchant une déferlante prorusse à l'Est de l'Ukraine. L'Union européenne, les USA et le reste du monde ont-ils enfin réalisé à quel point la Russie est devenue dangereuse pour le monde libre ? Depuis quinze ans, les avertissements de nombreux Russes clairvoyants ou d'observateurs européens avisés, sont restés lettre morte. Et les précédentes opérations néo-impérialistes du Kremlin, menées en toute impunité, n'ont pas suffi à guérir la cécité des leaders occidentaux. "Goodbye, Poutine" n'est pas un simple slogan qui reprend le "dégage" du Printemps Arabe ou du Maïdan 2013-2014. Sous la direction de la russologue Hélène Blanc, les voix multiples, les regards croisés des meilleurs observateurs de l'Union européenne, de la Russie et de l'Ukraine, analysent la crise la plus grave qu'ait connue l'Europe. Leurs éclairages pluriels sont précieux pour notre avenir commun. Cette fois, malgré son double jeu et son double langage, le masque de Poutine est tombé. Goodbye, Poutine...
Extrait En ce vingt-huit avril deux mille, à quatre heures de l'après-midi, le ciel s'était tellement assombri qu'on aurait dit qu'il faisait déjà nuit, comme pendant une éclipse, une panne de l'univers. L'orage se faisait attendre comme une diva. La foule regardait passer tous ces gens célèbres, tous ces artistes à lunettes noires qui se pressaient maladroitement dans ce cimetière comme d'étranges aveugles qui cachent leurs larmes ou leur indifférence. De belles dames en hauts talons trébuchaient sur les vieux pavés du Père-Lachaise; tels des flamants roses en deuil. Toute cette troupe bringuebalante suivait un corbillard de luxe, Cadillac amortie, douce, silencieuse, et qui emmenait une des plus jolies, des plus jeunes et des plus prometteuses actrices du cinéma français, vers le trou béant de l'éternité, pour une place au box-office éternel. Oh ! il en avait vus d'autres sur ses vieux pavés le Père-Lachaise, lui, le cinq étoiles de la mort, depuis qu'on avait enterré une petite fille de cinq ans en 1804, et que tout ce qui était mort de plus célèbre après l'avait suivie... Elle était morte dans son sommeil, sans aucune raison, la veille ; et le médecin légiste qui avait autopsié ce corps superbe en transpirant comme s'il avait touché le corps de Cléopâtre, n'avait rien trouvé qui eût pu expliquer ce décès ; une autopsie blanche selon le jargon de la profession. Elle était morte comme Ophélie, en pleine jeunesse et en pleine beauté; elle allait descendre la rivière entourée des larmes d'Hamlet et d'un public avide d'histoires vécues. Au moment de l'inhumation, le cercle des proches ne comportait que des gens de cinéma : producteurs, metteurs en scène, acteurs, attachés de presse, envoyés spéciaux dont la spécialité était surtout de prendre en photo les larmes des vivants et le sourire des morts. Le cimetière se vida par petits groupes de simples promeneurs dans cette jolie petite ville où les maisons ne sont que les lotissements de la mort. Bientôt tous les journaux et les magazines évoquant le décès de Simone Vitelli se retrouveraient chez les coiffeurs et dans les salles d'attente des dentistes pour quelques mois encore; puis d'autres stars, d'autres drames les remplaceraient et la star se chiffonnera comme une poupée de papier, figée dans son sourire, au Festival de Cannes de l'année d'avant... avant...
La multiplication des régimes autoritaires, le protectionnisme étatsunien, les réponses disparates apportées aux problèmes écologiques entre autres semblant confirmer les choix géopolitiques de l'année précédente, la Fondation pour la Prospective et l'innovation (FPI) se devait, dans son Almanach 2020 et son programme de travail, d'en éclairer les différentes composantes et enjeux. Si les Unes des journaux s'intéressent surtout aux crises du Moyen-Orient dans un contexte exacerbé de tensions politiques entre les Etats-Unis et l'Iran, elles ne traitent pour l'instant qu'à minima la guerre économique à laquelle se livrent les mêmes Etats-Unis et la Chine, se focalisent sur les risques et les incertitudes de l'épidémie de coronavirus. Et pourtant, le risque est grand d'une généralisation systémique de conflits de tous ordres à l'échelle planétaire. Il en découlera inévitablement un bouleversement des relations internationales ainsi qu'une recomposition en profondeur des équilibres internationaux, faisant renaître les perspectives de guerres mondialisées. Dans ce contexte, quels seront la place et le rôle de l'Europe, elle-même tiraillée a l'interne par des mouvements dissidents profonds ? Sera-t-elle spectateur ou acteur sur les grands sujets du moment : changement climatique, nucléaire, intelligence artificielle, transition écologique, internationalisation des monnaies, etc. ? Laissera-t-elle s'imposer un bilatéralisme sino-américain au détriment d'un multilatéralisme qu'elle souhaite promouvoir ? Que fera-t-elle pratiquement pour une Afrique désireuse de ne pas être laissée à la périphérie des préoccupations du monde avec son milliard de jeunes à intégrer dans le siècle, avec ses besoins en matière de révolution digitale et d'investissements ? L'Almanach 2020 dé la Fondation Prospective et Innovation (FPI) reprend ainsi et développe ces thèmes primordiaux dans le souci non de décrire le futur mais plus simplement d'appeler à la réflexion par la compréhension des grands enjeux qui façonnent notre devenir.