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L'humanité de Bruno Dumont. Les cinq premières minutes
Darmon Maurice
YELLOW NOW
14,00 €
Épuisé
EAN :9782873404871
Les mots du roman, les espaces et les temps du livre laissent loisir au lecteur de postuler à son rythme l'intériorité des êtres et la vie secrète des choses et des paysages. Mais le cinéma n'ouvre à l'impalpable et à l'invisible que par des corps d'acteurs dans un monde construit par des machines optiques et leurs servants, pour les contraintes d'une séance. C'est de son impureté même que, dans l'éphémère retrait d'un lieu profane et la durée d'une représentation, il tire son irremplaçable puissance à illuminer et animer autrement tous les autres arts. Les peintres y deviennent chorégraphes et les musiciens sculpteurs du temps. L'hypothèse de L'humanité est dans son titre : l'humanité minuscule aux prises dès l'origine du monde avec le mal, mais armée de ses invincibles petites bontés. Mieux qu'un générique, ses cinq premières minutes déterminent son engendrement. J'arrive, dit-il. Rédigés par Bruno Dumont, son synopsis en ouverture du livre et ses notes de tournage, confiants dans la force des mots. Maurice Darmon, professeur de philosophie et de sciences humaines, traductions de l'italien, romans et essais sur le cinéma, direction de la revue semestrielle Le Cheval de Troie, 1990-1997.
Verga Giovanni ; Darmon Maurice ; Bonaviri Giusepp
Aci Trezza (Sicile), village de pécheurs de la côte Est reconstitué autour de plus de quarante personnages, entre 1863 et 1878. D'un côte l'Italie post-unitaire, le pouvoir de la grande ville sur la campagne, la guerre mangeuse d'hommes et les pays lointains ; de l'autre, les Malavoglia 'Ntoni le patriarche, ses fils et sa famille, leur bateau et leur maison. Dans les convulsions d'une société l'agonie se profilent aussi des ombres inquiétantes , administrateurs corompus, hommes d'Eglise influents, révolutionnaires en paroles ou professionnels du verbe. Ceux-là maîtrisent le nouvel espace et les temps nouveau, imposent la loi de l'argent, du papier timbré, de la guerre et du trafic d'influence. Armés de leurs seuls proverbes, de leur parole rare et du droit coutumier, ou victimes du fève de l'aventure individuelle, les Malavoglia, ces vaincus, ne savent pas encore que la mer odieuse ne les tuera plus, mais ils se mettent à l'aimer aussi pour son ressac d'éternité. Leur victoire est de devenir les héros du roman fondateur de la littérature italienne moderne. A l'immédiat plaisir qui nait de ce récit symphonique et de sa réappropriation savante des formes du mélodrame et du parler populaire s'ajoute le spectacle d'une révolution narrative. C'est probablement parce que ce livre anticipe sur le cinéma par son art du montage, de l'ellipse, son économie spatiale et temporelle, sa multiplication des points de vue, qu'il a inspiré un autre fondateur, Luchino Visconti, qui en a tiré La terre tremble. Giovanni Verga (1840-1922) est né et mort à Catane. En 1929, Luigi Pirandello disait de lui : "Aujourd'hui plus que jamais nous faisons nôtre cette conception des vaincus qui vit dans l'oeuvre immortelle de notre plus grand écrivain contemporain."
Des mythes ou des légendes et trois ou quatre films plus connus que les autres masquent l'essentiel: avec les siens, John Cassavetes a construit une oeuvre cinématographique toujours impétueuse mais en conquête cohérente de la profondeur et de la complexité. Une intuition à vivre en spectateur plus qu'à analyser en érudit, dans un parcours subjectif et chronologique, jalonné de rencontres inattendues. Entrer de plain pied dans son premier film d'ombres comme jaillissent ses personnages, et se laisser emmener par les images, les narrations, les séquences, les explosions, les temps pour rien, les diversions, sur ce chemin d'amour violent au fond des êtres, jusqu'à la dérision finale. Une ballade qui aurait pu s'intituler: John Cassavetes / Biographie 11 + 1.
A partir d'écrits et d'entretiens de Jean-Luc Godard sur l'extermination, les juifs, l'Etat d'Israël et le conflit du Moyen-Orient, cet essai (sous-titré Filmer après Auschwitz) prend l'occasion critique d'un montage récurrent de deux célèbres photographies de déportés légendées par lui, pour se confronter à ses thèmes obsédants, ses interrogations sur la légitimité de la représentation et la pensée par images, dans son cinéma et celui dont il s'est fait l'historien. Une pensée par images à vivre ici par le pouvoir des mots, des rapprochements et des affects, sans autre ambition discursive. Il faut revenir sur les accusations d'antisémitisme dont le cinéaste est souvent l'objet de la part de chroniqueurs superficiels et parfois ignorants. Au prétexte d'apparences non questionnées, ce contre-sens absolu nie ce qui, depuis plus de trente ans, et surtout après Shoah de Claude Lanzmann, est explicitement l'âme de l'oeuvre de Jean-Luc Godard : placer au contraire l'extermination et la présence vitale de la pensée juive dans l'histoire européenne et occidentale, et donc les responsabilités incombant aujourd'hui à l'Etat d'Israël, au coeur de sa création cinématographique. Nous publions enfin en annexe un article de Jacques Ellul paru dans Réforme du 23 juin 1945 : Victoire d'Hitler ? et demeuré inédit jusqu'à présent.
Cet ouvrage résolument composite, comme son titre le suggère, s'inscrit dans la suite d'un autre recueil, Twist dans le studio de Velasquez, publié en 1998. Les textes regroupés ici (préfaces, articles, poèmes, récits, embryons de fictions, chansons, entretiens, échanges de mails), ou plus exactement étirés en chapelet, pour une grande majorité de circonstance ou de commande, sont présentés sans retouches (aux corrections d'usage près) par ordre alphabétique. Certains diront peut-être à propos de quelques-uns d'entre eux qu'il s'agit de fonds de tiroir. Absolument ! Et pourquoi le nier ? Je ne cherche pas le moins du monde, en effet, à hiérarchiser ce que j'écris. Par ailleurs, les plus anciens de ces textes ont, de fait, été retrouvés presque par hasard, comme lorsque, ouvrant une malle remplie de vieux papiers, on y découvre des bouts de soi-même oubliés. Leur provenance est indiquée en fin de volume.
Les cartons de Jean-Michel Vlaeminckx sont remplis de souvenirs de famille. Les proches qui l'ont entouré et accompagné sa vie durant : Michèle, Tom et ceux que Jean-Michel a accompagnés et suivis : Mary, Chantal, Marion, Jaco, Joachim, Luc et Jean- Pierre, Bouli... La grande famille du cinéma belge était aussi la sienne, sa famille de coeur qu'il admirait. Il a mis tout son savoir-faire au service des créateurs d'images, ceux qui se trouvent derrière la caméra, sur les côtés, hors champ, et devant la caméra. Il leur a donné ce qu'il recevait : reconnaissance, estime et connivence. Sans ces ingrédients, les photos de JMV seraient de simples clichés, témoins d'un réel révolu. Mais ses prises de vue vont au-delà, elles reflètent l'âme du septième art. "Le regard des regards", comme il aimait dire.
Première impression forte que nous procure la vision des Sept Samouraïs: le générique du début du film défile en larges lettres blanches sur un fond noir. Chaque nom «tombe» sur l'écran massivement, laissant une empreinte profonde, appuyée par une musique aux percussions sourdes et au rythme martelé. Les signes sont épais, le trait vigoureux. Et Gilles Deleuze disait que c'était de cette manière qu'il fallait comprendre le style d'Akira Kurosawa, comme un caractère mat et compact. Ici la lettre n'est pas signe qui disparaît sous son sens, mais un sceau imprimé comme au fer rouge. Les symboles se mettent peu à peu à former des figures géométriques régulières. Ainsi se caractérise la présence dans les films de Kurosawa. Apparaître à l'écran, c'est déjà être engagé dans un jeu de forces, marquer sa puissance, avoir un poids.«Au XVIe siècle, époque de guerre civile, des guerriers dévastent les campagnes. Partout ces bandits sans pitié oppriment les paysans.»Ce film de 1954 se déroule au Japon, pendant la période Sengoku (1490-1573), époque sanglante durant laquelle se développent des mouvements d'autonomie rurale. Sous la menace de brigands, un petit village de paysans apprendra, avec l'aide de samouraïs, à se défendre et à s'autogérer.En reprenant une trame historique, Akira Kurosawa inscrit son film dans la tradition japonaise du jidai-geki ou film d'époque. Toutefois, il prétend en renouveler le cadre et les schèmes: «Un film d'action peut n'être qu'un film d'action. Mais quelle chose merveilleuse s'il peut en même temps prétendre peindre l'humanité.»Présence des corpsLe cinéma de Kurosawa est avant tout un art des corps. Dénudé, désirant, fébrile ou en mouvement, les destins qu'il met en scène sont autant d'aventures ou de métamorphoses du corps.Dans nombre de ses films, les premiers plans d'un personnage le présentent de dos, comme s'il était d'abord une masse pesante, plus ou moins musculeuse ou débile, plus ou moins agitée ou sereine, et bien moins un visage. Dans Les Sept Samouraïs, le premier plan de Toshiro Mifune le montre de dos grattant son échine courbée, comme un personnage qui ne sait pas se tenir. Au contraire, Barberousse, dans le film éponyme, également joué par Mifune, apparaît pour la première fois de dos dans la plus grande immobilité et dans la plus grande fermeté, comme une puissance intraitable. Kurosawa s'attache à singulariser la présence corporelle de chacun, comme celle par exemple de l'enfant fou dans Dodeskaden (1970), au haut front et à la démarche mécanique. Dans Les Bas-Fonds (1957), dans Le Garde du corps (1961), les personnages sont à la limite du monstrueux. Les uns, un fichu sur la tête, ne laissent voir qu'une face osseuse, les autres ont un crâne ou un ventre si protubérant qu'ils déséquilibrent toute leur silhouette. (...)
e volume réunit quatre études tirées de publications destinées à l'origine à accompagner les enseignants qui emmènent leurs élèves au cinéma. Les films analysés sont: Mon voisin Totoro, Porco Rosso, Le voyage de Chihiro et Ponyo sur la falaise. Pour chacun, un résumé, une bibliographie, une image-ricochet, un déroulant retraçant le film, l'analyse d'une séquence et des promenades pédagogiques.