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LE MORALISTE, LA POLITIQUE ET L'HISTOIRE
DARMON JEAN-CHARLES
DESJONQUERES
20,30 €
Épuisé
EAN :9782843211010
Pour qui s'intéresse aux formes les plus subtiles de la pensée morale en Europe, ceux que l'on nomme les " moralistes " brillent d'un éclat particulièrement vif. Le moraliste se présente souvent comme " un anatomiste du c?ur " OU un spectateur de la vie, non comme l'architecte d'un système ou le porte-parole d'une doctrine générale. La présente enquête collective est tout entière guidée par le souci de s'interroger sur les significations proprement historiques et politiques émanant de l'?uvre des moralistes. Et cela, depuis ce moment de crise politique et morale qui fut celui de La Rochefoucauld jusqu'à l'ère du soupçon de Nietzsche et de ses successeurs : ainsi, tout près de nous, Emil Cioran et Jacques Derrida. Entre ces deux pôles, des lieux essentiels de la pensée et de l'écriture morales sont revisités en ce livre : de La Bruyère à Marivaux, de Graciàn à Vauvenargues et à Chamfort, de Diderot à Joubert.
« Parmi les grands textes bibliques sans cesse commentés et repris par la littérature, la philosophie et les arts, L'Ecclésiaste occupe, dans notre mémoire, une place singulière. Cette singularité ne tient pas seulement à la richesse foisonnante de ses disséminations. Elle résulte aussi d'une série d'indéterminations plus spécifiques auxquelles L'Ecclésiaste dut, pour une large part, sa prodigieuse plasticité. Par cette capacité à se fondre dans les traditions les plus différentes, voire les plus opposées des plus « orthodoxes » aux plus hétérodoxes et marginales, L'Ecclésiaste, d'une métamorphose à l'autre, intrigue et fascine.On a voulu essayer de mettre en perspective l'inépuisable fécondité de L'Ecclésiaste à la lumière de la littérature qu'il hante sur des modes souvent secrets et puissants. Secret de L'Ecclésiaste pas seulement au sens où Bossuet l'entendait: il importait d'interroger ses contradictions apparentes, sa polyphonie énonciative, son éclatante obscurité et sa polysémie contagieuse, ainsi que bien d'autres aspects qui constituent autant de défis pour l'exégète, pour le théologien, pour le philosophe, pour l'écrivain qui se mesurent à lui. » (Extrait de l'Avant-propos)
On a voulu, en cet essai, s'interroger sur les passages reliant poésie, fable et philosophie dans le devenir singulier de l'ouvre de La Fontaine. Sous les images amusantes et gaies du " Fablier " diffusées par toute une tradition, surgissent alors des paysages plus sombres et plus secrets, l'appropriation de la fable ayant lieu ici sur fond de crises diffuses affectant le statut même de l'imagination poétique et les pouvoirs de la parole. Entre Clymène, comédie insolite des débuts, qui offre le spectacle de l'ennui des Muses pressentant l'usure, voire la mort d'une certaine poésie lyrique, et, à l'autre bout du labyrinthe, les fables du plaisir pur et de l'évidence reconquise, que purent apporter certaines formes de pensée à l'activité poétique de La Fontaine, en cette longue lutte avec l'ennui qui menace désormais le lyrisme ? Il apparaît alors qu'en cette trajectoire complexe des variations philosophiques d'une grande subtilité ont pu aider La Fontaine à inventer certaines réponses fabuleusement vivaces, donnant à l'antique genre de l'apologue un potentiel heuristique, éthique et esthétique sans précédent. À l'occasion d'une nouvelle édition enrichie du présent ouvrage, on s'est attaché à réexaminer de ce point de vue la vitalité déconcertante des petites expériences de pensée proposées par la Fable dans le " Jardin imparfait " de Jean de La Fontaine. Expériences qui nous situent aux antipodes des leçons de morale plus ou moins conformistes que l'on a cru si souvent y trouver ; exercices de lecture qui peuvent constituer autant d'antidotes puissants à ce prêt-à-penser en madère de morale que Nietzsche nommait la " moraline ".
Les Réflexions ou sentences et maximes morales de La Rochefoucauld inaugurèrent une nouvelle forme de pensée morale dont il importe de prendre la mesure. Mieux que quiconque, La Rochefoucauld a donné une vitalité extraordinairement décapante à un ensemble de formes brèves qui existaient certes avant lui, mais dont il a su découvrir et expérimenter des potentialités insoupçonnées. La présente enquête collective vise, en premier lieu, à mieux cerner ce qui fit la singularité des Maximes, et à montrer comment elles marquèrent l'avènement de nouvelles ressources de la pensée morale, avec lesquelles d'autres genres, d'autres styles et d'autres visions de l'homme ne cesseront d'entrer en résonance et en débat. On y essaie plus largement de ressaisir, par l'examen de quelques points d'inflexion caractéristiques, depuis le moment propre à La Rochefoucauld jusqu'à l'époque contemporaine, ce qu'a pu signifier l'art de penser par maximes, en faisant varier les points de vue sur les questions et les valeurs qui leur furent associées. Chemin faisant, en interrogeant les aventures de la Maxime, c'est toute une culture de l'esprit et tout un pan de la vie morale que ce livre s'emploie à sonder.
S'il est une notion qui a hanté l'histoire de la tragédie et du théâtre dans son ensemble depuis Aristote, c'est bien celle de catharsis - processus de "purgation" dont la nature, l'efficacité et la légitimité n'ont cessé de faire problème. On a essayé de ressaisir, en cette enquête collective, toute une constellation d'interprétations, de débats et d'enjeux qui lui furent associés, au confluent de multiples paradigmes (esthétiques, médicaux, moraux, religieux, politiques). Plus largement, on a voulu suivre certains questionnements majeurs relatifs aux pouvoirs thérapeutiques de la littérature, d'un genre à l'autre, d'un moment à l'autre; et, sans s'en tenir à la poétique du théâtre, éclairer les métamorphoses de la catharsis dans d'autres types d'expérience et de savoir. Ce parcours pluridisciplinaire conduit notamment de l'ère des philologues de la Renaissance italienne à ceux qui, en Allemagne, ont nourri la naissance de la psychanalyse, des discours critiques relatifs à la tragédie classique, ou au drame romantique, à l'univers des littératures de la violence extrême et du génocide. Qu'en est-il aujourd'hui de la catharsis et des divers usages qu'on peut en faire? En nous plongeant au coeur même des rapports entre émotions, cognition et jugement moral, l'antique notion de catharsis, sous des espèces nouvelles, semble décidément avoir la vie dure: elle nous attend encore bien souvent là où nous ne l'attendions plus.
Résumé : Tel un prisme réfractant sa pensée et sa production ultérieures, les ?uvres de jeunesse de madame de Staël présentent à la fois des essais théoriques et de brefs romans. Parmi les premiers, les lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau révèlent ses opinions philosophiques. Admiratrice du penseur genevois, elle établit avec lui un dialogue critique d'un genre nouveau, soumettant une à une les ?uvres du romancier-philosophe, et au premier chef les confessions, à une analyse pénétrante. L'essai sur les fictions résume quant à lui ses conceptions esthétiques en matière littéraire : elle privilégie " la seule peinture des mouvements du c?ur ", à l'instar de Rousseau, Fielding et Richardson. Loin de s'en tenir à ses théories, la fille de Necker les applique : elle n'avait pas vingt ans qu'elle avait déjà écrit ses nouvelles. Les principales se déroulent dans le cadre pré-romantique de lointains exotiques. Partout, dans ces récits tragiques d'aventure, de passion et de sacrifice, les héroïnes tombent, innocentes victimes d'un monde d'hommes qu'elles surmontent cependant grâce à leur grandeur d'âme. Dans ces premières ?uvres, c'est tout l'art et la pensée de l'inspiratrice de romantisme français qui déjà se révèle.
Garcia-Baquero Gonzalez Antoni ; Bennassar Bartolo
Dès la découverte du Nouveau Monde, un intense trafic s'instaura entre les possessions européennes et les royaumes d'outre-mer du souverain des Espagnes. Il reçut le nom de Carrera de Indias : la Route des Indes occidentales, c'est-à-dire des Amériques. Ainsi naissait un réseau d'échanges aux dimensions de la planète, archétype de tous les systèmes économiques mondiaux ultérieurs : escortées par les galions, ses flottes transportaient par-delà l'Océan commerçants, aventuriers, militaires et missionnaires, épices, étoffes, armes, alcools, cuirs, perles, or et argent surtout, mais esclaves aussi. Mettant en rapport les hommes, les cultures et les denrées d'Europe, d'Afrique et d'Amérique, la Carrera de Indias fut un phénomène fondateur du monde moderne, que les esprits drapèrent du prestige du mythe. Ce livre en offre la première synthèse générale. Il fait le tableau des trois siècles du monopole espagnol, exercé depuis Séville d'abord et Cadix ensuite. Depuis l'aube du XVIe siècle jusqu'au crépuscule du XVIIIe ce trafic est envisagé dans ses aspects juridiques, administratifs et financiers, mais aussi dans son déroulement réel, à travers tempêtes, guerres, piraterie, variant au gré des progrès techniques et des vicissitudes économiques. Au fil de l'analyse se révèle la réalité d'une entreprise prodigieuse, compromis instable entre prétentions royales, ambitions négociantes, avidités étrangères et astreintes naturelles, ranimée sans relâche par les illusions fascinantes des imaginations éblouies.
Résumé : La préoccupation des nourritures du corps traverse l'?uvre de voltaire, qui devait mériter le surnom d' " aubergiste de l'Europe ". la présente enquête, menée à partir de la correspondance de l'auteur comme de ses écrits d'histoire et de fiction, s'attache à reconstituer le mode de vie régnant aux Délices et au château de Ferney, les modes d'approvisionnement, les choix des mets, la préparation des plats, pour restituer enfin à nos yeux une table de riche au XVIIIè siècle. Mais la table est avant tout un lieu de convivialité. Ces plaisirs du corps ne seraient rien sans ceux de l'esprit qu'ils ont pour fin de susciter et de rehausser. Les soupers philosophiques où Voltaire régale ses invités de bons mots sont des festins de paroles. L'esprit encyclopédique de l'hôte de Ferney y développe maintes considérations sur le rapport en nourriture et économie, nourriture et sacré, exhortant les philosophes à célébrer les agapes et à " dresser un autel à la raison dans leur salle à manger ".
Résumé : L'histoire de Pygmalion, amoureux d'une statue que Vénus transforme en une femme vivante, avait été racontée par Ovide dans ses Métamorphoses. Ce mythe a été repris au XVIIIe siècle dans un grand nombre d'opéras, d'opéras comiques, de comédies, de parodies, de transpositions dans le monde moderne. Ces adaptations très variées, dont les plus intéressantes sont réunies dans notre recueil, reflètent l'esprit du XVIIIe siècle français dans sa diversité, son goût du plaisir et de la fête, sa réflexion sur les problèmes de l'éducation, ses hypothèses sur la formation du moi et de sa relation avec l'autre, sa pensée critique en matière de métaphysique et de religion.