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DANUBIENNEMENT - 24 PROSERIES - LE MURMURE DU MONDE / 10
SCHLECHTER LAMBERT
ARBRE A PAROLES
14,00 €
Épuisé
EAN :9782874067266
Les livres singuliers en prose courte de Lambert Schlechter se succèdent, tout comme les recueils de poésie, à ce rythme d'écriture soutenu, ample et copieux qui est le sien. Il n'est pas simple de ne pas renier ses obsessions pendant des décennies, sans pour autant se répéter. Lui, il y arrive de nouveau immanquablement bien. Obsessions invariablement en interaction lucide avec le monde. Qui vont du cosmos à la radicelle ; oscillent entre hypothèses eschatologiques, admirations artistiques, vive préoccupations écologiques et refus politiques intègres. Et puis cet incommensurable amour, passionné et attentif à la fois, du corps féminin dans tous ses recoins, de a femme comme ultime idéal incarné. Avec, comme l'indique le titre, un style qui s'écoule, oniriquement par endroits, vertigineusement à d'autres, sereinement ailleurs, pour arriver à des deltas où d'innombrables embranchements et embouchures restent possibles. Tandis qu'en amont les sources murmurent toujours.
Chen Fou (1763-1810) est un pauvre lettré chinois, auteur d'un livre autobiographique, Récits d'une vie fugitive, joyau de la littérature chinoise, qui depuis sa publication en 1877 connaît un grand succès ; Chen Fou décrit les humbles joies et peines de la vie, et rend un touchant hommage à son épouse Chen Yun qu'il perd après vingt ans de vie commune. Lambert Schlechter a vécu la même douloureuse expérience et, comme en écho littéraire et fraternel, construit son livre comme une suite de lettres à ce lointain confrère... Il lui confie ses joies et ses peines, ses observations et ses inquiétudes. Le lecteur se trouve le témoin indiscret de ces confidences...
Au milieu de ces jours crépusculâtres, il y a l'euphorie qui se recroqueville, qui s'encarapace, hors de portée, dans sa gangue de malheur. Et alentour éparses, il reste des bribes d'exubérance, mais brûlée, cendreuse. Je suis dans la pénombre de la cambuse, la quarantaine plus que sonnée, je pense des fois à Perros, qui ne suce plus sa bouffarde. La verrulence depuis quelque temps est en veilleuse, ce qui me procure ce qu'il faut de calme plat : j'ai le loisir de m'occuper de ma chronique qui est la chronique des grands soucis et des petits soins, c'est ça, d'un côté les questions de bassine et de balai, de l'autre sans répit la basse continue du glissement. Un homme organise sa vie (sa survie plutôt) dans un espace clos qui ressemble à une capsule hors du monde. Les petits soucis d'une vie quotidienne désespérément monotone viennent rythmer quelques grandes questions métaphysiques pour créer une situation à la fois burlesque et dramatique. L'auteur, confronté à une situation personnelle douloureuse, a commencé son récit le 26 avril 1986. Il ne savait pas alors que c'était le jour de Tchernobyl...
Rien n?a encore été dit, rien, sur des milliers de pages rien n?a encore été dit, soudain je m?en rends compte, alors que je le sais depuis toujours, et je prends un élan pour me mettre à dire, me mobilise, en appelle à toutes les ressources que je sens en moi, au plus profond de moi, je me rince l?âme & le coeur avec de la braise ardente, pour me préparer, pour m?ouvrir, me rendre disponible, laisser monter les mots décisifs, mots qui ne sont jamais montés, mots, me semble-il qui sont là depuis toujours, mais enfouis, mais cachés, mots tout simples mais qui n?arrivent pas à se détacher, mots qui restent englués, rien n?a encore été dit, et sans cesse je continue à dire, pour me rendre compte sans cesse que rien n?a encore été dit, alors j?ouvre mon cahier, et continue à écrire mes proseries.
Vesdre Personne, au petit matin, ne redoutait un massacre des hommes par les rivières. Une crue, oui, l'eau dans les caves. Mais pas fa. " Vesdre" est le récit poétique d'une tragédie, la mise en mots d'un traumatisme pour la mémoire de ceux qui périrent, et pour ceux qui luttent encore dans les vallées meurtries.
Ecrire de la poésie depuis plus d'une quinzaine d'années et parcourir en long et en large sa production littéraire, c'est comme effectuer un périple en train - de Moscou à Cap Town. Vous traversez des bourgades de mille âmes, des mégalopoles, des forêts, des prairies, des landes, des espaces désertiques... Vous entrevoyez toutes sortes de nuages. Des animaux chevauchant la savane. Des éoliennes. Des cimetières. Des églises. Des gares désertes et paumées par-dessus le marché. Des cockpits soudoyés par le soleil. Des restaurants à trois sous l'assiette. Des montagnes enlacées par les eaux. Des usines à l'abandon. Des ponts suspendus. Des cars de camping. Il en ressort de ce voyage de l'émerveillement, de la déraison et de la fatigue, mêlés aux questions existentielles. Ce livre occupe une place particulière dans mon parcours. S'il reprend les thèmes que j'affectionne, il contient également des germes de rupture. Il est mon tout premier ouvrage à s'inspirer de manière directe de la tradition orale luba. Je puise dans la spiritualité de ce peuple dont je suis issu. J'évoque sa marche vagabonde à travers le passé. Je réanime les us et coutumes et tisse des liens avec le Kasala, genre littéraire oral. C'est un retour au pays natal, après une dizaine de vies en Europe.
La Ligne blanche est un ouvrage collectif qui rassemble 23 textes d'auteurs et autrices belges, français, turcs, italiens et congolais, venus du roman, de la poésie, de la bande-dessinée, du théâtre et du journalisme : Laurent Demoulin (Prix Rossel 2017), Nathalie Skowronek, Myriam Leroy, Lisette Lombé, Philippe Marczewski, Serge Delaive, Aline Dethise, Annick Walachniewicz, Carl Norac, Vincent Tholomé, Pascal Leclercq, Aurélie William Levaux, Aliette Griz, Carole Zalberg, Fiston Mwanza Mujila, Inatello Passi, Karel Logist, Alexis Alvarez Barbosa, Julie Remacle, Anne Versaille, Yadel (Kenan Görgu ? n), Ysaline Parisis et David Giannoni. Tous ont répondu à l'invitation d'Antoine Wauters, qui leur a simplement demandé ce que cela évoquait pour eux, la "ligne blanche" . A quoi pensaient-ils ? Que voyaient-ils ? Pour lui, il était évident qu'elle était une soustraction, un retrait, une brèche dans le grand bruit du monde ou quelque chose s'en approchant, un lieu magique d'où viendrait puis s'en retournerait tout ce qu'on dit, tout ce qu'on écrit. Une ligne parfaite, remplie d'une écriture qui n'aurait pas besoin de se montrer pour exister. Un effacement. Quelque chose comme ça. Mais non. Les autrices et auteurs de ce livre ont écrit ce que eux seuls voyaient, et ils l'ont fait avec passion. Voilà ce qu'est ce livre : ce sont 23 ou 46 mains accrochées au rêve, et qui opposent à nos noirceurs des raisons d'espérer.