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Molière ou L'esthétique du ridicule
Dandrey Patrick
KLINCKSIECK
21,70 €
Épuisé
EAN :9782252028681
Fidèle à la méthode et à la démarche adoptées pour l'analyse de La Fontaine dans La Fabrique des Fables (1991). Patrick Dandrey propose ici une poétique. Il suggère que ce secret consiste en une conception tout originale du ridicule qui permit à Molière de résoudre la contradiction inhérente depuis toujours aux ambitions du genre comique : une contradiction apparemment insoluble entre l'exigence " noble " de peindre les m?urs du temps, qui impliquait la vraisemblance, et le projet " profane " de donner à rire, qui supposait leur déformation caricaturale. En décidant que les difformités caricaturales sont le fait de ses modèles humains et de leurs conduites extravagantes, le poète réussissait à déplacer sur la réalité la difficulté propre à l'?uvre d'art, à incriminer la Nature pour dédouaner la Fiction : c'est la vraisemblance même qui réclame et légitime la caricature dès lors que le réel regorge de ridicule. Cette option conduisait le poète à percevoir la société sous l'angle du ridicule, à définir donc une optique comique sur la réalité. L'ouvrage s'attache en une démarche rigoureusement architecturée à déduire les conséquences de cette optique, à inventorier les composantes de l'esthétique du ridicule qui en découle : il définit l'éthique du naturel, de la lucidité, de l'élégance sur laquelle s'arc-boute la dénonciation des incongruités et des folies humaines : il envisage également et de nouvelle venue la philosophie de la Nature - ou simplement la sagesse naturelle et hédoniste - dont ressortissent également les conduites raisonnables et les égarements ridicules peints par Molière ; il s'achève par une interrogation sur l'anthropologie moliéresque, sur les fondements et les structures de cette " humanité comique " dont l'esthétique du ridicule définit les contours. Pour mener ce programme à bien, l'auteur s'est efforcé de cerner la dramaturgie moliéresque dans son ensemble, sans exclure aucune de ses composantes, sans se donner la facilité d'une approche des comédies en forme de catalogue chronologique, et surtout en recourant à des domaines de recherche souvent inédits ou du moins rarement appliqués à l'?uvre du poète : tradition satirique de l'éloge paradoxal, idéal littéraire et social de l'esthétique galante, histoire de l'interprétation scénique au XVIIème siècle, témoignages des manuels de civilité et des " courtisans ", modèle médical et moral de la mélancolie sous ses deux espèces érotique et hypocondriaque... Ainsi l'ouvrage prend-il position sur d'anciennes questions qu'il envisage sous un angle nouveau, comme celle de la philosophie de Molière et sa conception de la Nature, celle de l'idéal de " l'honnête homme ", celle des " raisonneurs " dans son théâtre, celle de l'évolution hypothétique de ses conceptions esthétiques et éthiques, celle de la " folie " prêtée à ses personnages extravagants, chimériques ou passionnés. S'en dégage une image renouvelée de la comédie moliéresque, rigoureusement fondée sur l'analyse historique des modèles intellectuels et esthétiques du temps, sur l'examen des textes théoriques du poète, sur l'étude précise et comparée de ses ?uvres dramatiques.
Voici une promenade littéraire qui prend pour sujet la cour de Louis XIV. On voudrait y montrer comment en parlaient, s'en étonnaient, s'en moquaient, l'admiraient ou la fouaillaient les écrivains qui eurent le loisir de la fréquenter et de l'observer: les grands, les Molière, La Fontaine ou La Bruyère, Bossuet et Saint-Simon, Mmes de La Fayette ou de Sévigné; et puis quelques secondes plumes aussi, mémorialistes attentifs ou princes bien informés, et jusqu'au roi soleil lui-même. Rien d'exhaustif dans ces choix. Plus que le souci d'analyse historique, le plaisir littéraire les a gouvernés, qui voudrait se transmettre au lecteur: lui faire savourer le coup d'oeil et le coup de patte, la musique de la langue incisive et pleine, l'économie du tour et du trait, signatures de ces auteurs qu'on a peut-être tort de dire classiques, de ne dire que classiques. Un hommage à la plume et à l'esprit, qui suggère sur la cour d'alors et de toujours quelques vérités d'analyse et de satire propres à éclairer aussi notre temps.
L'tude exhaustive des comdies o Molire a mis en scne mdecins ridicules et malades pour rire n'avait jamais t tente. Pour la mener bien, le prsent ouvrage s'attache inscrire ces pices dans le contexte de la dramaturgie europenne qui leur a donn forme et de l'anthropologie ancienne qui leur a prt sens. En deux volumes, il offre un large panorama sur l'imaginaire ancien du corps et de l'me en peine, tel que l'a vivifi et comme transfigur le gnie intuitif et visionnaire de l'criture comique : on y voit comment l'alchimie de cet alliage entre science, thique et esthtique permit Molire d'apporter sa contribution originale, celle d'un pote, l'histoire des rapports complexes entre physis et psych dans la pense occidentale. Premier des deux tomes, Sganarelle et la mdecine tudie les comdies o le personnage de Sganarelle a maille partir avec le masque et le savoir mdicaux dont il pare son imposture (Le Mdecin volant et Le Mdecin malgr lui) ou dont l'imposture l'abuse (L'Amour mdecin). On montre qu' la surface de ces trois pices affleure l'archtype mconnu d'une trs ancienne trame dramatique : celle de la fausse malade d'amour qui djoue l'autorit de son pre avec la complicit de son bien-aim ou d'un valet complaisant dguiss en mdecins de la pathologie rotique. On dcrit les origines et la texture de cette trame. On tudie la satire du savoir mdical qu'y associe le gnie sceptique et railleur de Molire (en cho avec les loges paradoxaux de la mdecine tresss par un autre Sganarelle, serviteur de Dom Juan). On replace enfin ces comdies dans le cadre historique et esthtique de la mlancolie rotique , dont l'trange doctrine dtermine leur porte morale et anthropologique.
Résumé : Qui ne connaît pas la Fontaine ? Ses Fables bien sûr, apprises dès l'école, mais aussi ses Contes, charmants et licencieux, ou ce Songe dédié au château de Vaux que bâtissait le brillant Fouquet, alors vaste chantier que le poète défricha et rêva. On se promène en son ?uvre comme en un jardin, où le beau et le vrai, le plaisant à l'utile mêlé guident les pas de l' " honnête homme ". A la recherche d'une morale qui aspire au plaisir, d'un plaisir qui ne saurait être sans morale, La Fontaine, nouvel Orphée, métamorphose les apologues ésopiques, les versifie, les diversifie, leur insuffle la vie. Le mystère des Fables, et de toute l'?uvre, tient en ceci : unique et pourtant contradictoire, raisonnable toujours, elle a l'exubérance de la vie même. Patrick Dandrey nous convie à goûter les charmes d'un poète multiple, dont la lyre, pour avoir rendu ses derniers sons il y a trois cents ans n'en continue pas moins de résonner.
Résumé : 'Toute étude critique ne peut donner qu'une perception fragmentaire des ?uvres littéraires. La meilleure des analyses ne vient jamais à bout de la polysémie d'un texte, d'autant qu'elle ne saurait aborder ce texte que selon la perspective particulière du commentateur. Pour tenter de pallier ce double obstacle à une "révélation totale" de l'?uvre littéraire, la collection "parcours critique" propose au lecteur de constituer sa propre vision globale à partir d'un choix raisonné de textes critiques contemporains. Responsable du choix des textes réunis, le maître d'?uvre de chaque ouvrage de la collection les a fait précéder d'une présentation : il y donne un aperçu des aspects divers de l'?uvre étudiée, trace un itinéraire de la critique, justifie sa sélection et propose ses propres pistes de lecture. Une bibliographie détaillée complète cette présentation. La deuxième partie de l'ouvrage est constituée par le "parcours critique" proprement dit : une douzaine ou une quinzaine de textes selon les cas (articles de revues, communications de colloques, chapitres d'ouvrages), choisis parmi les plus suggestifs des textes critiques des trente dernières années parce qu'ils illustrent des perspectives d'approche différentes, quelquefois complémentaires, quelquefois opposées, ou parce qu'ils étudient des aspects différents de l'?uvre. En somme, chaque ouvrage de la collection se présente comme un double bilan : bilan critique de l'?uvre étudiée et bilan de la critique sur cette ?uvre.
Résumé : Par modestie, vraie ou fausse, Faulkner a plusieurs fois déclaré que Thomas Wolfe était le meilleur romancier de sa génération. Il entendait par là que c'est lui qui avait visé le plus haut et que, même s'il n'était pas parvenu à réaliser ses ambitions, son échec était plus glorieux que la réussite (relative) de ses rivaux. L'oeuvre de Thomas Wolfe appartient donc à l'empyre de la littérature américaine et cependant, pour diverses raisons, malgré la réputation dont elle jouit aux Etats-Unis et le grand succés qu'elle a rencontré en Allemagne, elle est presque complétement ignorée du public français.