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Traduire l’Aminta en 1632. Les traductions de Rayssiguier et de Charles Vion d'Alibray
Dalla Valle daniela
ROSENBERG SELLI
28,01 €
Épuisé
EAN :9788878854666
Dans la littérature française des XVIe et XVIIe siècles, où l'italianisme est particulièrement important, l'Aminta du Tasse a rencontré un succès tout à fait extraordinaire. Après sa publication en Italie, on commence à l'imprimer en France, on le traduit plusieurs fois, on imite des passages, des personnages, des scènes, on en fait même un plagiat. En 1632, la "favola boschereccia" est traduite par deux écrivains assez remarquables : Rayssiguier et Vion d'Alibray. Nous avons choisi de proposer ici ces deux traductions, parce qu'elles s'insèrent dans le débat provoqué par l'introduction théorique du nouveau genre tragi-comique, qui s'oppose à la vieille tragédie. Cette querelle oppose entre eux Ogier, Mareschal, Chapelain, Mairet... Les deux traducteurs de l'Aminta en 1632 participent à cette querelle, et traduisent le texte italien en appliquant, d'un côté, les nouvelles règles envisagées (Rayssiguier), et, de l'autre, en affirmant la loi de la "fidélité" et du respect de la source, qui - dans certains cas comme celui-ci - prédomine sur les nouvelles règles (Vion d'Alibray).
Les auteurs, acteurs du champ social forcément subjectifs, partent de la vie, en montrent la richesse et la diversité et défendent la thèse d'un droit à la pérennité de l'espèce humaine. La vie est et doit être. Notre conscience nous oblige à un scepticisme nécessaire et nous pousse vers des attitudes responsables, à la recherche d'innovations sociales et politiques. Nous ne subissons plus le monde et la nature, nous les façonnons. Nous avons le devoir d'y oeuvrer dans le respect absolu de tous les êtres vivants. Ce voeu exprimé, encore nous faut-il agir. Comment ? La seconde partie de l'ouvrage nous entraîne à proposer de nouveaux systèmes, de nouvelles perspectives d'organisation sociale. Y sont abordées les notions de paix, de bonne gouvernance, de droit social, de civisme, de niche écologique. L'avenir est pluriel et dépend d'abord de l'homme lui-même. L'être humain a certes des caractéristiques extraordinaires, il n'en demeure pas moins un être parmi les êtres. Il doit être remis à sa place, sous peine de voir son orgueil s'amplifier au point de détruire les autres espèces et un environnement qui assurent pourtant sa survie depuis de nombreux millénaires. Nous devons savoir, nous devons agir.
Brunel Pierre ; Dalla Valle Daniela ; Pavesio Moni
Don Juan passe pour être un personnage insolent. Il a quelque chose d'insolite aussi car à beaucoup d'égards il est en rupture de ban avec sa famille, avec la société dans laquelle il évolue, avec la religion. Du XVIIe siècle à nos jours, à travers littératures française et étrangères, on assiste donc à ces métamorphoses quand l'imagination des auteurs se donne libre cours. Ces auteurs peuvent être les plus connus (Molière) ou moins connus de nous (Alexis Tolstoï), attendus (Dumas père) ou inattendus (Roland Topor). Mais l'ouvrage déroule surtout des Don Juans surprenants dont le génie brise les codes esthétiques comme les autres.
60 % des enfants sourds présentent des troubles de l'équilibre (troubles vestibulaires). Ces troubles vestibulaires ont un impact très invalidant sur le développement et par voie de conséquence sur leur approche du monde et sur leurs apprentissages. Les efforts qu'ils doivent fournir pour maintenir leur équilibre et leur stabilité sont extrêmement couteux en énergie. Ils ne peuvent explorer facilement leur environnement de peur de chuter ou d'être bousculés. Soit cela les rend peu aventureux et frileux, soit, a contrario, les enfants stimulent ce manque d'informations vestibulaires par une mise en jeu du corps excessive. De ce fait, les expériences et les interactions avec l'entourage sont évitées et entravées de peur de perdre une certaine unité corporelle. A cela s'ajoutent des sensations de vertige et d'effondrement permanentes. Les enfants mettent en place des compensations qui passent par les deux sens fondamentaux que sont la proprioception et la vision. Ce livre est le fruit de réflexions communes menées lors de réunions au Centre de Ressources Robert Laplane où nous avons pu rassembler plusieurs idées d'exercices issues de nos expériences multiples dans toute la France au sein d'institutions spécialisées dans la surdité. Il s'adresse à tous les professionnels de santé et aux parents concernés aussi bien par la surdité que par les troubles vestibulaires de façon plus large. Nous proposons la mise en situation de nombreux exercices illustrés qui peuvent aider l'enfant à trouver des solutions pour investir l'espace physique et relationnel de façon moins entravée. L'exploration spatiale, l'adaptation aux situations de la vie quotidienne et l'accès à des expériences nouvelles sont essentiels pour que ces enfants puissent mettre en place des compensations suffisamment intégrées pour les aider à se construire.
Jacques Benoit aborde dans Le petit monsieur un genre ancien : le roman par lettres. A la mode aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis devenu de plus en plus désuet, il est presque inconcevable de nos jours. Pourtant, il s'avère un choix d'une efficacité extraordinaire ; en effet, dans cette forme littéraire le personnage de Rachel évince l'auteur et le narrateur, puisque c'est elle qui écrit les lettres. Le lecteur, acculé à son seul point de vue, se rend compte, grâce à la présence pourtant muette de l'auteur implicite, que la jeune femme est malheureuse, égoïste, incapable de voir la réalité et d'accepter l'aide des autres, qui se montrent d'ailleurs inaptes à la comprendre et à l'aider. Ainsi Rachel sombre dans son malaise, fait de masochisme, entêtement, désespoir, avec comme victime son propre enfant, un petit enfant sans défense (et sans nom), condamné à une solitude sombre et méfiante, jusqu'à l'anéantissement final.
Le livre III du De casibus virorum illustrium de Boccace s'ouvre sur un apologue bien connu : la rencontre puis la lutte entre Paupertas et Fortuna. La moralité éditée ici en est la transposition drama- tique, enrichie d'autres personnages et autonome dans l'élaboration de la matière. Avant et après la lutte entre les deux protagonistes, le débat - tour à tour juridique et philosophique, par moments manifestement parodique -, est alerte et serré sur ce qui régit le sort des hommes, en utilisant nos termes, sur la liberté, le destin, le hasard. Inédit, le texte est conservé par un seul manuscrit. L'introduction rassemble nos connaissances au sujet de l'oeuvre, une transposition en français moderne est imprimée à la suite de l'édition, accompagnée de notes philologiques, littéraires et historiques, ainsi que du relevé des caractères codicologiques de la copie. Le volume comporte également les index des mots objet de discussion, des noms propres, des "autorités", des expressions proverbiales et des formes métriques.
La traduction de vingt chants choisis de la Divine Comédie parut en plein courant romantique en 1829, dans la même année que les Orientales de Victor Hugo, au lendemain des Etudes françaises et étrangèresd'Emile Deschamps. Antoni avait voulu contribuer, pour sa part, à donner ses lettres de naturalisation au grand poète que la nouvelle école plaçait non sans raison parmi ses ancêtres. Il entreprenait d'initier à cette poésie admirable le lecteur français qui l'avait jusqu'alors méconnu. Aussi ne voulut-il que donner, selon ses propres expressions, "une idée du ton et de la manière de Dante" . Il s'abstint de notes et de commentaires [... ] ; il s'attacha uniquement à reproduire, avec une religieuse fidélité, la couleur et surtout l'accent de la poésie dantesque. Ainsi comprise, sa traduction fut une véritable révélation pour le public compétent. (Paul Juillerat)
Les études présentées ici se focalisent sur un aspect fondamental des techniques de translatio, utilisées par les auteurs du XVIe siècle. Par ailleurs, il s'agit de techniques sur lesquelles se base une partie de la poétique de la Renaissance. Le rapport avec le modèle classique est tout à fait central, au niveau de la traduction et de l'imitation, mais surtout au niveau de la réinterprétation. En effet, s'il est vrai que toute traduction au XVIe siècle est aussi une réélaboration du modèle tragique ancien, il est vrai, de même, que les limites théoriques entre les définitions de traduction et d'imitation énoncées en France semblent interchangeables, au point que souvent ces mêmes définitions peuvent fonctionner à la fois pour l'une ou l'autre des deux catégories énoncées, étant parfois construites ou opposées sur des acceptions minimales de sens.