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Le divan des rois. Le politique et le religieux dans l'islam
Dakhlia Jocelyne
AUBIER
24,80 €
Épuisé
EAN :9782700722932
L'islam, religion théocratique : c'est là, en deux mots, la perception commune d'une religion qui ne concéderait nulle indépendance au politique. Nostalgie du califat, inaptitude intrinsèque à la "laïcité", réactions à la colonisation sont les facteurs invoqués pour expliquer que les sociétés musulmanes seraient vouées à l'instabilité politique ou au joug religieux. Or il existe bel et bien un héritage du politique en islam, qui ne doit rien à la théologie, dédaigné par les historiens, méprisé des islamistes, ignoré des tenants de l'occidentalisation à outrance. Enoncée par les arts de gouverner, présente dans les contes ou les chroniques, cette sagesse s'exprime sous forme de sentences, de métaphores et de récits à portée universelle. Elle affirme que tous les souverains, musulmans ou non, forment une communauté de pairs - un "divan des rois". Elle met l'accent sur la justice et l'équité nécessaires au bon gouvernement, selon le principe que "la royauté survit à l'incroyance mais pas à l'injustice". Elle est au fondement d'une conception autonome du politique dans l'islam, que Jocelyne Dakhlia s'attache plus particulièrement à décrire dans le cadre du Maghreb, conservée dans la mémoire nord-africaine jusqu'au début du XXe siècle avant d'être brutalement oubliée. Il faut s'interroger sur les raisons de ce refoulement et découvrir cet héritage pour mieux percer à jour les simplifications grossières abusivement colportées d'un côté comme de l'autre de la Méditerranée.
Depuis une dizaine d'années, l'art et les créations artistiques ou littéraires contemporains d'un nombre croissant d'artistes, cinéastes, écrivains, musiciens, originaires de pays d'Islam, qu'ils soient ou non de "culture musulmane", connaissent un développement totalement inédit. Jamais le monde islamique contemporain n'avait été aussi présent, en France notamment, sur le plan culturel. Cette évolution, déjà très sensible, a été paradoxalement renforcée par le choc des attentats du 11 septembre 2001, comme si l'art devait et pouvait seul constituer le terrain d'une "réconciliation" avec l'Islam, comme s'il était le lieu où les conflits, enfin, se voyaient désamorcés, vidés de substance... Ce livre, produit dans ce contexte de tensions et d'attentes, de possibles malentendus, entend, en premier lieu, donner une vision transversale des différents secteurs de la création artistique des pays d'Islam, de tous les domaines créatifs éventuellement "traversés" par la question de l'islam, pour faire le point sur ces dynamiques en cours, si mal connues ou trop souvent identifiées à quelques individualités, dans l'ignorance du milieu qui les porte. L'ouvrage s'interroge, en second lieu, sur la portée de cet art dans l'espace civique, et dans le débat public, tant sur les scènes occidentales que dans le monde musulman.
Un musulman peut-il être européen? Cette interrogation, qui n'a été formulée explicitement qu'avec l'irruption sur la scène politique du débat sur l'entrée de la Turquie dans l'Europe, se posait déjà au Moyen Age et à l'époque moderne. Pourtant, un préjugé tenace voudrait que les musulmans aient été quasiment absents d'Europe jusqu'au XIXe siècle, les flux de circulation ou d'immigration étant tous tributaires de la colonisation. Opposant des arguments scientifiques à ces idées reçues, les études réunies ici démontrent qu'au contraire des musulmans ont été intégrés par milliers aux sociétés d'Europe occidentale, mais que ce fait est passé inaperçu. Cette invisibilité nous apprend que, loin d'être contemporaines, la question de la présence de l'islam dans l'espace public et celle de la pratique du culte musulman sont anciennes - et enfouies. Ce premier volume d'une vaste enquête sur l'histoire de la présence musulmane en Europe a l'ambition d'expliquer pourquoi cette réalité est restée ignorée et à quelles difficultés on se heurte à vouloir définir un "musulman" dans un contexte européen, ce qui, aujourd'hui comme hier, pose des problèmes éthiques et politiques forts.
Résumé : Le débat civique se construit et se bloque en France autour d'une image globale de l'islam comme religion et comme culture, un islam induisant une solution de continuité des principes et même du territoire de la République. Ce débat se radicalise de manière inquiétante, et l'on ne peut que constater le très faible impact, voire les effets contre-productifs de toutes les tentatives de " réhabilitation " de l'image de l'islam dans l'opinion. Face à ces échecs, cet essai conduit à reformuler les termes du débat en renonçant tout d'abord à toute apologie culturelle, passée ou présente. Les raisons d'une si profonde résistance de la société française à faire place à l'islam ne sont pas à trouver dans une histoire de la Méditerranée, qui révèle au contraire l'intensité des interpénétrations et des migrations croisées, bien avant la colonisation. Une histoire qui invite même à remettre en question l'idée de frontières intangibles entre l'Europe et le monde de l'islam. Elles résident plus sûrement dans un héritage théologique de la polémique chrétienne antimusulmane, dans lequel peu de défenseurs des Lumières seraient prêts aujourd'hui à se reconnaître, ou encore dans l'image coloniale d'un islam alors " domestiqué " et soumis. Quelque sentiment que l'on éprouve à l'égard de l'islam, il faut cependant sortir du registre de l'affect et repolitiser notre rapport à quiconque s'en réclame dans l'espace public, sans le moindre relativisme culturel, pour rendre aux musulmans, sur le plan politique, une diversité de sensibilités et d'engagements qui est le fondement même du jeu démocratique. Ce n'est qu'à cette condition, celle d'une " reconnaissance à l'identique ", d'une " transposition ", et pas seulement d'une intégration au paysage politique français ou européen, qu'une négociation plus sereine de la visibilité de l'islam dans la cité pourra être enfin envisagée.
Van Orman Quine Willard ; Largeault Jean ; Laugier
Au centre de ce volume se trouve " L'épistémologie naturalisée ", sans doute le texte le plus influent de Quine : référence de la philosophie analytique dans sa version naturaliste, il a été utilisé non seulement comme manifeste philosophique des sciences cognitives, mais aussi comme signal d'un renoncement à l'antipsychologisme des pères fondateurs de la philosophie analytique. Quine y affirme que l'épistémologie devient " un chapitre de psychologie ", puisqu'elle étudie " un phénomène naturel, à savoir un sujet humain physique " et sa production de théorie (output) à partir de données sensorielles (input). Il reverse la question épistémologique à la psychologie, la renvoyant au schème conceptuel de la science dans son ensemble. L'inverse vaut aussi : la science naturelle, par un effet de " mise en abyme ", est finalement contenue dans l'épistémologie. On comprend pourquoi il est important que l'épistémologie soit naturalisée, et non, comme on l'imagine parfois, l'esprit, l'intentionnalité ou le langage. Naturaliser signifie renoncer à toute fondation extérieure à la nature, et certainement pas retrouver de nouvelles certitudes dans la science. Un naturalisme second ne serait plus fondé sur le modèle des sciences de la nature, mais sur notre nature, qui est sociale. Cet ouvrage a ainsi lancé le débat crucial sur les variétés du naturalisme : Sellars, Strawson, Putnam puis McDowell ont travaillé à élaborer ce naturalisme de la seconde nature. Le naturalisme devient alors simplement une position immanente, refusant toute argumentation transcendantale et toute position d'arrogance de la philosophie comme de la science. La réflexion sur le naturalisme, sur ses limites et sa nature, est certainement un élément essentiel de l'héritage philosophique de Quine aujourd'hui, et l'acquis le plus durable de la Relativité de l'ontologie.
Van Orman Quine Willard ; Bonnay Denis ; Laugier S
L a logique, pour Quine comme pour les membres du Cercle de Vienne dont il a repris et critiqué l'héritage, est un outil qui permet d'éclairer les débats philosophiques ; elle est le langage de la science, le langage dans lequel la science peut être exprimée avec la clarté maximale et dans lequel les discussions concernant l'existence de tel ou tel type d'objet ou la meilleure explication de tel ou tel concept peuvent être tranchées. Mais, à la différence des philosophes du Cercle de Vienne, et en particulier de son maître Rudolf Carnap, Quine n'attribue pas pour autant à la logique un statut épistémologique d'exception. La logique est une partie du grand tout de la science, et, à ce titre, elle est sur un pied d'égalité avec les mathématiques, la physique et les autres sciences. C'est là la conséquence de la critique par Quine du mythe de l'analyticité, selon lequel il y aurait des vérités - celles de la logique et, par réduction, des mathématiques - qui ne dépendraient pas du monde mais seulement du langage. Philosophie de la logique est commandé par cette double perspective : d'un côté, il s'agit de proposer une reconstruction de la logique classique qui soit en harmonie avec le rôle d'arbitre accordé au " point de vue logique ", et d'un autre, Quine doit préciser le statut qu'il accorde à cette partie de la science, pour expliquer en quel sens les vérités logiques, tout en étant des vérités " comme les autres " s'imposent à nous par leur évidence. C'est ainsi qu'on retrouve dans ce livre les grands thèmes de la philosophie quinienne, qu'il s'agisse du rejet des concepts intensionnels ou de l'utilisation philosophique de la situation de traduction.
Petits dialogues familiers, naturels, presque à bâtons rompus - on les dirait parfois tenus au coin du feu : ces entretiens d'hier et d'aujourd'hui sont ceux de Gitta avec son Ange. Pour la première fois, celle qui fut le scribe des quatre Messagers avoue une intimité qu'elle n'avait jamais révélée jusqu'ici ; après avoir voulu, pendant des années, transmettre l'Enseignement d'une façon aussi rigoureuse et structurée que possible, elle nous raconte enfin à visage découvert comment elle vit, quotidiennement, la présence de son Maître intérieur. Ici se joue une pièce à deux personnages, où il n'est question que de l'essentiel ; tragique par moment, mais avec des pauses, des moments de repos souriant, des face à face tranquilles : " Je lis justement un article scientifique, et je te sens prêt à entamer une petite conversation à ce sujet... " Les grands thèmes des Entretiens s'y retrouvent, bien sûr : l'amour et la joie, la culpabilité et la peur, la naissance de l'homme de demain, la nécessité vitale du don de soi ; mais sous un éclairage différent, qui nous permet d'aller plus loin, d'y découvrir une autre nourriture. Gitta n'a jamais prétendu avoir tout saisi consciemment des paroles de vie qu'elle avait entendues : même si elle sait les Dialogues par c?ur, elle n'en comprend, comme tous les lecteurs, que ce qu'elle est capable d'intégrer, de faire sien. Avec ce nouveau livre, elle vient aujourd'hui nous faire partager ses dernières découvertes.