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Histoire du Proche-Orient contemporain
Dakhli Leyla
LA DECOUVERTE
11,00 €
Épuisé
EAN :9782707157065
Retraçant l'histoire du Proche-Orient au XXe siècle en portant le regard sur les sociétés, cette synthèse entend situer les révolutions de 2011-2012 dans une généalogie des luttes dans la région. Contre la vision d'un monde arabe secoué de guerres et de soubresauts plus ou moins irrationnels, l'auteure écrit ici l'histoire des sociétés et des changements qui les affectent de la fin de l'Empire ottoman aux Etats modernes, en passant par la période de domination coloniale de l'entre-deux-guerres. Cette histoire commence par une révolution, celle menée au sein de l'Empire par les Jeunes-Turcs, et s'achève dans le cycle révolutionnaire actuel, marqué par l'expression de volontés fortes d'émancipation, mais aussi par des résistances et des violences immenses. Elle propose une chronologie de la région qui s'articule autour des moments de contestation et d'élaboration de voies nouvelles pour les sociétés et pour les Etats : luttes féministes, idéologies nationales ou transnationales, parcours de migrations, luttes ouvrières, mouvements de jeunesse, mouvements culturels...
Dakhli Leyla ; Maris Bernard ; Sue Roger ; Vigarel
De toutes parts montent les discours de la peur, des peurs. Peur de l'insécurité, de la précarité, du chômage. De la violence, de la marginalisation, d'être délocalisé. Peur de l'ouvrier chinois, du plombier polonais, de son collègue de travail, du terroriste. Peur aussi de ce que l'on mange, de ce que l'on boit, de son corps. Peur du changement climatique. Peur intime et peur publique. Peur de tout. Cette montée de la parole collective sur l'angoisse pourrait être positive: connaître et énoncer ses peurs, c'est déjà les combattre. Il suffirait de changer de regard, de déchausser les lunettes de la morosité ambiante pour prendre une mesure apaisée des évolutions positives comme des risques encourus par nos sociétés contemporaines. Or c'est tout le contraire qui se passe: loin de se réduire, nos peurs grandissent chaque jour un peu plus. Pourquoi a-t-on tant de mal à les affronter, dans un contexte qui est loin de s'être autant détérioré qu'on voudrait nous le faire croire?L'exploitation de l'angoisse rapporte, et parfois beaucoup, au sens propre. Mais qui a intérêt à gouverner par la peur? Quelles formes de résistance et quelles alternatives peut-on y opposer? Biographie de l'auteur Leyla Dakhli est historienne et activiste. Bernard Maris est économiste. Il a publié Antimanuel d'économie (deux volumes parus chez Bréal en 2003 et 2006). Roger Sue est sociologue, auteur de La Société contre elle-même (Fayard, coll. "Transversales', 2005). Georges Vigarello, anthropologue et historien, a collaboré à l'ouvrage collectif Histoire du corps (Seuil, 2006)."
Fabre Thierry ; Benslama Fethi ; Dakhli Leyla ; El
2011 : les mois qui précédèrent les 18e Rencontres d'Averroès furent agités de vents contradictoires, plaçant les relations Europe/ Islam au coeur du tumulte de l'Histoire. Tandis que les révolutions populaires de Jasmin et de Papyrus renversaient les régimes de Ben Ali et Moubarak, l'Europe était gagnée par un sentiment de peur et de repli, dont l'acmé fut, en Norvège, la fusillade aveugle de l'extrémiste Anders Behring Breivik. C'est de cette tension, qui n'en était pas là à son terme, que les 18e Rencontres d'Averroès se sont saisie, afin de la soumettre à un questionnement critique, débarrassé du poids des représentations et des crispations idéologiques. Cet ouvrage rassemble les analyses et réflexions des intervenants appelés à donner des relations Europe/ Islam une lecture éclairée ; une lecture capable de déconstruire le mythe d'un antagonisme irréductible et d'y substituer une réalité faite d'échanges et d'influences réciproques. Au travers de ces textes, le lecteur est invité à une réflexion en trois temps : un passé remontant aux premières heures d'un Islam conquérant, un présent évoquant la complexité des islams d'Europe et un avenir dont on ne sait pas s'il sera dominé par le vent de liberté du Printemps arabe ou celui, glacial, du repli apeuré d'une droite européenne populaire et xénophobe.
Comme le premier, ce second tome se réfère directement à des débats civiques actuels, et plus particulièrement au projet de l? « Euroméditerranée », avec ce qu?il implique comme questionnements àl?Union européenne. Là encore, il s?agit de rompre avec la vision classique de deux mondes, Europe et Islam, qui se regardent en chiens de faïence, en concluant parfois des alliances diplomatiques et en s?empruntant de temps en temps sur le plan culturel. Les auteurs infèrent de la longue présence musulmane en Europe, une toute autre perspective pour comprendre les relations et l?entre-deux de la Méditerranée.Leur argument est qu?une forte conflictualité entre l?Europe et les sociétés islamiques n?empêchait pas de véritables relations de continuum, à la fois culturel et humain, un peu comme aujourd?hui où ces relations sont tendues et crispées alors même que l?imbrication des populations est constante. Ils discutent alors l?idée reçue que ce continuum serait le fait de diasporas ou de médiateurs culturels privilégiés pour montrer que des dynamiques intégratrices animent, de part et d?autre et au coeur même de leurs structures, les sociétés en contact.Ce livre plus théorique invite à sortir d?une problématique toujours sous-jacente du « choc des civilisations », en montrant que les frontières politiques et religieuses ne recoupent pas nécessairement des ensembles culturels cohérents et que, si l?adversité politique ou religieuse est bien réelle, il ne fautpas en déduire des situations de vide ou d?interstices sur d?autres plans. Il permet d?affirmer que, sur un autre mode, plus culturel et social, les musulmans s?avèrent solubles dans l?Europe. Les antagonismes religieux ou politiques, aussi rédhibitoires soient-ils, ne doivent pas empêcher de voir les lieux d?une proximité ou d?une identité d?être, au sens de l?être social ou culturel et non pas au sens de l?humanisme.
Les soulèvements qui se sont succédé dans le monde arabe en 2010 et 2011 n'ont pas épuisé leurs potentialités. Occupation des places, slogans dégagistes et anti-système, nouvelles mobilisations de la fin 2019 : l'expérience révolutionnaire arabe s'est étendue et déborde les limites qui étaient les siennes il y a dix ans. Elle a ébranlé les sociétés au point que, malgré les contre-révolutions, rien ne sera plus comme avant. L'Esprit de la révolte propose de lire la puissance politique des printemps arabes, leurs répertoires d'actions, les circulations de formes protestataires depuis leurs archives. Traces du temps révolutionnaire, ces documents sont autant de balises pour le futur si l'on prend le temps de les regarder, de les lire, de les écouter. Et nous espérons que nos lectrices et lecteurs pourront voir ce qui se raconte ici en creux des places européennes, des rues sud-américaines et d'une aspiration globale à " changer de système ". Sous la direction de Leyla Dakhli, dix chercheuses et chercheurs ont engagé une grande collecte : photos, tracts, vidéos, fresques murales, banderoles, chansons, affiches, etc. Chacun de ces objets, témoin d'un moment, d'une figure, d'un type d'action politique, constitue l'ancrage d'une réflexion et d'un récit. Ce cheminement par l'archive permet aussi de relier les expériences et d'en comprendre la persistance ou la disparition. Avec Amin Allal, Kmar Bendana, Mohamed Slim Ben Youssef, Youssef El Chazli, Elena Chiti, Simon Dubois, Giulia Fabbiano, Samer Frangieh, Mélanie Henry, Loulouwa Al-Rachid.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.