Cet ouvrage s'interroge sur les liens entre médias et changements à partir des mobilisations sociopolitiques et nouvelles formes de l'agir citoyen qui ont vu le jour dans des contextes fort différents : en Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Il invite à penser diverses mobilisations citoyennes afin de mettre en perspective leurs similitudes et divergences, d'une part, et leurs continuités et ruptures avec des mouvements de fond plus anciens, d'autre part. Les figures symboliques de ces mouvements incarnent des revendications culturelles, socioéconomiques, des formes de participation nouvelles dénonçant la précarité, le manque de liberté, de démocratie, d'égalité sociale, d'espoir, etc. Le point commun entre tous ces phénomènes est l'usage des technologies numériques comme outils d'aspiration au changement. Cependant, le processus de changement représenté par ces modalités d'action serait-il une énième illusion, un idéal démocratique dans un système favorisant l'usage mercantile des traces d'utilisateurs des outils numériques ? La présence d'acteurs aux discours souvent contradictoires, avec un investissement inégal, dans un espace symbolique éclaté peut-elle favoriser la mise en place d'un contre-pouvoir et conduire au changement ? Assistons-nous à l'émergence d'une nouvelle forme de démocratie participative, d'organisation du débat public, de gestion du territoire et de gouvernance dont les modalités seraient différentes de l'action "traditionnelle" ? Cet ouvrage réinterroge de la sorte les phénomènes de changement pour offrir de nouvelles lectures aux processus d'engagement, de contestation, de l'agir citoyen, de "révolution" numérique, de "contagion" médiatique, d'internationalisation de flux informationnels, de "durée de vie" des mouvements citoyens, de gouvernance, etc.
A partir de décembre 2010, le monde arabo-musulman a connu des mouvements sociopolitiques au cours desquels les citoyens ont eu la volonté de manifester leur opposition aux régimes politiques en place. Au-delà des particularités, le point commun entre ces mouvements reste la volonté citoyenne de dénoncer les conditions sociales, économiques et politiques dans ces pays grâce aux modes d'expression artistiques et médiatiques. Cet ouvrage présente quelques caractéristiques faisant son originalité. Il. permet une mise en perspective de la jonction entre expressions artistiques, usages médiatiques et actions citoyennes en période de transition. Il. offre une double lecture des mouvements sociaux en oeuvre dans diverses aires culturelles et géographiques et privilégie des approches diachroniques et comparatives, amenant autant des possibilités de comparaison au sein des espaces arabes qu'un éclairage des mouvements sociopolitiques dans d'autres régions du monde. Il observe les modalités des militantismes nouveau et traditionnel et les transformations des facteurs de légitimation de l'expression politique dans des aires marquées par le poids de la normativité sociale, culturelle ou politique. Il s'agit ainsi de réinterroger le concept d'espaces libres à partir des formes artistiques et politiques en oeuvre dans ces pays afin de saisir les structures d'opportunités à travers les stratégies et modes de résistance ponctuelle ou permanente. Cet ouvrage éclaire le cadre de productions artistiques représentées par le film, le documentaire, la peinture ou encore le street art, et les modalités d'usages médiatiques comme outils de médiations et de mobilisation sociale, comme forme d'interaction entre la réalité vécue et sa dimension symbolique avant, pendant et après les soulèvements arabes.
Lacroix Thomas ; Daghmi Fathallah ; Dureau Françoi
Les migrations internationales contribuent à définir l'Etat et ses formes de citoyenneté. Elles modifient les relations professionnelles, transforment les espaces géographiques et jouent un rôle fondamental dans les expressions artistiques. Par effet miroir, les pratiques des migrants sont, elles aussi, tributaires des contraintes et opportunités qu'ils rencontrent dans les espaces qu'ils traversent, sinon investissent. De l'Europe au continent américain en passant par l'Afrique, ce livre illustre la façon dont les études migratoires permettent d'éclairer les sociétés contemporaines, depuis leur construction politique jusqu'aux multiples échelles servant à l'analyse des pratiques sociales quotidiennes. Prises ensemble, elles initient un dialogue nécessaire entre spécialistes des migrations et des sciences sociales. En d'autres termes, penser les migrations est "un moyen de penser la société", au-delà de la question du contrôle des frontières par les Etats, à laquelle elles sont trop souvent réduites.
Cet ouvrage est un ensemble de textes portant sur l'économie solidaire, la démocratie de proximité et le développement local. De par l'origine des auteurs, il fait un pont au dessus des rives Nord et Sud de la Méditerranée contribuant ainsi à un débat d'idées de part et d'autre des frontières, celles des territoires et celles des savoirs. En substance, cette ?uvre collective explore en profondeur les limites de la pensée globale qui est aux commandes de la mondialisation ainsi que les alternatives qu'offre la pensée de la proximité. Celle-ci est appréhendée en tant que paradigme en gestation mettant en interfécondité les savoirs du social d'une part et en synergie les acteurs et les territoires d'autre part. De par sa pédagogie de recherche, cet ouvrage est non seulement utile aux étudiants et aux chercheurs mais aussi aux acteurs de terrain (Administrations centrales. collectivités locales, associations, ONG, organismes internationaux) qui cherchent à fixer conceptuellement des réalités en constante recomposition que seule une pensée au plus prés des pratiques locales peut entrevoir.
Cet ouvrage résulte d'une coopération tripartite entre l'Université du Littoral Côte d'Opale, ULCO, l'Université Mohammed V-Souissi et l'Université Fédérale de Rio de Janeiro, UFRJ. De part et d'autre de l'Atlantique et de la Méditerranée, il rassemble une série de contributions sur les dimensions humaines et locales du développement. En substance, le concept du développement local y est questionné dans sa genèse comme dans son évolution. Les approches proposées, à travers des arguments tantôt théoriques, tantôt empiriques, mettent en évidence les contradictions de l'économie contemporaine ainsi que les issues dont sont porteuses les dynamiques locales. A l'évidence, le marché globalisé fait jaillir paradoxalement des pratiques de réappropriation territoriale. Face à l'incertitude engendrée par la globalisation, les acteurs retrouvent dans leurs territoires des repères collectifs les stabilisant et des ressources spécifiques permettant une redynamisation. Ces singularités territoriales endiguent l'entropie de l'uniformisation planétaire. Ainsi, la diversité s'avère être un remède à cette grande défaillance. En somme, ce "tournant territorial de l'économie globalisée" est véritablement un changement de paradigme. En dépit de leur diversité thématique et géographique, toutes ces contributions aboutissent à une conclusion de portée universelle : l'échelle locale nous rapproche de l'homme à la condition d'adopter aussi une épistémologie de recherche décloisonnant les savoirs du social. Autres Auteurs : Roberto Bartholo, Leiliam Cruz Dantas, Noufissa El Moujaddidi, Abdellah Fadel, Gilles Ferréol, Bernard Guesnier, Mohamed Lhafi, Marc Luyckx, Beany Monteiro, Bernard Pecqueur, Michel Thiollent.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.