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Sylvère
Cusset François
SENS ET TONKA
15,00 €
Épuisé
EAN :9782845343238
La vie agitée (1938-2021) d'un presque inconnu, ici juste prénommé, pour servir de tombeau à tout le vingtième siècle : parce qu'il a été enfant caché, habité par la guerre et une judéité refoulée, parce qu'il a pressenti l'éternel retour du fascisme, parce qu'il a importé en Amérique la French Theory et exporté en Europe l'avant garde US, parce qu'on lui doit une revue culte et des têtes mémorables, parce qu'il a été l'ami de John Cage et de Félix Guattari, des féministes punks et des artistes en vogue, parce qu'il a été noceur à New York et cinéaste insolite, prof de philo mythique et personnage de série, et qu'il n'a cessé, tout du long, de faire exister plus grand que lui pour se taire et mieux disparaître. Mais le lien compte plus que ceux qu'il relie. Le ventriloque en dit plus que ceux qu'il fait parler. Incarnée par des sensations précises et quelques concepts forts, cette vie-là nous fait voir le crépuscule des modernes, l'intelligence folle d'un monde disparu. Sylvere je l'ai connu, et je voudrais que d'autres, entre les lignes, aient cette chance à leur tour.
Résumé : Lancelot et son fidèle lieutenant ne cessent de se déclarer leur flamme, inventant une chevalerie très exclusive. Gargantua et son moine ont une complicité truculente, qu'exprime un argot plutôt tendancieux. Et qui sait si le duc de Nemours comme le vicomte de Valmont ne s'intéressent pas à leurs mâles concurrents plus qu'à l'objet officiel de leurs émois - la princesse de Clèves et la marquise de Merteuil, qui se consoleront l'une au couvent et l'autre avec ses jeunes recrues. Ainsi, ils et elles en seraient tous. Religieuses de Diderot, adolescents de Constant, cousins célibataires chez Balzac et, bien sûr, buveurs de thé proustiens ou piliers de cabaret de Genet, tous placent l'ambivalence sexuelle au c?ur de la modernité littéraire. Ce soupçon-là, qui brouille la frontière convenue entre homo et hétéro, a pour nom queer, et pour terre d'élection les campus nord-américains. C'est le soupçon que jettent, avec un plaisir contagieux, une poignée de critiques et d'homo-lecteurs américains sur le corpus prestigieux de notre littérature, et plus largement sur l'acte même de lire, qu'ils retournent en un joyeux dé-lire. F C.
Un jour de feu, comme si la ville avait toujours été à nous. Un seul jour de feu, pour un reste de vie tiède. Longtemps après, on vit sans nous, chacun pour soi. Mais on se retrouve par hasard, une nuit entière, on retrouve nos forces, et un fantôme. Notre temps à nous. A l'abri du déclin du monde.
La Yougoslavie implosait. Les zapatistes prenaient les armes au Chiapas. Au Rwanda on exterminait en masse. Partout les bulles spéculatives enflaient. La techno et l'ecstasy multipliaient les nuits blanches. La France était reine du football. De grandes grèves réveillaient le mouvement social, et les idéo logues qui croyaient avoir vaincu le communisme commençaient à déchanter, pendant qu'Internet balbutiait et qu'un président américain jouait son poste sur une gâterie. Autre temps, si récent pourtant, que celui où prit naissance notre présent. Car dans l'intervalle entre la chute d'un mur, à Berlin, et l'écroulement de deux tours, à New York, le monde a basculé, avec les certitudes qui le portaient : celles de la fin (de l'Histoire, du social, de la guerre...), vite corrigées par le retour de l'événement, et celles du bonheur néolibéral sans alternative, que les faits comme les nouveaux résistants s'appliquèrent à démonter. L'ambition de ce livre est d'offrir la première histoire générale, plurielle et engagée de la dernière décennie du XXe siècle : l'ère de la " fin de l'Histoire " avait besoin de son manuel d'histoire, pour y voir s'entrecroiser culture et politique, pop et peuple(s), régressions brutales et nouvelles zones autonomes temporaires - et pouvoir passer, peut-être, de la fin de tout au début de quelque chose.
François Cusset revient dans cet ouvrage sur ce " moment " confinement qu'il décrypte comme le génie indécis, vaporeux, qu'a laissé s'échapper pendant quelques semaines cette lampe du confinement, merveilleuse et terrifiante à la fois. Une analyse érudite et originale qui permet d'envisager, qui sait, un nouvel horizon d'avenir désirable.
?Recueil de textes (articles, notes...) qu'Yves Stourdzé avait commis au fur et à mesure de ses réflexions et de ses engagements. Pour les éditeurs, « il s'agissait de continuer le voyage entamé avec cet homme pressé (savait-il qu'il avait si peu de temps ?) qu'était Yves Stourdzé. Dégager le cheminement obstiné d'une pensée qu'aucun obstacle ne rebutait, qui refaçonnait ses instruments de réflexion et ses moyens d'agir au fur et à mesure qu'ils étaient mis en défaut. Nombreux furent déconcertés par sa fascination pour les technologies et le pouvoir sans en saisir l'enjeu ? Nombreux furent ceux qui se sont interrogés sur l'atypisme d'une telle démarche. » On trouve Dans une poignée d'électrons un début de réponse. Édition de Marie Thonon-Jacobin & Jean-François Blondeau-Patissier
On est entré à Mélise par la porte du Souhait. es jardins de Mélise décident si tu es amant ou aimé et j'y ai vu une ville qui songe. Le troisième jour, j'ai visité les jardins de Mélise : jardin de regards, jardin d'odeurs, jardin d'histoire, jardin d'ombre et de lumière, ou jardin des passages, ils sont des parcours que l'on suit lorsqu'on a décidé, pour chacun de ses fleurs. J'ai décidé d'un jardin d'oubli, Dieu sait pourquoi. C'est un jardin à trois fleurs.
Ecrit du mois de mars 1999 au mois de mars 2000 - d'où son titre -, cet ouvrage constitué de courtes satires fait référence à la cruauté et à l'absurdité de l'Homme désarmé, malgré tout, face à son propre désarroi. Tu lui dirais alors noblement oui de l'estocade tu meurs c'est beau et le taureau sonderait fier le regard qui ternit le souffle qui s'éteint sous le ciel imparable du soleil sévillan il couperait alors les oreilles et la queue - les couilles du héros en bouquet dans sa bouche séchantes - de ces trophées muni dans son enclos enfin ferait le signe de la croix...
Pendant que l'écologie radicale, arc-boutée à ses préceptes de rigueur, tente de résister, pendant que le Green business s'organise pour récupérer le marché bio, une troisième voie, sans nom, et qu'ici j'appelle "L'alternative ambiante", naît des rumeurs entremêlées analyses contradictoires, bilans de catastrophe, prédictions hasardeuses mais aussi de véritables constats, d'expériences et de recherches sérieuses. L'alternative ambiante regarde du côté de la décroissante sans y adhérer tout à fait, se détourne du Green business jugé excessif et, plutôt que d'espérer un quelconque salut venant des élus de la République, se place dans l'expectative en interrogeant les incidences possibles de l'Effet papillon. Oui, le jardin est planétaire, plus personne ne peut en douter mais tous ceux dont l'esprit alerté mesure les dimensions d'une si ample question se demandent comment on devient jardinier dans ce jardin-là. Aucune réponse ne parvient formulée d'un bloc. L'humanité incrédule, tour à tour endormie par les médias et réveillée par la crise, tente de nouvelles pistes de vie en terrain inconnu. Tout est à inventer, tout semble nouveau".