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Les manuscrits médiévaux témoins de lectures
Croizy-Naquet Catherine ; Harf-Lancner Laurence ;
SORBONNE PSN
28,50 €
Épuisé
EAN :9782878546392
Ce recueil s'intéresse à la matérialité du manuscrit médiéval pour en analyser les éléments constitutifs et les enjeux et faire l'histoire de ses usages. Les manuscrits sont les précieux témoins de lectures diverses dont ils ont gardé la trace. Les articles couvrent une large période, des manuscrits carolingiens aux premiers incunables, et portent sur des textes aussi bien latins que français. Au fil des pages surgissent deux figures complémentaires, celle du lecteur, lecteur réel qui annote le manuscrit ou le salit lorsqu'il le consulte, ou lecteur modèle que l'écrivain projette dans son texte pour en assurer une réception conforme à ses attentes ;- et celle de l'auteur, silhouette imaginée par les compilateurs qui ont réuni ses oeuvres dans un recueil manuscrit, ou dessinée par l'écrivain lui-même qui adopte des postures variées. Les enluminures sont également prises en compte puisqu'elles témoignent, par un autre medium, de la réception des oeuvres. Mises en recueil, mises en images, traductions, gloses sont appréhendées ici comme autant de moyens de saisir la manière dont les textes ont été lus et compris tout au long du Moyen Age.
Résumé : Lire et comprendre un texte du Moyen âge dans sa forme originelle : tel est l'objectif prioritaire de ce " Petit traité ", visant à présenter ce qui, du français médiéval, fait ordinairement difficulté à qui veut l'aborder ; il a, en effet, été conçu par une équipe enseignante en fonction d'un public précisément défini : celui des étudiants de Lettres qui ont à suivre un enseignement sur l'histoire de notre langue. Mais ce balisage d'un savoir minimal, à partir duquel s'est élaboré le volume, peut être aussi un fondement à des études de linguistique médiévale comme un récapitulatif des formes anciennes du français.
Les hommes du Moyen Âge ont eu la passion des sommes encyclopédiques dans lesquelles ils espéraient réunir l'ensemble des connaissances humaines. Mais paradoxalement ils ont aussi eu le souci de la brièveté. Partagés entre le désir de dire tout ce qu'il leur fallait dire et celui de bien dire dans un exposé ramassé et synthétique, les écrivains ont trouvé un équilibre entre les deux pôles de l'amplification et de la brièveté en faisant jouer ensemble les notions plutôt qu'en les opposant. C'est à cette tension, à la manière dont les auteurs du Moyen Âge l'ont appréhendée, dépassée et utilisée à leurs propres fins que ce recueil d'articles est consacré. Analysée sous différents aspects, rhétoriques, esthétiques ou philosophiques, la notion de brièveté engage une réflexion sur l'efficacité du discours, sur le temps, sur la mémoire, sur l'inconscient individuel et collectif.
L'oeuvre médiévale, une esthétique de l'inachèvement. La question de la fin du texte a soulevé de la part de la critique et de la théorie littéraire un intérêt très vif, mais plus récent que celle de son début, et c'est à la fin des années 60, avec l'ouvrage de Frank Kermode, The Sense of an Ending (1967), que les travaux sur ce sujet se sont multipliés. Dans les années 80, les études médiévales se sont intéressées à leur tour à la question. On explore alors, aux Etats-Unis puis en France, tantôt dans les fictions courtoises, tantôt dans les romans arthuriens, la question de l'impossible clôture de l'oeuvre. Etendant cette enquête au texte médiéval dans sa diversité, lyrique, didactique, narrative, et bénéficiant des apports critiques et théoriques les plus récents, ce volume est le premier à offrir une réflexion d'ensemble sur ce sujet. En posant la question de la fin de l'oeuvre, il plonge le lecteur dans la poétique particulière du texte médiéval et de ses fins.
Mariage stérile, pèlerinage, viol, tentative de meurtre, châtiment, mariage fertile, retrouvailles, rédemption, Saladin... Ces moments-clés fondent le scénario original de ce roman médiéval. Mariage stérile, pèlerinage, viol, tentative de meurtre, châtiment, mariage fertile, retrouvailles, rédemption, Saladin... Ces moments-clés fondent le scénario original de La fille du comte de Ponthieu autour de la scène matricielle du viol de l'héroïne. Ils sont déroulés au XIIIe siècle dans deux versions, l'une brève et épurée, l'autre plus longue, constellée de moralisations. La dernière, datée du XVe siècle, pivot central du cycle de Jehan d'Avesnes, joue de l' amplificatio et de l'invention pour combler les attentes de l'auditoire bourguignon. Les trois récits ouvrent à une pluralité de lectures sur la toile de fond d'une rencontre entre l'Orient et l'Occident, incarnée par le prestigieux sultan.
La théorisation actuelle du personnage de fiction demeure tributaire, pour l'essentiel, de présupposés structuralistes qui ont conduit à le concevoir comme un être de papier et d'action, et comme partie d'un système. Assurément opératoire sur un vaste corpus, cette manière de penser le personnage n'en est pas moins débordée par les usages fictionnels contemporains, qui ambitionnent de documenter le fait humain tous azimuts. Dès lors, un geste d'ouverture et d'ajustement théoriques s'impose pour saisir ces nouveaux usages et leurs implications. Les études réunies dans le présent ouvrage participent ainsi de trois perspectives : poétique, pragmatique et culturelle. Attentives à leurs objets propres comme aux enjeux conceptuels qui les traversent, elles donnent à voir la singularité des nouveaux possibles des oeuvres (littéraires, cinématographiques ou numériques), et contribuent à la nécessaire historicisation des théories du personnage.
Entre le XVIIIe et le début du XXe siècles, la presse, les éditeurs et les salons parisiens lancent des auteurs russes en Europe et rehaussent leur réputation dans leur patrie. Les succès des lettres propagent l'image positive de l'Empire. Quelles stratégies politiques, éditoriales, mais aussi mondaines doivent déployer écrivains, intellectuels et diplomates russes en France afin de conquérir l'opinion publique française ? Sont analysées, plutôt que la réception des oeuvres, les manoeuvres qui contribuent à programmer une fortune littéraire, et la part respective qu'y prennent écrivains, éditeurs, traducteurs, journalistes et diplomates. En contribuant à repenser les mécanismes de la sociologie littéraire, c'est un volet inédit des relations littéraires franco-russes que l'ouvrage révèle.
Au regard de la disparité persistante entre l'Ouest et l'Est du pays en Allemagne, le domaine dit "alternatif" est un terrain d'étude privilégié pour comprendre la contre-culture depuis l'unification allemande de 1990. Celle-ci a-t-elle permis la conservation de deux héritages différents ? Comment le processus de rapprochement de mouvements anti-systémiques issus de deux systèmes politiques et sociaux différents s'est-il déroulé ? La culture alternative a-t-elle évité en son sein l'écueil de la reproduction de rapports de domination qui sont manifestement à l'oeuvre au niveau fédéral ? Issue de nombreux voyages et rencontres, cette étude se propose de chercher une réponse à ces questions à travers le milieu identifiable, stable sur une certaine durée, des " communautés alternatives " implantées en milieu rural. L'analyse s'appuie d'une part sur une attention particulière au milieu, à la langue et au contexte culturel, d'autre part sur les méthodes empruntées aux sciences sociales, en particulier à l'analyse historique des mouvements sociaux, à l'histoire orale, aux entretiens qualitatifs et à l'observation participante. Anne-Marie Pailhès est maître de conférences à l'Université Paris Nanterre, habilitée à diriger des recherches en Etudes germaniques. Elle est l'auteur de nombreuses publications sur la RDA et l'Allemagne de l'Est depuis 1990.
Indexée sur l'expérience d'un lieu, l'écriture de Jean Rolin se situe au coeur des renouvellements thématiques et esthétiques de la littérature de ces trente dernières années : à partir d'une immersion dans un espace concret - visite réitérée, incursion, séjour prolongé - elle définit une forme littéraire située au croisement du documentaire et du romanesque, en prise sur les espaces contemporains, tentant d'élaborer les conditions d'un possible témoignage. Selon quelles modalités s'opère la saisie incarnée et située d'un territoire ? Comment l'expérience vécue est-elle recomposée par l'écriture, en marge des catégories génériques du reportage ou du récit de voyage ? Comment s'actualise la situation de l'écrivain dés lors que son rapport au monde prend soin d'écarter toute prétention didactique ? C'est à toutes ces interrogations que ce volume s'efforce de répondre à travers des lectures croisées, qui font dialoguer entre elles les différentes oeuvres de Jean Rotin pour mieux en cerner les constances, les récurrences et les évolutions.