L'oeuvre médiévale, une esthétique de l'inachèvement. La question de la fin du texte a soulevé de la part de la critique et de la théorie littéraire un intérêt très vif, mais plus récent que celle de son début, et c'est à la fin des années 60, avec l'ouvrage de Frank Kermode, The Sense of an Ending (1967), que les travaux sur ce sujet se sont multipliés. Dans les années 80, les études médiévales se sont intéressées à leur tour à la question. On explore alors, aux Etats-Unis puis en France, tantôt dans les fictions courtoises, tantôt dans les romans arthuriens, la question de l'impossible clôture de l'oeuvre. Etendant cette enquête au texte médiéval dans sa diversité, lyrique, didactique, narrative, et bénéficiant des apports critiques et théoriques les plus récents, ce volume est le premier à offrir une réflexion d'ensemble sur ce sujet. En posant la question de la fin de l'oeuvre, il plonge le lecteur dans la poétique particulière du texte médiéval et de ses fins.
Novembre 1835 : Pierre-François Lacenaire est condamné à mort pour faux en écriture, vols et assassinats, au terme du procès le plus spectaculaire de son temps. C'est que l'accusé est exceptionnel : non seulement il ne dissimule pas ses forfaits, mais il en revendique d'autres ; il ne s'effraie pas du sort qui l'attend, il en rit ; il ne repousse pas la guillotine, il la réclame. Détenu à la prison de la Conciergerie, le condamné compose des poésies et rédige ses Mémoires, quand il ne reçoit pas des visiteurs distingués qu'étonnent ses talents et son art consommé de se mettre en scène. Pendant trois mois, jusqu'à sa mort sur l'échafaud en janvier 1836, Lacenaire fascine et scandalise l'opinion. Pourquoi une telle émotion ? Criminel d'origine bourgeoise, assassin poète, Lacenaire ne relève d'aucune catégorie connue : aux yeux des contemporains, il est un monstre moral et social qui cristallise les inquiétudes de la société française postrévolutionnaire. C'est ainsi que, par la diversité des fantasmes et des débats idéologiques, sociaux et culturels qu'elle croise ou révèle, l' "affaire Lacenaire" échappe à l'anecdote pour rejoindre le registre de l'histoire. En apportant un éclairage nouveau sur un criminel célèbre, objet d'un véritable mythe, ce livre ouvre une fenêtre sur l'imaginaire social du premier XIXe siècle.
Points forts:Collection de référence.Une approche novatrice.Autant de soin que pour un manuel scolaire.Organisation:Repères: le contexte historique et littéraireGrandes thématiques: comprendre les enjeux du programmeOutils: pour retrouver rapidement une définition, une idée ou une référence
Résumé : En 2015, à l'issue d'une mobilisation des associations et des victimes, d'un débat public et de rebondissements judiciaires, l'inceste a été inscrit dans le Code pénal par un vote unanime. A la lumière de cette situation récente, ce numéro de Sociétés et Représentations intitulé "Dire l'inceste" questionne l'évolution des conceptions et représentations de l'inceste, à partir d'une réflexion sur le tabou de l'inceste à l'époque contemporaine (tout en offrant une mise en perspective historique avec la conception médiévale de l'inceste). Il réunit les contributions de huit chercheurs, issus d'horizons disciplinaires différents (l'histoire surtout, mais aussi l'histoire de l'art, l'anthropologie, la littérature), qui prennent pour objet la parole sur l'inceste, émanant des différents acteurs du jeu social : victimes, agresseurs, proches et voisins, juges et avocats, journalistes, simples particuliers, artistes et écrivains renommés, etc.) parmi lesquels sont les chercheurs eux-mêmes, ce qui invite à prendre en compte également les effets du tabou sur le chercheur en sciences sociales.
Une affaire criminelle au XIXe siècle qui en dit long sur l'imaginaire social de l'époque. Novembre ? 1835 : Pierre-François Lacenaire est condamné à mort pour faux en écriture, vols et assassinats, au terme du procès le plus spectaculaire de son temps. C'est que l'accusé est exceptionnel : non seulement il ne dissimule pas ses forfaits, mais il en revendique d'autres ; il ne s'effraie pas du sort qui l'attend, il en rit ; il ne repousse pas la guillotine, il la réclame. Détenu à la prison de la Conciergerie, le condamné compose des poésies et rédige ses Mémoires, quand il ne reçoit pas des visiteurs distingués. Pendant trois mois, jusqu'à sa mort sur l'échafaud, Lacenaire fascine et scandalise l'opinion. Pourquoi une telle émotion ? Car Lacenaire ne relève d'aucune catégorie connue : aux yeux des contemporains, il est un monstre moral et social qui cristallise les inquiétudes de la société française post-révolutionnaire. C'est ainsi que l'"? affaire Lacenaire ? " échappe à l'anecdote pour rejoindre le registre de l'histoire, et ouvre une fenêtre sur l'imaginaire social du premier XIXe ? siècle. Publié en 2001, longtemps indisponible, ce livre a marqué l'histoire du crime. Avant-propos inédit "? Une leçon magistrale sur la figure du monstre ? " Philippe-Jean Catinchi, Le Monde
Au regard de la disparité persistante entre l'Ouest et l'Est du pays en Allemagne, le domaine dit "alternatif" est un terrain d'étude privilégié pour comprendre la contre-culture depuis l'unification allemande de 1990. Celle-ci a-t-elle permis la conservation de deux héritages différents ? Comment le processus de rapprochement de mouvements anti-systémiques issus de deux systèmes politiques et sociaux différents s'est-il déroulé ? La culture alternative a-t-elle évité en son sein l'écueil de la reproduction de rapports de domination qui sont manifestement à l'oeuvre au niveau fédéral ? Issue de nombreux voyages et rencontres, cette étude se propose de chercher une réponse à ces questions à travers le milieu identifiable, stable sur une certaine durée, des " communautés alternatives " implantées en milieu rural. L'analyse s'appuie d'une part sur une attention particulière au milieu, à la langue et au contexte culturel, d'autre part sur les méthodes empruntées aux sciences sociales, en particulier à l'analyse historique des mouvements sociaux, à l'histoire orale, aux entretiens qualitatifs et à l'observation participante. Anne-Marie Pailhès est maître de conférences à l'Université Paris Nanterre, habilitée à diriger des recherches en Etudes germaniques. Elle est l'auteur de nombreuses publications sur la RDA et l'Allemagne de l'Est depuis 1990.
Entre le XVIIIe et le début du XXe siècles, la presse, les éditeurs et les salons parisiens lancent des auteurs russes en Europe et rehaussent leur réputation dans leur patrie. Les succès des lettres propagent l'image positive de l'Empire. Quelles stratégies politiques, éditoriales, mais aussi mondaines doivent déployer écrivains, intellectuels et diplomates russes en France afin de conquérir l'opinion publique française ? Sont analysées, plutôt que la réception des oeuvres, les manoeuvres qui contribuent à programmer une fortune littéraire, et la part respective qu'y prennent écrivains, éditeurs, traducteurs, journalistes et diplomates. En contribuant à repenser les mécanismes de la sociologie littéraire, c'est un volet inédit des relations littéraires franco-russes que l'ouvrage révèle.
Il faut lire Hélène Cixous sur le mode de l'entente. L'entente c'est la rencontre de l'oeuvre de l'autre (écrite, peinte, dessinée) suscitant une lecture, une écoute et une mise en état de réponse qui ouvre et relance l'appel de l'oeuvre. C'est à l'éclat de ce mot - entente - que l'on mesure combien Hélène Cixous compte aujourd'hui parmi les écrivains dont l'oeuvre transforme le plus fondamentalement la pensée et la poétique de la relation entre les arts visuels et l'écriture. Cette écoute radicale des mots, des langues, des autres (écrivains, penseurs et artistes) et jusqu'à soi en tant qu'autre est en effet présente depuis les débuts de l'oeuvre foisonnante et sans cesse renouvelée d'Hélène Cixous. Or, écrire l'entente est aussi un "ouï-dire". C'est sonder l'expérience autant que la pensée de l'écriture telle qu'elle se joue dans le face-à-face toujours contemporain avec l'oeuvre de l'autre, qu'il s'agisse de collaborations récentes (Chevska, Alechinsky, Hantaï, Tuymans, Abdessemed), de dialogues en cours (Derrida, Jeannet, Wajsbrot) ou de la lecture d'oeuvres anciennes (Ovide, Dante, Rembrandt, Goya, Joyce, Mandelstam, Lispector, Celan, Genet) Examinant la notion de l'entente - et donc, avec elle, ses équivoques : la mésentente, l'accord et le dissensus, le partage et la persécution, la communauté et ses désaveux, la co-vivance, le rapport du texte à l'image et à l'oreille - cet ouvrage est l'occasion d'un dialogue entre philosophes, poètes, artistes et chercheurs, qui ouvrent ici "l'entente" à une diversité d'approches poétiques, philosophiques, historiques, politiques, voire juridiques, permettant de réfléchir sur une tension toujours à l'oeuvre dans les écrits d'Hélène Cixous.
Ce livre ouvre une réflexion, dans le champ de l'esthétique, sur les ressources de l'écriture pour mener une analyse de film. Il s'agit moins d'exposer une méthode que d'étudier les conditions et les processus permettant de rendre compte de l'expérience sensible des oeuvres dès lors que style, composition, fonction poétique du langage ne sont pas apparat ou ornement, mais, simultanément, conduite, pratique et manifestation de la pensée. D'autres écritures analytiques, qui mobilisent des outils sonores et visuels, sont également abordées. Essai filmique, expérimentation numérique ou carte interactive, leurs formes multiples et suggestives continuent de s'inventer, comme autant de propositions performatives et de cheminements à même la matière des sons et des images. C'est l'ensemble de ces gestes d'écriture de l'analyse que cet ouvrage explore.