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Détours
Crevel René
OMBRES
8,10 €
Épuisé
EAN :9782841421701
Narcisse au piètre ruisseau, je n'apercevais personne sur l'autre bord à qui dédier mon amitié: cette amitié, pourtant, m'étais-je mis à croire, pouvait seule me permettre le bonheur. Je l'imaginais glace: en elle un visage dont on se serait soucié de savoir s'il valait la réalité d'un être extérieur ou réfléchissait sans plus un moi complaisamment projeté. Hélas ! nul ne m'offrit le monde nouveau: il n'y eut pas le démolisseur de la cité des hommes. Je n'entrai pas dans cette ville que j'espérais au soir entre ciel et terre plutôt gravée que bâtie. Je me cognais aux monuments de tous les jours et, pour m'y résigner, j'avais trop voulu de mes propres mains une forêt en pierres amoureuses du rire des scies.Né en 1900, René Crevel se donnera la mort en 1935. Dadaïste, surréaliste, dandy, mondain, homosexuel, toxicomane, tuberculeux, militant révolutionnaire, de tous les écrivains de l'entre-deux guerres, il a sûrement eu la trajectoire la plus rayonnante, la plus exigeante, la plus brûlante qui soit. Conjointement à ses essais polémiques (l'Esprit contre la raison, Le Clavecin de Diderot), son oeuvre romanesque (Détours, Mon corps et moi, La Mort difficile, Babylone, Etes-vous fous ?, Les Pieds dans le plat), mêle l'obsession autobiographique au désespoir et à la révolte, accordant la création artistique et l'action révolutionnaire par la subversion de l'écriture.
La jeunesse de René Crevel et la genèse du surréalisme sont une même histoire, celle de l'exaspération des refus au sortir de la grande tuerie de 14-18, l'affirmation d'une volonté de transformation du monde, transformation dont l'arme majeure est la dérision. Affaibli par la tuberculose, angoissé par les tendances suicidaires, Crevel manifestait cependant, dans le quotidien comme dans ses livres, une volonté de vivre pleinement et librement, qui le portait à refuser et à combattre toute hypocrisie et tout dogmatisme, même quand ils étaient le fait de ses compagnons de route. René Crevel s'est donné la mort en 1935, l'âge d'or du surréalisme et la pleine maturité pour cet écrivain de 35 ans. Il laissait derrière lui quelques-uns des livres qui comptent parmi les chefs-d'oeuvre de ce temps.
Résumé : La jeunesse de René Crevel et la genèse du surréalisme sont une même histoire, celle de l'exaspération des refus au sortir de la grande tuerie de 14-18, l'affirmation d'une volonté de transformation du monde, transformation dont l'arme majeure est la dérision. Affaibli par la tuberculose, angoissé par les tendances suicidaires, Crevel manifestait cependant, dans le quotidien comme dans ses livres, une volonté de vivre pleinement et librement, qui le portait à refuser et à combattre toute hypocrisie et tout dogmatisme, même quand ils étaient le fait de ses compagnons de route. René Crevel s'est donné la mort en 1935, l'âge d'or du surréalisme et la pleine maturité pour cet écrivain de 35 ans. II livres qui comptent parmi des chef-d'?uvres de ce temps.
Seul, il ne saurait où fuir. Que de fois déjà, las de lui-même est-il descendu, non pour demander secours à quelque autre, mais pour se perdre dans la rue, parc anonyme, mais le plus beau, se forçait-il à croire, de toutes les promesses. Il marchait, ne trouvait point ce rêve sans nom et sans visage en quoi il avait décidé de se perdre. Il marchait. Aucun regard ne retenait le sien. Sur le sol mouillé la plus faible lueur multipliait toute tristesse. Il marchait et le froid se faisait maillot sous les vêtements, le linge. Ses dents claquaient. Son squelette souffrait seul et tout entier, car déjà ce squelette avait dévoré sa chair. Ce qui, de son corps, demeurait apte au bonheur se fanait. Dans ses poches, ses mains étaient des fleurs, sans sève, sans couleur. Alors il entrait n'importe où, non pour trouver quelque secours précis, humain, car s'il cherchait à retarder la débâcle c'était par d'étranges aides et il n'eût su que faire d'une peau habitée par un esprit semblable au sien.Né en 1900, René Crevel se donnera la mort en 1935. Dadaïste, surréaliste, dandy, mondain, homosexuel, toxicomane, tuberculeux, militant révolutionnaire, de tous les écrivains de l'entre-deux guerres, il a sûrement eu la trajectoire la plus rayonnante, la plus exigeante, la plus brûlante qui soit. Conjointement à ses essais polémiques (l'Esprit contre la raison, Le Clavecin de Diderot), son oeuvre romanesque (Détours, Mon corps et moi, La Mort difficile, Babylone, Etes-vous fous ?, Les Pieds dans le plat), mêle l'obsession autobiographique au désespoir et à la révolte, accordant la création artistique et l'action révolutionnaire par la subversion de l'écriture.
Voici donc quel est le sens du récit qui suit. De Quincey considère que jamais l'intelligence humaine ne s'éleva au point qu'elle atteignit en Emmanuel Kant. Et pourtant l'intelligence humaine, même à ce point, n'est pas divine. Non seulement elle est mortelle mais, chose affreuse, elle petit décroître, vieillir, se décrépir. Et petit-être De Quincey éprouve-t-il encore plus d'affection pour cette suprême lueur, au moment où elle vacille. il suit ses palpitations. Il note l'heure où Kant cessa de pouvoir créer des idées générales et ordonna faussement les faits de la nature. Il marque la minute où sa mémoire défaillit. Il Inscrit la seconde où sa faculté de reconnaissance s'éteignit. Et parallèlement Il peint les tableaux successifs de sa déchéance physique, jusqu'à l'agonie, jusqu'aux soubresauts du râle, jusqu'à la dernière étincelle de conscience, jusqu'au hoquet final."
Résumé : Emile Verhaeren (1855-1916), est l'un des plus grands poètes belges d'expression française. Dans ses vers, marqués par un symbolisme sensuel et mystique, sa conscience sociale lui fait évoquer avec lyrisme, et sur un ton d'une grande musicalité, le monde moderne dans ce qu'il a de plus brutal mais aussi de plus vrai : Les Débâcles (1888), Les Campagnes hallucinées (1893), Les Villes tentaculaires (1895), Les Villages illusoires (1895). Auteur de très nombreux recueils de poèmes, d'impressions de voyage, de critiques littéraires, d'études d'art ainsi que de pièces de théâtre, Emile Verhaeren fut aussi un magnifique conteur, au style chatoyant et imagé, usant volontiers du fantastique et de l'insolite. On trouvera ici réunis pour la première fois, l'ensemble des récits et des contes publiés par ses soins dans des revues et dans les Contes de minuit (1884), ainsi que ceux recueillis après sa mort dans Cinq récits (1920) et dans Le Travailleur étrange (1921), illustrés des cinquante-quatre admirables gravures sur bois de Frans Masereel.
Publié en 1985; Les Tentations de Grazia Deledda (1871-1936) est l'un des premiers grands recueils de nouvelles de celle qui deviendra le prix Nobel de littérature en 1926. On y trouve déjà la maturité qui la conduira dix ans plus tard à écrire Elias Portolu et La Madre en 1920. La diversité des personnages, des lieux y est organisée autour du thème de la tentation. Le péché charnel, l'orgueil, le mensonge sont exprimés au travers de fables, contes, qui révèlent des personnages du peuple sarde: paysans, notables, religieux, incités à la faute par l'injustice des hommes. Mis en scène avec réalisme, ces acteurs ne tardent pas à s'ériger en figures tragiques, opposant avec simplicité au "poids du monde", la conviction des gens de la terre que l'harmonie existe et que la mort n'est que le prolongement de la vie.
Gaskell Elizabeth ; Darmont F. ; Lecellier Dominiq
Aux côtés de Jane Austen, des soeurs Brontë, de Charles Dickens et de George Eliot, Elizabeth Gaskell (1810-1865) occupe dans le roman anglais du XIX' siècle une place importante que la critique récente a largement consolidée. Portrait discrètement ironique d'une grande dame de la noblesse terrienne, Lady Ludlow fait partie de ses courts romans, comme Cranford ou Ma cousine Phillis, où l'originalité de son talent donne sa pleine mesure.