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Nabokov ou la cruauté du désir. Lecture psychanalytique
Couturier Maurice
CHAMP VALLON
26,00 €
Épuisé
EAN :9782876733916
Nabokov ne manquait jamais une occasion de railler Freud, le charlatan viennois qui, à ses yeux, avait le tort de tout ramener au sexe et a feint de considérer le sexe comme " une platitude ", déclarant avec une certaine dose de mauvaise foi : " Laissons tomber le sexe ! " Les spécialistes de Nabokov n'ont donc jamais osé violer l'interdit édicté par le maître et se sont contentés, pour la plupart, d'annoter l'?uvre à l'infini. Certes, Nabokov n'a rien d'un pornographe : il utilise le sexe comme un " auxiliaire de l'art ", le désir devenant le moteur principal de la relation esthétique dans ses romans. Le désir dont il fait l'anatomie n'est pas simple besoin, ni demande : c'est un absolu qui passe par le défié des névroses et des perversions et s'accompagne bien souvent d'une cruauté inouïe. Même dans Ada, ce roman où le merveilleux côtoie la science-fiction, l'amour fusionnel entre un frère et s?ur se nourrit de la torture infligée à leur demi-s?ur. Cet essai, qui s'articule autour de concepts empruntés à la théorie freudienne et lacanienne, constitue donc la première lecture psychanalytique des romans de Nabokov. Il examine avec minutie un certain nombre de passages que la critique, faute d'audace ou d'outils appropriés, avait passés sous silence, faisant ainsi apparaître " une figure dans le tapis " qui est loin d'avoir la sérénité olympienne, mâtinée de métaphysique, que les exégètes anglophones ont trop souvent cherché à promouvoir.
L'aguicheuse nymphette de Nabokov, devenue un type littraire au mme titre que la Bovary de Flaubert, sduit des millions de nouveaux lecteurs chaque anne dans le monde, tout en continuant de provoquer la colre des puritains. Humbert Humbert, picaro des temps modernes, manipule le double langage avec une virtuosit dsarmante : il s'accuse dans vergogne des fautes qu'il a commises en tant que protagoniste l'gard de Lolita, mais s'ingnie par ses prouesses d'criture gagner l'admiration, voire la complicit de son lecteur. Le prsent ouvrage, tout en prsentant un dossier complet sur ce prodigieux roman et en apportant les annotations ncessaires sa comprhension, analyse la logique de ce double langage ; il dmonte les mcanismes paradoxaux de l'interaction auteur-narrateur-lecteur et le jeu crois de leurs dsirs respectifs. Maurice Couturier approfondit ainsi la rflexion mene dans ses livres prcdents, notamment Textual Communication, Nabokov ou la tyrannie de l'auteur et La Figure de l'auteur.
Il est des vies qui sont magiquement fécondées et réorientées par une rencontre. Maurice Couturier, qui avait débuté la sienne dans un milieu culturellement très pauvre, régi par la religion, et entrepris une carrière universitaire, n'allait se découvrir essayiste et romancier qu'après avoir été percuté par les fulgurances de l'écriture nabokovienne à l'âge de trente ans. Ses mémoires, constamment hantées par l'imaginaire de Nabokov, cet amoureux des papillons et du jeu d'échecs, dressent le portrait d'un petit garçon rebelle, cruellement meurtri, qui couvait un désir ardent de découvrir le monde, et d'un adulte résiliant. Ses multiples ouvrages sur l'auteur de Lolita lui ont servi de passeport dans le village global, ce "tout petit monde" décrit par son ami David Lodge dont il fut le premier traducteur.
Nabokov aurait-il pu écrire Lolita en français? De fait, le mirage de la Côte d?Azur est omniprésent tout au long de ce roman paru pour la première fois en France, où il fut censuré?Le romancier a prétendu qu?il aurait pu être « un grand écrivain français ». Les vicissitudes de l?histoire en ont décidé autrement. Grand admirateur de Ronsard, Flaubert ou Verlaine, il était passionnément attaché à la langue française, plus douce à son oreille que sa langue maternelle, le russe, et que sa langue d?adoption, l?anglais. Le mot français « plaisir » lui semblait distiller un « supplément de vibrato spinal » par rapport à son équivalent anglais. C?est ainsi qu?il écrivit plusieurs textes en français, qu?il choisit de passer les dernières années de sa vie en Suisse, à Montreux, ville francophone, et que, tel un phalène attiré par la lumière, il ne cessa jamais de revenir en France. Bien entendu, Maurice Couturier n?a pas la prétention de faire entrer Nabokov dans le panthéon de la littérature française, mais il montre ici ce que son oeuvre doit à la langue et à la littérature française, ainsi qu?au paysage naturel ou culturel de la France. On trouvera également dans cevolume la réédition du premier article écrit et publié en 1931 par Nabokov dans notre langue.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.