Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
A la rencontre de nabokov - memoires
Couturier Maurice
ORIZONS
30,00 €
Épuisé
EAN :9791030905236
Il est des vies qui sont magiquement fécondées et réorientées par une rencontre. Maurice Couturier, qui avait débuté la sienne dans un milieu culturellement très pauvre, régi par la religion, et entrepris une carrière universitaire, n'allait se découvrir essayiste et romancier qu'après avoir été percuté par les fulgurances de l'écriture nabokovienne à l'âge de trente ans. Ses mémoires, constamment hantées par l'imaginaire de Nabokov, cet amoureux des papillons et du jeu d'échecs, dressent le portrait d'un petit garçon rebelle, cruellement meurtri, qui couvait un désir ardent de découvrir le monde, et d'un adulte résiliant. Ses multiples ouvrages sur l'auteur de Lolita lui ont servi de passeport dans le village global, ce "tout petit monde" décrit par son ami David Lodge dont il fut le premier traducteur.
Nabokov ne manquait jamais une occasion de railler Freud, le charlatan viennois qui, à ses yeux, avait le tort de tout ramener au sexe et a feint de considérer le sexe comme " une platitude ", déclarant avec une certaine dose de mauvaise foi : " Laissons tomber le sexe ! " Les spécialistes de Nabokov n'ont donc jamais osé violer l'interdit édicté par le maître et se sont contentés, pour la plupart, d'annoter l'?uvre à l'infini. Certes, Nabokov n'a rien d'un pornographe : il utilise le sexe comme un " auxiliaire de l'art ", le désir devenant le moteur principal de la relation esthétique dans ses romans. Le désir dont il fait l'anatomie n'est pas simple besoin, ni demande : c'est un absolu qui passe par le défié des névroses et des perversions et s'accompagne bien souvent d'une cruauté inouïe. Même dans Ada, ce roman où le merveilleux côtoie la science-fiction, l'amour fusionnel entre un frère et s?ur se nourrit de la torture infligée à leur demi-s?ur. Cet essai, qui s'articule autour de concepts empruntés à la théorie freudienne et lacanienne, constitue donc la première lecture psychanalytique des romans de Nabokov. Il examine avec minutie un certain nombre de passages que la critique, faute d'audace ou d'outils appropriés, avait passés sous silence, faisant ainsi apparaître " une figure dans le tapis " qui est loin d'avoir la sérénité olympienne, mâtinée de métaphysique, que les exégètes anglophones ont trop souvent cherché à promouvoir.
Maurice Couturier, spécialiste et traducteur de Vladimir Nabokov (Pléiade) nous offre un roman dans lequel le narrateur imaginatif, fantasque et iconoclaste se demande : et si Nabokov, dans Lolita, n'avait fait qu'emprunter, traduire ou remanier une histoire vraie ! Ce procès, instruit par Albert Pichaut, ne serait-il pas, malgré tout, l'hommage paradoxal adressé à un immense écrivain par un critique exigeant, traducteur de Lolita, romancier de surcroît ?
Dans le roman moderne, et depuis le XVIIe siècle, les romanciers ont dû faire assaut de créativité pour discourir sur le sexe, faire discourir le sexe, tout en cherchant à déjouer les interdits moraux, juridiques et surtout esthétiques. Cet ouvrage dresse l'inventaire des principales stratégies narratives et poétiques utilisées en réponse à ce défi par plusieurs grands auteurs appartenant au canon littéraire occidental, depuis Richardson, Sterne, Flaubert, Melville, Joyce et jusqu'à Nabokov, dont certains ont été confrontés à la censure.
Après avoir proclamé la "mort de l'auteur", Roland Barthes montrait, dans Le Plaisir du texte, que le lecteur avait besoin de la "figure de l'auteur" pour reconfigurer le texte et échapper au babil. Le présent ouvrage développe cette proposition, ainsi que celle de Michel Foucault sur la "fonction-auteur" : il présente une théorie intersubjective du roman, montrant que l'auteur et le lecteur sont happés à l'intérieur du texte, quelles que soient leurs stratégies de fuite, et qu'ils interagissent l'un avec l'autre, de manière non symétrique et souvent conflictuelle, à travers ces sujets transitoires que sont les narrateurs et les personnages. L'analyse est fondée sur certaines des oeuvres les plus innovantes des littératures française, anglaise et américaine de ces trois derniers siècles - une attention particulière étant réservée aux romans du XVIIIème siècle et à ceux de Flaubert, Proust, Joyce et Nabokov.
Si l'amour est un excès, il se donne à comprendre comme extase, décentrement ou aliénation. Jeté hors de soi, on n'est plus soi-même et à soi-même, car on cherche à être en l'aimé et pas seulement auprès de lui ; on désire être l'aimé au lieu de simplement lui appartenir. Le discours de l'amour a confié à la poésie le soin de décrire ces élancements. C'est pourquoi, en vue de la configuration des divers types de l'extase amoureuse (extase simple, union synthétique, transmanence, inter-immanence, engravement, hospitalité, incarcération...), l'auteur a convoqué des poètes de plusieurs aires culturelles, le tout étant placé sous l'égide de Shakespeare et de Louise Labé auxquels deux chapitres sont consacrés. Cet essai prolonge les recherches de l'auteur sur l'amour pur et la nodalisation.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.
Naïf et subjugué, le narrateur de La pierre à boire est un raporta au village ; le premier a s'être agrégé, venu d'ailleurs. Les lieux qu'il traverse lui procurent mille occasions d'attiser ses passions ordinaires pour les paysages décousus, les mégalithes, les fontaines et les créatures qui semblent les hanter. " Pays d'oïl, Pays d'oc ", c'est une curieuse façon de dire, aujourd'hui, mais ce rêveur de langage, saute-frontière, dit curieusement les choses ou les laisse dire par la mention des couleurs, les titres des livres, les découvertes d'anagrammes et de langues perdues. Les lieux-dits acheminent les récits, croit-il...