Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
NATURE ET EMPIRE DE LA LOI ETUDES SUAREZIENNES
COURTINE
VRIN
20,30 €
Épuisé
EAN :9782711613892
1492-1612 - De l'expulsion des juifs d'Espagne, de la Découverte et de la Conquête de l'Amérique à la publication à Coïmbra du De Legibus de Francisco Suarez, en passant par le sermon de Montesinos (1511), les leçons de Vitoria à Salamanque (1539) et la controverse de Valladolid (1550) : en cet espace de temps qui voit redéfinir les causes de la juste guerre, le sens de l'évangélisation, le contrat constitutif du corps politique comme communauté parfaite, s'élaborent conjointement la notion moderne ou pré-moderne de droit naturel et la détermination nouvelle du droit des gens, compris comme droit international interétatique, en même temps que s'installe un fragile équilibre entre autorité et puissance ecclésiales d'un côté et monarchies absolues, de droit divin, de l'autre. Contexte historique et géo-politique, dimension théologico-politique et anthropologie philosophique de la pure nature, tels sont les premiers éléments à prendre en compte pour apprécier la véritable nouveauté de la détermination suarézienne de la loi qui s'emporte dans un inachevable processus de sécularisation.
La doctrine de l'analogie de l'être (analogia entis) doit-elle être considérée comme la tentative, la plus fidèle à l'esprit aristotélicien, pour ordonner unitairement la polysémie de l'être et parer au risque de dissémination du "est", dans la diversité rebelle de ses acceptions? Faut-il, à l'inverse, considérer avec Heidegger que la thèse de l'unité analogique, pour autant qu'elle a directement partie liée avec la structuration onto-théo-logique de la métaphysique, constitue l'impasse la plus dure dans laquelle s'est laissée d'emblée emmurer la philosophie d'instauration platonico-aristotélicienne, et s'engager dans une répétition de la question du sens de "être" qui ne préjugerait pas de son foyer unitaire? Plutôt que d'aborder, une nouvelle fois, frontalement ces questions massives, laprésente recherche s'attache à restituer, sur la longue durée, et à travers des corpus hétérogènes, l'élaboration complexe (l'inventio) de l'analogie, pour en proposer comme une archéologie qui conduit aussi à historiciser radicalement la notion même de "constitution ontothéologique". Une série de coups de sonde opérés dans la tradition aristotélicienne (Alexandre d'Aphrodise, les commentateurs grecs platoniciens, l'aetas boetiana, la scolastique du XIIIe siècle, les débats dans l'École thomiste et la postérité de Duns Scot, jusqu'àCajetan et Suarez) donne la mesure d'une élaboration pluri-séculaire, à travers le pluriel des langues et les effets de traduction, mais aussi à la faveur des ruptures et des déplacements de problématique. En distinguant ainsi différents "âges" de la métaphysique, et en faisant ressortirles conditions très déterminées de son interprétation (arabo-latine) comme ontothéologie, la présente recherche espère contribuer ainsi à relancer l'écriture de ses histoires dont toute métaphysique future - analytique ou non - ne saurait fairel'économie. Biographie de l'auteur Jean-François Courtine, Membre de l'Institut Universitaire de France, est professeur à l'Université Paris-Sorbonne (Paris-IV) et Directeur des Archives Husserl de Paris (Ens-Cnrs).
Exercices, leçons de méthode, les études ici réunies entendent éclairer l'élaboration dans la diversité des langues, du "vocabulaire de l'être" et de la "problématique catégoriale": essence, sujet, substrat, existence, quiddité... C'est toujours la question des traductions (de Aristote, de ses commentateurs grecs, de Sénèque, de Quintilien, de Scot Erigène, de Schelling, de Heidegger... ) à travers lesquelles se redéfinissent, se réorganisent en des problématiques chaque fois singulières, les questions ontologiques tenues pour être fondamentales en philosophie.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.