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INVENTIO ANALOGIAE METAPHYSIQUE ET ONTOTHEOLOGIE
COURTINE
VRIN
31,01 €
Épuisé
EAN :9782711617890
La doctrine de l'analogie de l'être (analogia entis) doit-elle être considérée comme la tentative, la plus fidèle à l'esprit aristotélicien, pour ordonner unitairement la polysémie de l'être et parer au risque de dissémination du "est", dans la diversité rebelle de ses acceptions? Faut-il, à l'inverse, considérer avec Heidegger que la thèse de l'unité analogique, pour autant qu'elle a directement partie liée avec la structuration onto-théo-logique de la métaphysique, constitue l'impasse la plus dure dans laquelle s'est laissée d'emblée emmurer la philosophie d'instauration platonico-aristotélicienne, et s'engager dans une répétition de la question du sens de "être" qui ne préjugerait pas de son foyer unitaire? Plutôt que d'aborder, une nouvelle fois, frontalement ces questions massives, laprésente recherche s'attache à restituer, sur la longue durée, et à travers des corpus hétérogènes, l'élaboration complexe (l'inventio) de l'analogie, pour en proposer comme une archéologie qui conduit aussi à historiciser radicalement la notion même de "constitution ontothéologique". Une série de coups de sonde opérés dans la tradition aristotélicienne (Alexandre d'Aphrodise, les commentateurs grecs platoniciens, l'aetas boetiana, la scolastique du XIIIe siècle, les débats dans l'École thomiste et la postérité de Duns Scot, jusqu'àCajetan et Suarez) donne la mesure d'une élaboration pluri-séculaire, à travers le pluriel des langues et les effets de traduction, mais aussi à la faveur des ruptures et des déplacements de problématique. En distinguant ainsi différents "âges" de la métaphysique, et en faisant ressortirles conditions très déterminées de son interprétation (arabo-latine) comme ontothéologie, la présente recherche espère contribuer ainsi à relancer l'écriture de ses histoires dont toute métaphysique future - analytique ou non - ne saurait fairel'économie. Biographie de l'auteur Jean-François Courtine, Membre de l'Institut Universitaire de France, est professeur à l'Université Paris-Sorbonne (Paris-IV) et Directeur des Archives Husserl de Paris (Ens-Cnrs).
De Husserl à Patocka, en passant par Heidegger, la phénoménologie s?interroge sur le phénomène tel qu?il s?offre, se donne pour être saisi, recueilli, rassemblé en une proposition, un énoncé dit apophantique. Comment une telle ouverture à la phénoménalité, au donné, est-elle possible? Comment dire ce qui se donne, dans son caractère le plus originaire, sans le déformer ni l?écraser sous les schèmes ou les catégories hérités d?une longue tradition aristotélicienne? L?entreprise qui tend, avec Heidegger, à accéder à une strate « archaïque », en deçà de la logique et de la grammaire de l?être, passe par une « destruction de la logique » et la ré-ouverture d?un rapport herméneutique aux choses et au monde. Herméneutique, non pas au sens d?une théorie de l?interprétation des textes ou documents lestés de sens, mais comme le trait fondamental qui rapporte l?homme au monde. Le propos de la phénoménologie ainsi radicalisé peut alors s?entendre comme « Weltlogik », logique-du-monde.
Résumé : " La cause de la phénoménologie " - l'intitulé n'a rien de militant et ne s'entend pas davantage au sens de la " défense " d'une méthode plus que centenaire, comme si elle se trouvait aujourd'hui dénigrée. Si la phénoménologie, ou mieux son idée " critique ", doit se défendre, c'est sans doute bien plutôt contre elle-même, contre son élargissement tous azimuts et les effets de labélisation qu'il induit - par exemple, phénoménologie " versus " philosophie analytique. La " cause " ne fait pas non plus écho à la " Sache ", prise emphatiquement, comme l'affaire de la pensée. Elle évoquerait plutôt les " choses " de la phénoménologie, non pas des choses " mêmes " jamais données " comme telles ", mais les questions ou les problèmes, délimités et concrets, où le mouvement phénoménologique a pu constituer historiquement sa tradition, en dialogue avec d'autres écoles. Ce retour aux " choses ", au sens des " res disputatae ", ne suppose évidemment aucune volonté d'historicisation, comme si la seule phénoménologie qui vaille était celle des Pères fondateurs, aux prises avec les débats de " leur " temps (psychologisme, néokantisme, pragmatisme, etc.). Il atteste plutôt la conviction que l'idée de la phénoménologie peut encore aujourd'hui imposer son exigence et orienter les démarches dans telle ou telle question vive, pourvu qu'elle prenne la juste mesure de sa possibilité et/ou de son impossibilité, en interrogeant ses " limites ", donc en n'hésitant pas à remettre en question son " pacte apophantique " fondateur. Les études qui suivent contribueront à cette interrogation réflexive de la phénoménologie tournée vers elle-même, et donc vers les problèmes grâce auxquels elle a pu, de Husserl à Heidegger et au-delà, progressivement réaliser son idée.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.