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Une écriture du défi. Tous les pamphlets
Courier Paul-Louis ; Crouzet Michel
KIME
35,50 €
Épuisé
EAN :9782841744251
Paul-Louis Courier (1772-1825) est un grand écrivain que doivent redécouvrir ceux qui lisent, aiment, enseignent la littérature du XIXe siècle ; cet auteur singulier se proclamait vigneron (et il l'était vraiment), quand il signait ces pamphlets qui ont contribué à démolir par le ridicule la Restauration. II fait partie de notre histoire, c'est un moment de notre liberté politique ; pour lui la petite feuille pamphlétaire devait être l'arme d'une démocratie directe. Ce protestataire infatigable a poursuivi de ses plaisanteries ces adversaires, qui ont la vie dure, hélas : les politiques qui n'écoutent personne, les bureaucraties en délire, les juges trop sûrs d'eux, les fiscalités écrasantes, les clergés envahissants ou les gendarmes trop zélés. Mais cet homme qui se dresse tout seul contre toute la machine politique est un écrivain unique, un inventeur littéraire, qui a dans le romantisme un rôle de fondateur; Stendhal l'a respecté et adoré, ils ont parallèlement défini le romantisme comme littérature de la modernité; et en même temps il réunit toutes les traditions, il en est l'héritier vivant et créateur : c'est un helléniste universellement estimé, et un peu maniaque, il imite quand il est chef d'escadron dans l'artillerie à cheval la manière antique de monter, il est amoureux fou du petit grand roman grec Daphnis et Chloé de Longus ; Sainte-Beuve devait dire que sa traduction était supérieure à l'original. On le compare au Pascal des Provinciales, à Voltaire évidemment, lui-même retrouve spontanément la langue et le style des grands écrivains du XVIe siècle, dont il est imprégné, comme il l'est des Fables de La Fontaine; pour purger sa peine de prison à Sainte-Pélagie, il emporte son volume de La Fontaine. Il y a bien un miracle de Courier : original et archaïque, classique et moderne, il utilise un merveilleux français, tout le français, une langue très riche et très libre, raffinée et naturelle.
L' interruption volontaire de grossesse. Volontaire, vraiment l'IVG ? du début à la fin ? Voici un livre à 8 voix ; il donne autant de réponses qui forment en se complétant et en s'opposant un grand tout : réponses de praticiens, de soignants, paroles de soulagées-éprouvées. Ici la souffrance de l'IVG et sa catharsis font appel à la parole avec une lucidité qui triomphe des violences de l'indicible sans estomper le travail de deuil, permettant le retour du refoulé grâce à la qualité des répondants et à l'équilibre général du livre sur lequel a veillé J. Jeanne GHÉDIGHIAN-COURIER.
Courier Paul-Louis ; Carrel Armand ; Van Daal Juli
1822 : la contre-révolution triomphe en France. Dans un village de Touraine, un curé veut commander à tout et prétend qu'on n'y doit plus danser. Sachant que la liberté de penser commence avec celle de danser, Paul-Louis Courier réplique avec légèreté par un mordicant plaidoyer pour la gigue et le rigodon, choses qui ne s'accommodent jamais bien de l'ombre écrasante de Dieu.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.