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Cliniques N° 3 : Les enjeux de la pluridisciplinarité
Costantino Charlotte
ERES
12,50 €
Épuisé
EAN :9782749215952
Face aux multiples expressions de la souffrance, l'institution propose une pluridisciplinarité thérapeutique des soins qu'elle dispense : individuelle, groupale, médicale, psychologique, rééducative... Pluralité des approches, diversité des regards portés sur la personne dans le souci d'une clinique au cas par cas respectant la singularité de chacun... L'approche plurielle est aussi ce qui nourrit la dynamique de soin et préserve les institutions d'une trop grande uniformité/conformité. Mais si la diversité est féconde, elle peut aussi devenir le lit de la fragmentation thérapeutique où chaque approche devient hermétique aux autres et s'isole ou au contraire, semer la confusion des rôles et des places et alimenter l'insécurité identitaire: la pluridisciplinarité doit donc aussi s'inscrire dans une suffisante complémentarité, dans la cohérence et le respect d'une certaine continuité, seules garanties pour les patients de retrouver l'unité perdue dans la désorganisation interne qu'ils traversent. La notion de pluridisciplinarité implique donc une co-disciplinarité, c'est-à-dire la co-existence des savoirs, des expériences, des compétences des différents acteurs de la scène institutionnelle, même si, au-delà de la diversité des supports théoriques et des pratiques, la ligne d'horizon doit rester commune à tous.
L' institution de soin, du simple fait qu'elle constitue souvent un recours dans des histoires marquées par le trauma et l'effraction, est un des hauts lieux d'expression et de déploiement de la répétition, de manière manifeste ou latente, consciente ou inconsciente. Mais comment l'appréhender ? Dans les premiers temps de la vie, la répétition favorise l'accès à la symbolisation. Partant de son prototype, le fameux jeu de la bobine, on conçoit très bien combien elle donne forme aux événements en leur attribuant peu à peu un sens, comment elle permet de se les figurer, de les penser, de les nommer. Plus tard, elle alimente très largement le matériel même du soin psychique, lorsqu'elle est une mise en scène féconde où s'actualise la problématique inconsciente du patient, lorsqu'elle permet l'accès à la remémoration. Pourtant, elle devient parfois une résistance redoutable dans laquelle peut s'enrayer le processus : quand la répétition ne répète plus qu'elle-même, elle finit par épuiser ses propres soubassements fantasmatiques et peut devenir une rengaine lancinante, un disque rayé, métaphore souvent évoquée. Elle enferme alors tous les protagonistes du voyage thérapeutique dans une aliénation stérile. Si la répétition peut être le début d'une solution, elle peut aussi devenir un véritable poison dans un processus thérapeutique au point d'en interroger son au-delà du plaisir. Comment permettre que la répétition serve plutôt qu'elle ne desserve le travail psychique en institution ? Comment le dispositif institutionnel peut-il être investi comme le lieu d'une mise en scène plutôt que le lieu d'une mise en acte répétitive ? Comment les acteurs des soins psychiques en institution tolèrent-ils et traitent-ils les mouvements de répétition à la fois singuliers et collectifs ?
La navigation clinique est bien souvent périlleuse en milieu traumatique ! Il est bien souvent difficile d'apprécier le terrain sur lequel le clinicien avance : terrain froid, terrain chaud ? Aux deux extrêmes, on rencontre les brûlantes transgressions et les absences et carences glaciaires, ou encore la confrontation à la crudité froide de la mort. La voie est si mince que l'on comprend aisément comment le soin, s'il se veut réparateur, porte aussi en lui un potentiel traumatogène. Ce numéro constitue donc un prolongement aux réflexions cliniques amorcées dans le numéro 2 De l'effraction au traumatisme (octobre 2011). Il s'agit cette fois d'interroger plus particulièrement les voies thérapeutiques possibles pouvant être empruntées dans les institutions : élaboration clinique, approche individuelle et/ou familiale, évaluation métrique, signalement protecteur, médiation...
On entre souvent dans une institution pour y trouver refuge, par peur d'une réalité vécue comme trop effractante, par peur d'une intériorité menaçante, etc. Les institutions de soin qui accueillent les personnes en détresse psychique ont ainsi souvent pour fonction première d'apaiser la peur. Or il n'est pas si facile pour les soignants de percevoir les angoisses inconscientes et archaïques que la peur recèle, angoisses que la parole ne parvient pas toujours à traduire et qui se dissimulent souvent derrière toutes sortes de manifestations par le comportement. En essayant d'être réceptif à son contre-transfert, à ses propres peurs et angoisses, ceux qui ont affaire au soin psychique en institution peuvent tenter de contenir et éventuellement transformer les peurs infantiles qui se cachent derrière les troubles psychiques de l'adulte. Les peurs issues de la nuit des temps prennent toutes les formes des histoires que l'on raconte aux enfants : celles allant du monstre informe dans l'autisme ou la démence, au grand méchant loup des pulsions débridées, en passant par les fantômes de l'abandon et de la mort, ou par le démoniaque violent et haineux. Elles engagent différentes expressions symptomatiques, différents registres, qui recèlent un potentiel de vie psychique à condition d'être racontés et interrogés plutôt que refoulés ou déniés.
Dans Psychopathologie de la vie quotidienne, Freud nous montrait l'ubiquité de l'inconscient, combien chaque menu incident de la vie pouvait révéler des enjeux psychiques insoupçonnés. Point n'est besoin d'être allongé sur le divan du psychanalyste pour percevoir l'intérêt d'appréhender au quotidien la richesse inépuisable des désirs inconscients et le pouvoir redoutable des forces qui s'opposent au sein de la psyché. Mais lorsque l'esprit est trop en souffrance ou en panne de symbolisation, les conflits ou clivages sont projetés par l'individu sur son environnement et la reconnaissance de son humanité est menacée. L'institution de soin se doit alors d'offrir un environnement fiable et étayant où chaque moment de la vie quotidienne peut être une occasion pour la personne accueillie d'être considérée au-delà des apparences, où le transfert peut être repéré et rejoué autrement. L'essentiel pour l'institution n'est-il pas de pouvoir dépasser les routines et l'ennui pour donner sens aux interactions et aux rituels de la vie quotidienne qui impliquent soignants et soignés ?
Face à la complexité croissante du mouvement systémique et des thérapies familiales, ce livre offre des repères théoriques largement illustrés par la pratique des auteurs. Pour chaque modèles de thérapie familiale, six rubriques: les concepts-clefs; sur quoi porte l'intervention; comment le problème est-il défini; l'objectif de l'intervention ou de la thérapie; les outils utilisés; la position de l'intervenant ou du thérapeute.
Bosse-Platière Suzon ; Ben Soussan Patrick ; Desca
Si de tout temps les femmes ont travaillé tout en ayant des enfants, aujourd'hui elles sont de plus en plus nombreuses à exercer leur activité à l'extérieur de chez elles. Et les transformations de la famille conduisent la plupart d'entre elles à confier leurs enfants à des professionnels de l'accueil éducatif. Le mouvement féministe, ces dernières décennies, s'est attaché à l'émancipation de la femme et à la construction de la parité avec les hommes. Aujourd'hui, il apparaît important de repenser la maternité et la prise en charge du jeune enfant à partir de la question de la place des femmes dans la société. C'est cette interrogation qui est ici soumise à des historienne, sociologue, médecin, psychiatre, psychologues et psychanalyste.
Ben Soussan Patrick ; Korff-Sausse Simone ; Nelson
Comment dire l'indicible de cette rencontre fondatrice entre un enfant porteur d'un handicap et ses parents? Comment partager cette expérience impensable, comment l'élaborer, lui donner du sens?Quelles peurs, quelles résistances suscite le handicap? Comment dès lors l'accueillir? Comment aider les parents, les fratries, les familles mais aussi les équipes à faire en sorte que le handicap nommé n'assigne pas le nouveau-né à la différence, ne le condamne pas à être autre, irréductiblement, aux yeux de tous?Pédiatres, psychiatre et psychanalyste proposent ici des élaborations croisées à ces situations surchargées d'affects.
Mellier Denis ; Bompard Vincent ; Colas Nathalie ;
Comment l'observation du bébé peut-elle devenir un outil pour les professionnels de la petite enfance? Comment peut-elle être une aide pour accueillir un bébé et prendre soin de lui? Cet ouvrage montre que la valeur de l'observation résulte surtout du travail que les équipes peuvent réaliser à cette occasion pour percevoir toute la complexité de la vie psychique. Les travaux d'Esther Bick et ceux d'Emmi Pikler (Loczy) trouvent ici un prolongement pratique pour les lieux d'accueil des bébés et de leurs parents. Sous certaines conditions, le dispositif de l'observation permet d'instaurer une véritable médiation pour percevoir, recevoir, contenir et penser tout l'impact de la vie émotionnelle du bébé dans son environnement, et garder ainsi vivante l'attention à son égard. Biographie de l'auteur Denis Mellier, psychologue clinicien (Lyon), professeur de psychologie clinique et psychopathologie, université de Franche-Comté.