Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Cliniques N° 1 : Contenance et soin psychique
Costantino Charlotte
ERES
12,50 €
Épuisé
EAN :9782749213750
Avant que s'inaugure un travail d'élaboration du sens que peut revêtir l'arrivée en institution et des conflits inconscients qui président à ce moment souvent aigu et désordonné, l'institution doit d'abord se faire réceptacle et conteneur des expressions aiguës des personnes " hébergées ", le plus souvent en état de crise, dans une grande déshérence psychique ou somatique, dans une nécessaire mise à l'abri. L'institution qui assure cette fonction d'accueil et de contenance devient le lieu fécond où une conflictualité psychique peut se faire jour, en ce qu'elle permet aux forces en présence de se rencontrer et de se dire sur la scène institutionnelle, afin qu'un travail de transformation puisse s'amorcer. La notion de contenance semble donc constituer un véritable enjeu dans le champ du soin institutionnel. Les dispositifs de soin constituent autant d'espaces propices à recevoir les expressions multiples des personnes accueillies et assurent la continuité de l'enveloppe institutionnelle d'accueil, en même temps, qu'ils focalisent des mouvements antagonistes et conflictuels, individuels et collectifs qui n'auront de cesse de travailler, d'éprouver, de déformer la " membrane " de cette enveloppe conteneur... A travers leurs expériences cliniques au sein de structures de soins diverses, les auteurs qui contribuent à ce numéro montrent l'importance de cette notion dans le cadre du soin institutionnel et comment elle entre en résonance avec d'autres notions porteuses comme celles de différenciation, de rythmicité, d'espace, de temps, d'accueil psychique, d'identification, d'appropriation subjective, de holding institutionnel, de survivance ".
La navigation clinique est bien souvent périlleuse en milieu traumatique ! Il est bien souvent difficile d'apprécier le terrain sur lequel le clinicien avance : terrain froid, terrain chaud ? Aux deux extrêmes, on rencontre les brûlantes transgressions et les absences et carences glaciaires, ou encore la confrontation à la crudité froide de la mort. La voie est si mince que l'on comprend aisément comment le soin, s'il se veut réparateur, porte aussi en lui un potentiel traumatogène. Ce numéro constitue donc un prolongement aux réflexions cliniques amorcées dans le numéro 2 De l'effraction au traumatisme (octobre 2011). Il s'agit cette fois d'interroger plus particulièrement les voies thérapeutiques possibles pouvant être empruntées dans les institutions : élaboration clinique, approche individuelle et/ou familiale, évaluation métrique, signalement protecteur, médiation...
Dans Psychopathologie de la vie quotidienne, Freud nous montrait l'ubiquité de l'inconscient, combien chaque menu incident de la vie pouvait révéler des enjeux psychiques insoupçonnés. Point n'est besoin d'être allongé sur le divan du psychanalyste pour percevoir l'intérêt d'appréhender au quotidien la richesse inépuisable des désirs inconscients et le pouvoir redoutable des forces qui s'opposent au sein de la psyché. Mais lorsque l'esprit est trop en souffrance ou en panne de symbolisation, les conflits ou clivages sont projetés par l'individu sur son environnement et la reconnaissance de son humanité est menacée. L'institution de soin se doit alors d'offrir un environnement fiable et étayant où chaque moment de la vie quotidienne peut être une occasion pour la personne accueillie d'être considérée au-delà des apparences, où le transfert peut être repéré et rejoué autrement. L'essentiel pour l'institution n'est-il pas de pouvoir dépasser les routines et l'ennui pour donner sens aux interactions et aux rituels de la vie quotidienne qui impliquent soignants et soignés ?
L' institution de soin, du simple fait qu'elle constitue souvent un recours dans des histoires marquées par le trauma et l'effraction, est un des hauts lieux d'expression et de déploiement de la répétition, de manière manifeste ou latente, consciente ou inconsciente. Mais comment l'appréhender ? Dans les premiers temps de la vie, la répétition favorise l'accès à la symbolisation. Partant de son prototype, le fameux jeu de la bobine, on conçoit très bien combien elle donne forme aux événements en leur attribuant peu à peu un sens, comment elle permet de se les figurer, de les penser, de les nommer. Plus tard, elle alimente très largement le matériel même du soin psychique, lorsqu'elle est une mise en scène féconde où s'actualise la problématique inconsciente du patient, lorsqu'elle permet l'accès à la remémoration. Pourtant, elle devient parfois une résistance redoutable dans laquelle peut s'enrayer le processus : quand la répétition ne répète plus qu'elle-même, elle finit par épuiser ses propres soubassements fantasmatiques et peut devenir une rengaine lancinante, un disque rayé, métaphore souvent évoquée. Elle enferme alors tous les protagonistes du voyage thérapeutique dans une aliénation stérile. Si la répétition peut être le début d'une solution, elle peut aussi devenir un véritable poison dans un processus thérapeutique au point d'en interroger son au-delà du plaisir. Comment permettre que la répétition serve plutôt qu'elle ne desserve le travail psychique en institution ? Comment le dispositif institutionnel peut-il être investi comme le lieu d'une mise en scène plutôt que le lieu d'une mise en acte répétitive ? Comment les acteurs des soins psychiques en institution tolèrent-ils et traitent-ils les mouvements de répétition à la fois singuliers et collectifs ?
Face aux multiples expressions de la souffrance, l'institution propose une pluridisciplinarité thérapeutique des soins qu'elle dispense : individuelle, groupale, médicale, psychologique, rééducative... Pluralité des approches, diversité des regards portés sur la personne dans le souci d'une clinique au cas par cas respectant la singularité de chacun... L'approche plurielle est aussi ce qui nourrit la dynamique de soin et préserve les institutions d'une trop grande uniformité/conformité. Mais si la diversité est féconde, elle peut aussi devenir le lit de la fragmentation thérapeutique où chaque approche devient hermétique aux autres et s'isole ou au contraire, semer la confusion des rôles et des places et alimenter l'insécurité identitaire: la pluridisciplinarité doit donc aussi s'inscrire dans une suffisante complémentarité, dans la cohérence et le respect d'une certaine continuité, seules garanties pour les patients de retrouver l'unité perdue dans la désorganisation interne qu'ils traversent. La notion de pluridisciplinarité implique donc une co-disciplinarité, c'est-à-dire la co-existence des savoirs, des expériences, des compétences des différents acteurs de la scène institutionnelle, même si, au-delà de la diversité des supports théoriques et des pratiques, la ligne d'horizon doit rester commune à tous.
Bosse-Platière Suzon ; Ben Soussan Patrick ; Desca
Si de tout temps les femmes ont travaillé tout en ayant des enfants, aujourd'hui elles sont de plus en plus nombreuses à exercer leur activité à l'extérieur de chez elles. Et les transformations de la famille conduisent la plupart d'entre elles à confier leurs enfants à des professionnels de l'accueil éducatif. Le mouvement féministe, ces dernières décennies, s'est attaché à l'émancipation de la femme et à la construction de la parité avec les hommes. Aujourd'hui, il apparaît important de repenser la maternité et la prise en charge du jeune enfant à partir de la question de la place des femmes dans la société. C'est cette interrogation qui est ici soumise à des historienne, sociologue, médecin, psychiatre, psychologues et psychanalyste.
L'ouvrage est une réponse à la question "à quoi ça sert d'être éducateur?" A contre-courant d'une pensée unique qui réduit le sens d'une pratique à son utilité, l'auteur affirme que la relation éducative ne sert ni à guérir, ni à ramener des individus dans la norme, ni à réparer un préjudice comme y invite l'arrêt Perruche, mais à les aider à surmonter l'injustice liée à leur différence et à trouver du sens à leur vie. C'est ce que l'auteur appelle passer du "vivre" à "l'exister". Prenant appui sur l'expérience de terrain et sur cinq histoires de vie, l'ouvrage présente une relation éducative fondée sur l'engagement de l'éducateur autant que sur son savoir-faire professionnel. Il renoue avec les valeurs fondamentales du métier et tisse le lien entre l'éthique et la pratique. Biographie de l'auteur Educateur spécialisé et docteur en sciences de l'éducation, Philippe Gaberan est aujourd'hui formateur en travail social à l'ADEA de Bourg-en-Bresse (01); ses enseignements et ses recherches le conduisent à se spécialiser en histoire et philosophie de l'éducation. Il est rédacteur au journal Lien social (Toulouse) et l'auteur de plusieurs ouvrages.
Mauvais Patrick ; Blazy Micheline ; Deligne Isabel
Des professionnels de PMI, de lieux d'accueil, de services de soins en périnatalité, de CAMSP et de pouponnières témoignent de leurs pratiques dans l'accompagnement des relations entre parents et enfants. On reconnaîtra aisément, au travers de ces expériences diverses, une référence appuyée aux travaux d'Emmi Pikler - pédiatre hongroise qui a fondé en 1946 la pouponnière de Lòczy à Budapest - sur le très jeune enfant et sa famille. On y retrouvera l'importance qu'elle accordait, jusqu'au moindre détail, aux conditions concrètes du bien-être et de la sécurité de l'enfant. Les professionnels réunis ici, attentifs et assurés de leur confiance en l'enfant, nous enseignent combien l'accompagnement du processus de parentalisation peut bénéficier de cette approche, dans le respect des familles en devenir. Biographie: Patrick Mauvais est psychologue clinicien, responsable de la formation des formateurs à l'association Pikler Lòczy de France.
Face à la complexité croissante du mouvement systémique et des thérapies familiales, ce livre offre des repères théoriques largement illustrés par la pratique des auteurs. Pour chaque modèles de thérapie familiale, six rubriques: les concepts-clefs; sur quoi porte l'intervention; comment le problème est-il défini; l'objectif de l'intervention ou de la thérapie; les outils utilisés; la position de l'intervenant ou du thérapeute.