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Mendiants et orgueilleux
Cossery Albert
JOELLE LOSFELD
12,50 €
Épuisé
EAN :9782844120311
Avec "Mendiants et orgueilleux", l'écrivain égyptien a signé un bijou romanesque où l'intrigue policière se double d'une lancinante interrogation sur le sens de la vie, dans l'égarement d'une société qui cahote entre ses vices, perversions, misères variées et complémentaires. Comme souvent chez Cossery, le bordel tient logiquement une place centrale dans un univers d'hommes plus ou moins désorientés et dés?uvrés. Spectaculaire théâtre des vanités humaines les plus dérisoires, c'est dans un bordel caricatural que va avoir lieu le crime central, paradoxal, injustifié, que va devoir élucider Nour El Dine, policier homosexuel cachant ses amours fragiles dans des banlieues sordides, fasciné par l'idée que ce crime apparemment gratuit le sorte enfin de son quotidien minable pour lui faire croiser la route d'un individu d'exception, un criminel à sa mesure. De fait, le criminel est bien tel qu'il l'imagine, même si l'acte fatal a été commis dans une sorte de vertige tourbillonnant causé par le manque de drogue - car même cet homme supérieur, privé de sa dose quotidienne, peut s'échapper à lui même dans une aliénation frénétique et violente. Le besoin de drogue est là, au c?ur du texte, comme la métaphore de tous les manques ressentis par les personnages : accumulation de frustrations et d'angoisses, manque de travail, manque de reconnaissance, manque de liberté, manque d'amour, manque de sexe. Grimace ricanante, l'image inverse de l'homme-tronc, transformé paradoxalement en homme à femmes, récoltant de nombreuses aumônes, et comblé par son malheur? Comme si l'univers ne pouvait s'empêcher de se déformer en caricature. Le fond du livre est dans la révolte hautaine du personnage central, Gohar, professeur de philosophie qui a préféré devenir mendiant, plutôt que d'être complice d'un système social auquel il ne croit pas. "Est-ce que son destin était d'être un professeur respectable enseignant les vils mensonges par lesquels une classe privilégiée opprimait tout un peuple ? Et était-ce trahir son destin que de fuir cette imposture ? Rien n'était moins certain. Nul doute qu'il était un homme marqué, le produit d'une civilisation prospérant par le meurtre. Mais il croyait avoir échappé à l'angoisse, retrouvé la paix et la tranquillité, dans cette parcelle de terre encore inviolée où s'épanouissait la noblesse d'un peuple porté à la joie?" Il n'y a pas de leçon chez Cossery, sinon celle d'un grand scepticisme face aux mensonges sociaux, et l'acuité d'un scalpel taillant dans l'âme humaine. D'où ce regard plein de fraternité pour Gohar, homme droit, lucide, sans compromission -sauf la drogue, toujours la drogue, qui a sa part dans sa sérénité supérieure. Le choix de la misère et de la mendicité est, peut-être, dans son cas, une expression de noblesse, fruit d'un dégoût devant toutes les bassesses sociales. Mais un doute subsiste jusqu'au bout : n'est-ce-pas aussi une pose, le dernier masque, celui que porte la faiblesse, la paresse, le renoncement ? Bien entendu, même si c'était le cas, il reste que ce masque là porte beau. Et c'est ainsi que Cossery invente l'aristocratie désespérée des enfants du néant. -- Khaled Elraz --
Les deux volumes des oeuvres complètes d'Albert Cossery mettent en lumière le magnifique talent et l'évidente cohérence des textes du grand écrivain égyptien de langue française.4e de couverture : Albert Cossery, écrivain égyptien de langue française, est né au Caire en 1913. Après avoir fréquenté les écoles françaises du Caire, il effectue à dix-sept ans son premier voyage à Paris pour terminer ses études. À vingt-sept ans, il publie son premier livre : Les hommes oubliés de Dieu. En 1990, il a obtenu le Grand Prix de la Francophonie pour l'ensemble de son oeuvre. Les deux volumes des oeuvres complètes d'Albert Cossery mettent en lumière le magnifique talent et l'évidente cohérence des textes de cet écrivain.
Les deux volumes des ?uvres complètes d'Albert Cossery mettent en lumière le magnifique talent et l'évidente cohérence des textes de cet écrivain. Ce second volume comprend Les fainéants dans la vallée fertile, La violence et la dérision, Une ambition dans le désert et Les couleurs de l'infamie. Le premier volume contient Mendiants et orgueilleux, Les hommes oubliés de Dieu, La maison de la mort certaine et Un complot de saltimbanques.
Dans "Les fainéants de la vallée fertile", Albert Cossery, écrivain égyptien de langue française, nous conte les déboires d'une famille cairote qui a fait de la paresse son art de vivre. A lire d'urgence (mais sans se presser).Quelle curieuse famille que celle-ci, qui élève sommeil et mollesse au rang d'art de vivre suprême. Le père, le vieux Hafez qui "avait toujours maintenu autour de lui une ambiance d'oisiveté éternelle", ne sort plus de sa chambre depuis belle lurette, et cherche à se marier malgré son grand âge et une hernie énorme qui déforme son corps. L'oncle Mustapha fait trembler la maison par ses soupirs profonds et sans appel. "J'aime tes soupirs ; c'est comme si le monde entier s'ennuyait avec toi", lui dit son neveu Rafik.Ce dernier, "le seul être lucide de toute sa famille" a choisi le sommeil comme un refuge. Pour garder sa vie de fainéant, il a renoncé à épouser Imtissal, la jolie prostituée, lui brisant le c?ur - et le sien par la même occasion. Quant à son frère aîné, Galal, "cela fait sept ans qu'il dort, et qu'il ne se réveille que pour manger".Dans cette maison assiégée par le sommeil, Serag, le cadet de la famille, cherche à sortir de sa léthargie. Il se rend chaque jour sur le chantier d'une usine en construction dans l'espoir de pouvoir y travailler un jour. "Serag avait entendu dire que les hommes travaillaient, mais c'était seulement des histoires qu'on racontait. Il n'arrivait pas à y croire complètement. Lui-même n'avait jamais vu un homme travailler."Avec un humour féroce et une plume alerte, Albert Cossery nous plonge dans cet univers rongé par le sommeil. Avec grâce et virtuosité, il fait vivre des personnages qu'il dit inspirés de sa propre famille. Des situations surréalistes qui tiennent le lecteur bien éveillé? jusqu'à la dernière page de ce merveilleux livre. --Olivia Marsaud--
Avec "Un complot de saltimbanques" l'écrivain égyptien nous entraîne dans une farandole absurde où de joyeux fumistes dansent avec la police politique. On pense - évidemment - aux services secrets peints par Lawrence Durrel, avec qui, d'ailleurs, Albert Cossery était lié.Joyeux drilles de tous poils, vous êtes suspects. Telle est la maxime oscillant entre gravité et ironie d""Un Complot de saltimbanques", signée Albert Cossery. Réédité chez Joelle Losfeld, le Buster Keaton de la littérature égyptienne sévit encore avec sa plume d'orfèvre où la société policière d'un pays du Moyen-Orient est passée au crible ravageur de l'humour et de l'humanité.Une bande de joyeux drilles traînent leurs guêtres dans une ville de province avec l'intention affichée de ne rien faire. L" "étudiant" Teymour qui a acheté un diplôme pour justifier ses années oisives passées en Europe, l'acteur Imtaz qu'une myopie maligne a jeté malencontreusement dans les bras d'un homme, Medhat, le joyeux compagnon, pisteur invétéré de jolies collégiennes, tous ont en commun le sens de la vanité des attributs dérisoires qui font la marque des réussites sociales, une obsession du plaisir des sens à côté de laquelle Epicure ferait figure de terne pascalien et, en la matière, une absence de culpabilité qui leur confère ce charme immédiat dont jouit la fratrie universelle des fumistes et des insolents.Seulement, il y a un hic. Une telle nonchalance est déjà mal vue des autorités. Mais que des disparitions mystérieuses commencent à se multiplier et voilà nos pieds nickelés en tête de la liste noire, établie par la maréchaussée?Fous rires garantis à la lecture de ce petit chef d'?uvre qui nous rappelle que le rire constitue - à juste titre - l'acte de subversion le plus dangereux pour l'ordre établi des autocrates, idéologues et dogmatiques de tous horizons. Entre satire et impitoyable lucidité, Cossery parvient à éviter les pièges du lettré moraliste et redresseur de torts. Cossery reste humain et nous le prouve en mettant à rude épreuve notre muscle zygomatique. Car enfin, n'était ce spasme délicieux et salvateur qu'est-ce qui distingue l'Homme des autres espèces du règne animal ? --Fatia Ben M'Sik-- -- Afrik.com
Résumé : C'est l'été à Paris. Une jeune fille revient à elle dans la cuisine du restaurant où elle travaille. Amnésie : elle ne se souvient plus de rien, et son accent irlandais est le seul indice qu'elle possède. Commence un jeu de piste dans lequel elle tente de retrouver son identité, lorsque tout à coup elle voit surgir un homme au visage familier à la sortie d'une boulangerie. Elle va alors essayer de retrouver cet homme mystérieux. Cessant de se rendre au travail, elle se met dans des situations absurdes, tantôt cocasses et tantôt plus délicates, pendant que sont révélées au lecteur des scènes de la vie qu'elle a oubliée. L'histoire est construite à la manière d'un puzzle, et l'intrigue se resserre à mesure que l'héroïne perd pied...
Résumé : Charlie est affublé d'un surnom particulier, gamal, qui vient du vieil irlandais et qui signifie idiot, retardé. Bien qu'étant un adolescent un peu spécial, Charlie est pourtant tout sauf stupide. Poussé par son psychiatre, le Dr. Quinn, qui lui a conseillé d'écrire mille mots par jour, Charlie relate, dans son journal, les événements traumatisants qu'il a vécus. Mais il ne sait pas par où commencer, il n'est pas certain non plus de vouloir revivre l'histoire horrible de ses deux meilleurs amis, Sinéad et James. Charlie rechigne à la tâche, il n'arrive pas à écrire, ne voulant pas retomber dans un passé douloureux, encore présent. Où commence réellement son histoire ? Quand Sinéad l'a défendu devant tous leurs camarades pour la première fois ? Quand elle, est tombée amoureuse de James, brisant ainsi le coeur de tous les autres garçons de la classe ? Ou quand Charlie a été accusé d'un crime qu'il n'a pas commis ? La narration extrêmement intelligente et pleine d'humour de l'auteur rend le personnage de Charlie très attachant, malgré l'histoire tragique qu'il nous raconte.
Dans une Floride appartenant à un futur proche, un "meilleur des mondes" à la fois sombre et extrêmement vivant - finalement assez peu différent du nôtre -, quelques personnes âgées habitent dans les caravanes d'un village pour retraités. Parmi eux Vincent Margiotta et son épouse Lillian, un couple de septuagénaires qui ne cessent de se quereller depuis que cette dernière a décrété vouloir vivre seule. Ils reçoivent la visite de Denise, leur petite-fille, et de son ami Tink qui vont emmener Vince et l'une de ses amantes, Vola Byrd, dans un voyage vers Key West, pour tenter d'escroquer des trafiquants de drogue... Joe Ashby Porter invite le lecteur dans un feu d'artifice où l'on croise les figures d'Hemingway et de Gertrude Stein, de Fidel Castro, ou encore de Winnie Mandela. Dans ce roman plein d'humour, la vie, l'amour et la mort sont étroitement mêlés.
Les Editions Joëlle Losfeld poursuivent, avec La tragédie de Lurs, la publication des inédits et des introuvables de Jean Meckert, alias Jean Amila. En 1952, Meckert est envoyé à Lurs par le journal France Dimanche pour couvrir ce qui deviendra un des faits divers les plus retentissants du siècle : l'affaire Dominici. Deux ans plus tard, Meckert revient sur cette expérience et examine le rôle tenu par les médias dans le développement de l'affaire. Entre faits bruts et récit à scandale, il tente d'analyser le travail de journaliste et livre son propre point de vue sur des faits qui, cinquante ans plus tard, continuent de susciter des commentaires et d'alimenter des fictions.