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Les sources de l'histoire de l'environnement. Le XIXe siècle
Corvol Andrée
L'HARMATTAN
43,50 €
Épuisé
EAN :9782738479402
Le XIXe siècle ? Les manuels scolaires 110115 Ont appris que c'était Page de la machine à vapeur, le règne du roi-charbon, la révolution des transports, l'apparition de l'électricité, la concentration de la main-d'oeuvre, In taylorisation du travail, la ruée vers les villes, l'acceptation du suffrage universel, la formation des syndicats, la défense des ouvriers, bref un ensemble d'innovations techniques et de transformations sociales qui prépare le monde contemporain - notre monde. De fait, les problèmes environnementaux que nous connaissons. aujourd'hui et qu'il nous faut sinon résoudre du moins gérer ne sont pas nés après la Seconde Guerre mondiale nais avant l'éclatement de la Pr, mitre. Il en va de même des discours que nous imaginons être le propre de notre génération. Ils ne font souvent que répéter en d'autres termes les angoisses qu'éprouvaient nos arrière-grands-parents. C'est parce que nous ignorons ce qu'étaient la nature, les paysages et l'environnement de leur époque que nous croyons être les premiers à appréhender l'avenir. L'ouvrage présente le bilan des modifications et des permanences qui caractérisent ce siècle, de la reconstruction, qui suivit la période napoléonienne la gestation du premier conflit mondial, et propose de ce fait réflexions et recherches. Il recense les sources de documentation qui permettront de répondre aux nombreuses interrogations que posent des choix économiques différents de ceux de nos voisins, ainsi que des évolutions régionales pour le moins contrastées. L'historien des villes comme celui des campagnes, le spécialiste des mentalités comme celui des technologies y trouveront donc la matière de maints sujets. Mais ce livre ne s'adresse pas qu'aux universitaires, voire aux ressortissants de telle ou telle science de l'Homme et de la Société, économie, géographie, sociologie, ethnologie, psychologie, droit. Il concerne tout administrateur conscient d'inscrire son action dans la longue durée, tout citoyen désireux d'explorer les racines de son passé.
Longtemps, la forêt a été considérée comme hostile aux déplacements et aux combats d'une année régulière. Aussi les populations qui y menaient des actions de guérilla étaient-elles réputées farouches. Mieux valait éviter le couvert des arbres et choisir comme terrain d'opération un espace découvert. D'où l'idée que les forêts renforçaient la défense naturelle que constituaient fleuves et montagnes. On a vu pendant la Seconde Guerre mondiale que l'obstacle se franchissait dès qu'existait une route. On a déploré alors l'inefficacité des leçons prodiguées tant parle XIXe siècle que par le premier conflit mondial. Le legs des guerres anciennes, de l'Antiquité à la Révolution, est toujours perceptible, qu'il s'agisse des mentalités ou des paysages. Pourtant, les forêts actuelles ne pourraient arrêter une armée régulière : le soldat est entraîné aux méthodes de guérilla ; les techniques de bombardement anéantissent le couvert végétal. La forêt demeure cependant associée à la guerre ou, plutôt, à l'après-guerre : lorsque la paix revient, c'est en créant des forêts que l'on cache les cicatrices du paysage et que l'on emploie les terrains devenus incultivables. Reste à savoir comment évolueront ces massifs et, demain, de quelle valeur seront leurs récoltes.
L'homme contemporain confond volontiers les difficultés que traversent les forêts tropicales (diminution des surfaces et appauvrissement des couverts) avec celles que connaissent les forêts tempérées (affaiblissement lié à l'acidité des sols et aux méfaits de la pollution). Le présent ouvrage étudie comment cet amalgame s'est constitué au cours des siècles passés. En fait, l'état des forêts n'inquiète qu'aux lendemains d'une crise profonde, déclenchée par l'enchaînement des guerres ou parla transformation des économies. La forêt aurait souffert des ces événements, par suite de prélèvements excessifs, en raison, aussi, d'une adaptation qui altère sa beauté. Ces diagnostics ne sont pas toujours exacts. Ils sont, par contre, toujours intéressés. Que cachent ces discours alarmistes ? Quels en sont les auteurs ? Comment expliquer leur audience ? Quels effets cela a-t-il sur le comportement des hommes ? Ces quatre questions, qui se posent tout naturellement dans un XXe siècle façonné par les médias, sont moins neuves qu'il y paraît : déjà, au XVIIe siècle, la forêt, enjeu socio-économique, était objet de manipulations politiques. On a toujours craint que les forêts ne meurent et cela, avant même de savoir qu'un arbre pouvait être malade. C'est l'histoire de cette peur obscure qui explique les angoisses du citoyen devant un monde qu'il comprend et maîtrise de moins en moins, même s'il est de mieux en mieux informé du progrès des sciences. Les lunettes de nos lointains ancêtres déformeraient-elles encore les mots et les images d'à présent ? Le Groupe d'Histoire des Forêts Françaises, que préside Andrée Corvol , directeur de recherches au CNRS, est une association pluridisciplinaire de scientifiques qui étudient le patrimoine sylvicole et communiquent au public le résultat de leurs travaux.
Le massif vosgien a échappé à l'urbanisation et à la dénaturation sylvicole. Cela tient aux circonstances historiques : elles en firent l'obstacle qui protégeait l'hexagone des invasions ; elles empêchèrent ensuite d'y attenter. Sa ligne bleutée n'avait-elle pas été la limite du territoire national et l'incarnation du devoir patriotique : récupérer les régions perdues en 1870 ? Ces données expliquent que les Vosges paraissent d'un bloc. L'impression est confortée par la couverture végétale. Le Sapin unifie, mieux, identifie la contrée. Chacun pense qu'il en fut toujours ainsi. Rien n'est moins exact, comme le montre ce livre : les aspects actuels datent des lendemains de la Deuxième Guerre mondiale, quand les hommes quittèrent les vallées et laissèrent les prairies envahies par la broussaille, les parcours occupés par la friche et la forêt. Naguère, la tradition des emplois multiples mariait agriculture et industrie, agriculture et foresterie. Le travail aux bois qu'imposaient les pratiques affouagères, familiarisait avec les métiers du bois et de son transport, prolongés par la charpente et la menuiserie, voire par la boissellerie là où l'on fabriquait les fromages. L'emploi en usine facilitait le maniement du fer, de la soudure, de l'électricité, de la mécanique, d'où l'aptitude au bricolage qui pérennisait l'exploitation d'hectares boisés près d'un ruisseau ou d'une source. La forêt fut l'emblème des Vosges ? Elle l'est restée. Le vert est à l'honneur, puisque les peuplements de sapin et d'épicéa dominent. La " sapinière " désigne les peuplements où le sapin constitue plus des trois quarts du couvert résineux. C'est le cas pour 43 % du domanial, 47 % du communal et 10 % du privatif. Le sapin l'emporte même sur tout autre dans les parcelles de cette dernière catégorie. La chanson " Mon beau sapin, roi des forêts " retentit ici plus qu'ailleurs. Mais cette pureté des peuplements engendre des problèmes. Problèmes sanitaires en raison de l'absence de cloisons végétales pour contenir les maladies, les attaques parasitaires. Problèmes commerciaux en raison d'une production insuffisamment diversifiée. Ces difficultés préoccupent également les voisins transalpins, helvétiques et germaniques, ainsi que l'aire scandinave. Le présent ouvrage compare diagnostics et solutions. Il révèle ainsi le Sapin européen dans tous ses états, au propre comme au figuré.
L'arbre grandit et grossit, dépérit, brûle ou casse (on l'a encore constaté en janvier 2009 dans le Sud-Ouest de la France). Ces phénomènes reflètent le nombre des années ou la colère des cieux. Voilà 400 millions d'années qu'il démontre ses capacités évolutives. Il connaît le sort de tous les vivants: l'éloignement des anciens conditionne le développement des jeunes - leçon de tout temps difficile à admettre. Mais si les individus meurent, l'espèce demeure. Pourtant, inerte, l'arbre semble immuable, immortel même. Son espérance de vie excède celle des hommes et des animaux. Comment imaginer qu'un sujet si familier puisse disparaître? Comment ne pas honorer un individu très vieux? Comment ne pas lui attribuer des pouvoirs extraordinaires? Comment ne pas conserver, parfois à tout prix, ce témoin de notre existence? Il la rappellera peut-être lorsqu'elle sera éteinte. Jadis, les arbres furent des dieux ou des messagers. Naguère, ils fournissaient de quoi soulager les gens souffrants, combattre les maladies, éviter le malheur, obtenir le bonheur. Hier encore, en plantant un arbre, l'homme célébrait la naissance et le mariage; il espérait la prospérité de la famille et la tranquillité de l'au-delà. Mais aujourd'hui, victimes des pollutions et des déboisements, les arbres n'écartent plus tous les maux de la terre: ils les dévoilent. Sans conteste, l'arbre est un objet d'histoire fascinant. Cette histoire-là, trop mal connue du public, réserve des surprises innombrables et est souvent plus prenante que celle de beaucoup de personnes ou de collectivités humaines. Biographie de l'auteur Directrice de recherche au CNRS, présidente du Groupe d'histoire des forêts françaises (CHEF), spécialiste de l'histoire des forêts et de la place du bois dans la civilisation occidentale, Andrée Corvol a déjà publié, chez Fayard, en 1987, L'Homme aux bois. Histoire des relations de l'homme et de la forêt (XVIIe - XXe siècle).
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.