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Forêt et guerre
Corvol Andrée
L'HARMATTAN
30,50 €
Épuisé
EAN :9782738428608
Longtemps, la forêt a été considérée comme hostile aux déplacements et aux combats d'une année régulière. Aussi les populations qui y menaient des actions de guérilla étaient-elles réputées farouches. Mieux valait éviter le couvert des arbres et choisir comme terrain d'opération un espace découvert. D'où l'idée que les forêts renforçaient la défense naturelle que constituaient fleuves et montagnes. On a vu pendant la Seconde Guerre mondiale que l'obstacle se franchissait dès qu'existait une route. On a déploré alors l'inefficacité des leçons prodiguées tant parle XIXe siècle que par le premier conflit mondial. Le legs des guerres anciennes, de l'Antiquité à la Révolution, est toujours perceptible, qu'il s'agisse des mentalités ou des paysages. Pourtant, les forêts actuelles ne pourraient arrêter une armée régulière : le soldat est entraîné aux méthodes de guérilla ; les techniques de bombardement anéantissent le couvert végétal. La forêt demeure cependant associée à la guerre ou, plutôt, à l'après-guerre : lorsque la paix revient, c'est en créant des forêts que l'on cache les cicatrices du paysage et que l'on emploie les terrains devenus incultivables. Reste à savoir comment évolueront ces massifs et, demain, de quelle valeur seront leurs récoltes.
L'arbre grandit et grossit, dépérit, brûle ou casse (on l'a encore constaté en janvier 2009 dans le Sud-Ouest de la France). Ces phénomènes reflètent le nombre des années ou la colère des cieux. Voilà 400 millions d'années qu'il démontre ses capacités évolutives. Il connaît le sort de tous les vivants: l'éloignement des anciens conditionne le développement des jeunes - leçon de tout temps difficile à admettre. Mais si les individus meurent, l'espèce demeure. Pourtant, inerte, l'arbre semble immuable, immortel même. Son espérance de vie excède celle des hommes et des animaux. Comment imaginer qu'un sujet si familier puisse disparaître? Comment ne pas honorer un individu très vieux? Comment ne pas lui attribuer des pouvoirs extraordinaires? Comment ne pas conserver, parfois à tout prix, ce témoin de notre existence? Il la rappellera peut-être lorsqu'elle sera éteinte. Jadis, les arbres furent des dieux ou des messagers. Naguère, ils fournissaient de quoi soulager les gens souffrants, combattre les maladies, éviter le malheur, obtenir le bonheur. Hier encore, en plantant un arbre, l'homme célébrait la naissance et le mariage; il espérait la prospérité de la famille et la tranquillité de l'au-delà. Mais aujourd'hui, victimes des pollutions et des déboisements, les arbres n'écartent plus tous les maux de la terre: ils les dévoilent. Sans conteste, l'arbre est un objet d'histoire fascinant. Cette histoire-là, trop mal connue du public, réserve des surprises innombrables et est souvent plus prenante que celle de beaucoup de personnes ou de collectivités humaines. Biographie de l'auteur Directrice de recherche au CNRS, présidente du Groupe d'histoire des forêts françaises (CHEF), spécialiste de l'histoire des forêts et de la place du bois dans la civilisation occidentale, Andrée Corvol a déjà publié, chez Fayard, en 1987, L'Homme aux bois. Histoire des relations de l'homme et de la forêt (XVIIe - XXe siècle).
Pour l'homme d'aujourd'hui, les bois représentent la liberté. Il ne doute pas que ses ancêtres y circulaient et en vivaient sans la moindre contrainte. Et en effet autrefois, la forêt s'offrait aux cultures, fournissait le bois de chauffe et le bois d'oeuvre, nourrissait les bêtes et sauvait les villageois quand tout allait mal. Mais cet équilibre entre agriculture et forêt se détériore dès le milieu du XVIIIe siècle, lorsque les autorités découvrent que la forêt constitue un capital. Les paysans ne sont plus traités en producteurs mais en prédateurs et en ennemis de l'arbre. Eux pour qui la forêt signifiait abondance se révoltent. Leur opposition aux pouvoirs publics ne cessera qu'avec l'exode rural. Dans le même temps, les élites prennent conscience de la vulnérabilité de l'environnement et s'ouvrent à une sensibilité nouvelle : l'arbre devient l'élément constitutif du paysage. La forêt n'est plus l'espace des paysans. Elle dépend des citadins et ceux-ci l'adaptent à leurs besoins. Ces ruptures sont à l'origine des préoccupations écologiques contemporaines. Depuis plus d'un siècle, l'arbre s'est imposé comme l'antidote du monde industriel. L'Etat doit intervenir pour protéger les milieux naturels et non pour favoriser leur exploitation économique. De fait, les grands débats nés autour de la politique forestière du XIXe siècle sont plus actuels que jamais : libéralisme ou dirigisme ? Privatisation ou nationalisation ? La forêt est le miroir de la société. Andrée Corvol, agrégée de l'Université et docteur ès Lettres, chercheur au CNRS est l'auteur de L'Homme et l'Arbre sous l'Ancien Régime(Economica). Elle prépare un ouvrage sur l'économie des sciences de la Nature en Occident.
On a tenu des congrès sur l'Eau au plan international comme au plan national dès la fin du XIXe siècle. Tous insistaient sur le rôle de la forêt dans la lutte contre l'érosion et la régularisation des climats. C'était le signe d'une mobilisation sans précédent, car l'opinion publique avait été sensible aux calamités météorologiques, celles des Etats-Unis, avec les grands froids des années 1880, et celles des inondations en Europe dont la facture restait à payer. Depuis lors, les travaux des spécialistes ont nuancé les conclusions hâtives qu'on prononça alors et l'on avança des hypothèses nouvelles, mais non moins pessimistes. En la matière, peu importait que les travaux relèvent des sciences de l'Homme ou de la Terre. Qu'en est-il aujourd'hui de notre connaissance des phénomènes anciens et actuels ? Sommes-nous moins ou plus catastrophistes que nos ancêtres ? En effet, voilà longtemps qu'on associe Eau et Arbre : on sait qu'un grand ligneux a besoin, pour survivre et prospérer, de mobiliser les réserves hydriques du sol et que ses exigences varient selon l'espèce, la station, la saison ; on sait aussi que ces données changent quand l'arbre n'est pas isolé, mais immergé dans une société d'arbres où interfèrent faune et flore. Cela conditionnait les plantations et les reboisements. Pourtant, on eut du mal à en prendre conscience. Or ces plantations, ces reboisements, on les faisait pour lutter contre les conséquences des inondations, tel le ravinement des sols, la destruction des maisons, la ruine des villages de haute montagne. Dans la période retenue, XIIIe-XXIe siècle, l'ouvrage privilégie sept axes : 1. Protéger et valoriser les zones humides 2. Conserver et améliorer la qualité de l'eau 3. Employer l'eau pour éteindre et prévenir les incendies 4. Connaître les exigences en eau des essences forestières 5. Réduire les ravages de l'eau sur les pentes et dans la plaine 6. Évacuer les excédents d'eau en forêts trop humides ou/et submersibles 7. Exploiter la force et la hauteur de l'eau pour assurer le transport des bois
Forêt et Vigne, Bois et Vin ont de temps immémorial entretenu d'étroites et complexes relations. Comme l'espace agricole, les terroirs consacrés à la vigne se sont constitués aux dépens de la sylve primitive. Celle-ci a en outre, à tout âge et dans toute époque, fourni le bois destiné tant à la confection des piquets et des treilles pour la culture des ceps qu'à la confection des cuves, barriques et vaisselles nécessaires à l'élaboration, à la conservation et à la dégustation des vins. Ces relations ont évolué au gré de l'histoire en fonction, de l'évolution de la société, des mentalités, des mœurs, du niveau de vie ; en fonction aussi des connaissances scientifiques et de la maîtrise technique ; en fonction également des interventions économiques et politiques au niveau international comme aux plans national et régional. Ainsi, en termes d'occupation du territoire, si les places respectives de la Forêt et de la Vigne reflètent les pratiques alimentaires et hygiéniques d'une population donnée, leurs fluctuations parfois brutales traduisent les pénuries liées au contexte des guerres ou à une catastrophe écologique comme le mildiou, l'oïdium. le phylloxéra. La place du bois dans l'élaboration du vin a changé selon la conception technique qui en régissait la fabrication. La notion même de terrain propre à la vigne ne tend-elle pas à s'estomper ? La notion de terrain propre à la forêt pour merrain n'est-elle pas en train d'apparaître, voire de s'imposer ? Bref, les données d'autrefois constituent l'héritage d'aujourd'hui et les contraintes de naguère, livrer du merrain, des piquets, laisser le vin vieillir et se bonifier, sont celles de maintenant. Les temps anciens régissent donc toujours notre présent et notre futur tout en livrant la clé de leurs compréhensions.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.