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La grâce et la liberté chez saint Bernard de Clairvaux
Corbin Michel
CERF
35,00 €
Épuisé
EAN :9782204070317
L'abbé de Clairvaux (1090-1153) pense-t-il la liberté humaine d'un point de vue métaphysique, comme un pouvoir indéterminé de dire oui ou non au principe de l'être ? S'il en était ainsi, la grâce ne serait pas nécessaire au bon usage du libre arbitre, et les affirmations de la lettre aux Romains sur l'impossibilité d'une justification par les ?uvres perdraient leur pertinence. Aussi, tenant les divines Ecritures pour l'insurpassable attestation du oui toujours plus grand que Dieu prononce en faveur de l'homme quand Il relève jésus d'entre les morts. croyant que cet Evénement attire tous les chemins des hommes au-delà de ce qu'ils peuvent imaginer, saint Bernard avance-t-il vers l'indicible accord de la grâce et de la liberté dans la prière pour que déborde à l'intime des c?urs la force de la Résurrection. N'oubliant pas que l'Evangile est l'annonce conjointe de la grâce de Dieu et de la liberté de l'homme, il mène sa recherche selon l'espérance de la Cité de Dieu. Et, s'il distingue libre arbitre, libre conseil et libre bon plaisir, c'est pour mieux admirer comment les dons de Dieu sont " sans repentance " (Rm 11, 29), comment la Charité donne la charité.
Achevées en 394, les Quinze homélies de saint Grégoire de Nysse sur le Cantique culminent dans une contemplation du Mystère pascal de Jésus. S'Il monte encore plus haut, s'Il manifeste davantage la bonté du Père quand Il descend vers notre nuit et traverse notre mort, c'est en allant "de commencement en commencement", en acceptant de n'être "rien" sans l'Esprit de leur Seigneur, que ses amis montent, eux aussi, comme l'Epouse du Cantique, de plus en plus haut vers et dans l'abîme sans terme de "la Nature bienheureuse". Ils sont "tendus vers ce qui est en avant" (Ph 3, 13) et leur élan ne se sépare pas de leur vie fraternelle, puisque chacun peut et doit apparaître à chacun comme un visage de plus pour le Christ, pour Celui qui se "façonne un Corps" (He 10, 5) dans l'humanité entière à dessein de rassembler en Lui tout l'univers pour la gloire plus grande de Dieu son Père.
Ce livre n'est pas un traité " de la Trinité " au sens classique du mot. Son auteur n'entend pas spéculer à propos de quelque Essence suprême, cause première ou fondement de toutes choses, que la foi chrétienne qualifierait ultérieurment comme Nature - une subsistant en trois Personnes distinctes. Guidé par la lecture que certains Pères de l'Eglise ont faite de quelques textes majeurs des Ecritures, il désire rappeler que, si nous sommes baptisés " au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit " (Mt 28, 19), nous ne pouvons jamais séparer le " Nom au-dessus de tout nom " (Ph 2,9) dont Dieu a gratifié Jésus le matin de Pâques, et l'Esprit d'amour qui fait déborder, à plus intime que nos cœurs, leur éternelle communion de Père et de Fils. Il espère ainsi déplacer le regard croyant de la représentation d'où le sujet parlant s'absente vers le symbole dans lequel s'unissent le Dieu qui ne cesse de se donner et l'homme qui fait fructifier cet excès en l'accueillant avec joie. Bref, il s'efforce de penser une phrase magnifique de S. Irénée sur la signification biblique du mot " Dieu " : " Personne n'a été proclamé par l'Esprit Dieu et Seigneur de façon absolue en dehors du Dieu qui règne avec son Verbe sur toutes choses, et de ceux qui reçoivent l'Esprit de la filiation " (Contre les hérésies, IV, I, 1).
Résumé : Quand nous récitons le symbole du premier concile de Constantinople (381) et y confessons notre foi dans le Saint-Esprit de Dieu, nous employons des vocables qui viennent en droite ligne du traité de saint Basile Sur le Saint-Esprit (375). Devant des hérésies qui faisaient de l'Esprit un ange supérieur aux autres, ce Père de l'Eglise d'orient n'a pas réutilisé à son sujet la notion de consubstantialité, élaborée pour le Fils au concile de Nicée (325), mais parlé plus originellement en méditant la prière liturgique de l'Eglise. Elle est à la fois de gratitude pour les dons que le Père dispense par le Fils dans l'Esprit, et de louange pour ce Père avec qui, de toute éternité, sont le Fils et l'Esprit. Et, de même qu'elle reconnaît le Fils d'autant plus un avec le Père que la surabondance de sa grâce en manifeste la bonté plus que bonne, de même elle admire que l'Esprit soit d'autant moins séparable du Père et du Fils qu'il éclaire en nous, comme Hôte plus intime que notre intime, " l'excès de charité - (Ep 2, 4) qui Les a poussés à nous sortir de la nuit pour nous conduire en leur intimité. C'est de ce traité qu'il est fait ici lecture, chapitre après chapitre, à seule fin de redire avec son auteur que la confession du Fils et de l'Esprit mec le Père met le croyant dans la joie de voir Dieu passer toute idée de Dieu en se faisant son Dieu.
Qui est Augustin ? Les Confessions, rédigées en 401, nous font rencontrer ce romain chrétien, rompu à la lecture des auteurs païens, qui interrogea les textes bibliques à travers les catégories de la culture antique. Plus qu'une autobiographie, elles racontent la quête d'une âme tournée vers Dieu qui trouve son point d'orgue dans une réflexion sur le temps. Le temps inflige à notre existence déchue une redoutable dispersion : enfermés dans le présent, ce que nous avons été est oublié et ce que nous serons est ignoré. Nous pouvons toutefois surmonter cet éclatement temporel : parler, chanter, écrire sont des actes où le présent s'étire entre le passé immédiat, retenu, et le futur proche, anticipé. L'homme, créature temporelle, se rapproche donc de l'éternité divine, non pas en sortant du temps dans de fausses extases, mais en l'accomplissant au contraire dans une quête, tendue vers un avenir qui n'oublie pas le passé. Ce que fait précisément Augustin en composant ses Confessions. Une splendide méditation sur ce qu'est de vivre le temps sans s'y perdre. --Émilio Balturi
Voragine Jacques de ; Boureau Alain ; Collomb Pasc
Jacques de Voragine est né vers 1226 près de Gênes. Il entre dès 1244 dans l?ordre des dominicain italien, au couvent Santa-Maria-in Castello à Gênes. C?est le début d?une brillante carrière: sous-prieur du couvent de Gênes en 1258, puis prieur des couvents d?Astie et de Gênes, prieur provincial de Lombardie (province dominicaine qui recouvrait tout l?Italie du Nord) à deux reprises (1267-1277 et 1281-1286). Cette fonction lui permet d?avoir des contacts réguliers avec ses confrères de l?Europe entière lors des chapitres généraux de l?ordre: ces échanges ne seront pas sans effets sur la diffusion et la révision de la Légende dorée, le plus célèbre recueil hagiographique du Moyen Age, qu'il rédige dans les années 1264-1267. Manuel de culture générale religieuse utile aux prédicateurs, ce recueil peut également, en complément de cet usage en vue du prêche, être l?objet d?une lecture privée. Jacques de Voragine devient archevêque de Gênes à partir de 1292, charge qu?il assumera jusqu?à sa mort en 1298.
Lepori Mauro-Giuseppe ; Scola Angelo ; Ferracci Ma
Le prince des apôtres raconté par l'abbé général des cisterciens : un portrait intime, psychologique, humain de celui qui avait rêvé de ne jamais douter, mentir, trahir. Une histoire d'amour avec Dieu, vécue de l'intérieur. Comment la même personne a-t-elle pu tout quitter pour suivre un homme qu'elle ne connaissait pas, puis le renier après avoir reconnu en lui le messie ? Comment comprendre l'énigmatique " Quo vadis " et le martyr de l'Apôtre Pierre ? Ce parcours n'exprime-t-il pas le paradoxal désir infini d'amour qui réside en chaque homme ? Car le propos de Mauro Giuseppe Lepori est bien de montrer que la vie de Pierre est à l'image de la nôtre. A partir de 14 passages du Nouveau Testament, donc beaucoup sont des paroles de Pierre directement adressées à Jésus, nous entrons dans une proximité inédite avec le prince des Apôtres. Ses limites et ses qualités, ses péchés et sa sainteté, sa psychologie et son caractère sont révélés par les évangiles avec une précision étonnante. Bien plus qu'une énième biographie, l'étude de Mauro Giuseppe Lepori se lit comme une méditation sur l'existence.
Ces deux maîtres spirituels, Thérèse (1515-1582) et Jean (1542-1591), sont aussi deux écrivains de premier plan. Ils furent deux individus engagés dans leur siècle, liés dans la contemplation comme dans l'action, et résolus, pour réformer le Carmel, à affronter le monde auquel ils appartenaient. C'est Thérèse qui initie la Réforme. Elle rédige le Livre de la vie pour y exposer son existence, ses péchés, pour y consigner aussi les «faveurs» que le Seigneur lui a accordées, autrement dit ses expériences mystiques, dont la célèbre «transverbération» : il importe de démontrer aux adversaires de la Réforme et aux tribunaux de l'Inquisition qu'il ne s'agit là ni des simulations d'une illuminée ni de manifestations du démon. Son Livre des fondations décrit non sans humour les difficultés qui émaillent l'installation des couvents de carmélites déchaussées, tandis que Le Château intérieur expose dans une prose empreinte de poésie sa conception du cheminement de l'âme jusqu'à l'union avec Dieu. Quant à Jean de la Croix, dont Thérèse perçut très vite le rayonnement spirituel et dont elle fit son confesseur, c'est pendant son incarcération dans un cachot, alors qu'il est soumis à la solitude la plus absolue et à un traitement inhumain par les opposants à la réforme du Carmel, qu'il compose l'essentiel du Cantique spirituel. Splendide poème du désir et de l'extase, dans lequel expérience poétique et expérience mystique ne sauraient être dissociées, c'est, comme Nuit obscure et Flamme d'amour vive, l'un des textes les plus intenses de la poésie universelle.